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After Photography - Part I

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Work 2-B, La Tonsure (after Marcel Duchamp) , 2016 Néon 90cm X 25cm © Courtesy of the Artist and Galerie Alain Gutharc
After Photography - Part I
Curated by: Pascale Krief

7, rue Saint-Claude
75003 Paris
FR
April 12th, 2016 - June 18th, 2016

QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.alaingutharc.com/
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
PHONE:  
+ 33 (0)1.47.00.32.10
OPEN HOURS:  
Tue-Sat 11-21; 2-7
TAGS:  
photography

DESCRIPTION

After Photography is a three-part exhibition that, by questioning what there is after figurative photography, examines how photography can signify something other than what it shows, freeing itself not just from the heaviness of strict representation, but also from its very condition as a reality reproduction and depiction tool. The exhibition explores forms that enable photography to free itself from—to borrow the words of Barthes—“the fascination of photography as a fascination for what was”, as well as forms that, by means of a reworking of the photographic gesture, endeavour to erase it or recreate it through other mediums.

It therefore questions not only the paradigms through which photography can attempt to break the link between the image and its explicit referent, but also those through which artists have appropriated the appearances of the photographic technique itself.

The first part of the exhibition, After Photography – Part I, presented at Alain Gutharc gallery, examines how re-enactment and repetition—in the Deleuzian sense—can constitute one of the possible modalities of this freeing and these diversions. In this first part, for which Dieter Hacker is bringing one of his historic works back to life, ten artists question the photographic medium through a game in which the manipulation, reproduction, reiteration and repetition of pre-existing images is placed at the centre of the process (or attitude), at the end of which every image signifies something other than what it shows.

It is not so much a matter of reiterating a recurrent ontological questioning of the essence or history of photography—something that several recent exhibitions have done very well—but rather of attempting to invent a possible extension of it by asking not what photography is, but rather what happens when it would prefer not to, in the sense of Bartleby as analysed by Deleuze.

Whereas the first avant-gardists of the 1920s, beginning with Man Ray’s exploratory works, set out to wrest photography from its own materiality, the conceptual art of the 1960s almost always failed—or made little effort—to use photography as anything other than a tool for establishing traces or archives of itself, that is to say as a vehicle (if we set aside the Düsseldorf School). It was not until the 1970s that one of the essential actors of photography in conceptual art, Ugo Mulas, with his series Verifications, undertook to separate himself from a practice based entirely on the materiality of the image and on the strict reproduction of reality. And it was not until 1977 that artist Dieter Hacker used photography as the very material of an installation.

Although the 1980s and 1990s saw artists appropriating the photographic medium, it was usually in a plastic form that did not always escape its figurative aspect. Similarly, the spread of digital made it possible to explore the variety of works that could be produced by projecting images on new mediums, but this was not necessarily accompanied by any implicit or explicit desire to detach the photographic image from the signified object. An intense effort to reconstruct the essence of photography therefore emerged in the field of art in the early 1980s, leading to the decentring effected by the artists who appropriated this medium.

After photography considers how this reconstruction work can be organised around this detachment, and explores the perimeter of a possible game that plays with reworking or effacing the photographic gesture, and also plays with the appearances of the photographic technique itself, in order to create new art objects that are as many attitudes.

At the end of the three parts of the exhibition, thirty artists will have contributed to exploring these new forms of after-photography.


 

After photography est une exposition en trois volets qui, en questionnant ce qu’il y a après la photographie figurative, interroge la manière dont la photographie peut signifier autre chose que ce qu'elle montre, s'affranchir de la pesanteur de la stricte figuration, et de sa condition même d'outil de reproduction et de représentation du réel. L’exposition explore les formes qui permettent à la photographie de s’affranchir de - pour reprendre les mots de Barthes - « la fascination de la photographie comme fascination pour ce qui a été », et celles qui travaillent, à partir d’une reprise du geste photographique, à son propre effacement ou à  sa re-création au moyen d’autres mediums.

Elle questionne donc à la fois les paradigmes par lesquels la photographie peut tenter de briser le lien entre l'image et son référent explicite, et ceux par lesquels les artistes se sont emparés des apparences de la technique photographique elle-même.

Le premier volet de l'exposition, After photography-part I, présenté à la galerie Alain Gutharc, s’intéresse à la manière dont le re-enactment et la répétition - au sens de Deleuze - peuvent constituer l'une des modalités possibles de cet affranchissement et de ces détournements. Dans ce premier volet, pour lequel Dieter Hacker réactive l’une de ses oeuvres historiques, dix artistes questionnent le medium photographique en un jeu dans lequel la manipulation, la reproduction, la ré-itération et la répétition d'images pré-existantes sont placés au centre du processus – ou de l’attitude - au terme duquel chaque image signifie autre chose que ce qu’elle montre.

Il ne s'agit pas tant de réitérer un questionnement ontologique récurrent sur l’essence ou l'histoire de la photographie – ce qu’ont très bien fait plusieurs expositions récentes - que de tenter d'en inventer un éventuel prolongement en se demandant non plus ce qu’est la photographie mais plutôt ce qu'il se passe quand elle préférerait ne pas - au sens de Bartleby tel qu'analysé par Deleuze.

Alors que les premières avant-gardes des années 1920 ont, dès les oeuvres exploratoires de Man Ray, travaillé à arracher la photographie à sa propre matérialité, l’art conceptuel des années 1960 a presque toujours échoué – ou a peu cherché – à utiliser la photographie autrement qu’en tant qu’outil de constitution de sa propre trace ou archive, c'est à dire en tant que vecteur - si l’on excepte l’école de Düsseldorf. Il faut attendre les années 1970 pour que l’un des acteurs essentiels de la photographie dans l’art conceptuel, Ugo Mulas, entreprenne, avec sa série des Vérifications, de se séparer d’une pratique qui repose entièrement sur la matérialité de l’image et sur la stricte reproduction du réel, et 1977 pour qu'un artiste, Dieter Hacker, s'empare de la photographie comme matériau propre d'une installation.

Si les années 1980 et 1990 ont vu les artistes s'emparer du médium photographique, c'est le plus souvent sous une forme plastique qui n'échappe pas toujours à son aspect figuratif. De même, l'expansion du numérique a permis d'explorer la variété d'oeuvres produites par la projection d'images sur de nouveaux supports, sans que cela s'accompagne nécessairement d'une volonté, implicite ou explicite, d'opérer un décollement entre l'image photographique et l'objet signifié. Un intense travail de recomposition de l'essence de la photographie a donc émergé dans le champ artistique depuis le début des années 1980, qui voit son aboutissement dans le décentrement qu'ont opéré les artistes qui se sont emparés de ce medium.

After photography tente de réfléchir à la manière dont ce travail de recomposition peut s'articuler autour de ce décollement et d'explorer les contours d'un jeu possible avec la reprise ou l'effacement du geste photographique et avec les apparences de la technique photographique elle-même pour créer de "nouveaux" objets - qui sont autant d'attitudes - artistiques.

A l'issue des trois volets de l’exposition, trente artistes auront contribué à explorer ces formes nouvelles de l'après-photographie.

curator pascale krief