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Heroes: Commissariat The Drawer (Barbara Soyer et Sophie Toulouse)

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Le fauteuil du héros, 2016 Mixed Media On Paper 11 3/4 X 9 1/2 In. © Courtesy of the Artist and Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois
Heroes: Commissariat The Drawer (Barbara Soyer et Sophie Toulouse)

36 rue de Seine
75006 Paris
FR
February 19th, 2016 - April 2nd, 2016

QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.galerie-vallois.com/
NEIGHBORHOOD:  
6th Arrondissement
EMAIL:  
info@galerie-vallois.com
PHONE:  
+33 (0) 1.46.34.61.07
OPEN HOURS:  
Mon-Sat 10:30-1, 2-7:30
TAGS:  
mixed-media

DESCRIPTION

« Art must take reality by surprise » Françoise Sagan said. With the Heroes exhibition, the opposite has occurred. Imagined before the attacks in Paris in November 2015 and the death of David Bowie, reality suddenly caught up with Heroes. Current affairs, life and death invited themselves to art’s table, confirming their porosity and giving our proposal a new acuteness.

Although it resonates with the present time, Heroes nevertheless has nothing to do with homage or commemoration. Quite the contrary. Committed in its own way, placing great emphasis on drawing, it is a variation on the portrait and on the period, on the return of the figure, a suspect moment, in the field of art, on the representation of the hero and its manifestations in the art of today.

Who are the heroes of contemporary drawings and artists? And what do they say about us and our world?
Heroes. This title/theme with martial overtones punctuates the history of the arts: from the wall paintings of acts of bravery to the portraits of the powerful of the Renaissance, from the celebrities in Warhol’s series to the superheroes of American comics, the figure of the hero travels through time and across media. What does it look like, on paper, in 2016?

At first glance, the contemporary hero seems to have lost his panache and his powers, replaced by his febrile double, the antihero, over-represented in the artworks gathered together. At worst, he seems tired, at best, very discreet, without qualities.

Enlarging the family of his wacky characters, ageing superheroes (L’Hospice, 2002) and other mini clones resembling him (Pawns), Gilles Barbier attempts the impossible by showing La Femme Presque Invisible, the feminine double of the hero imagined by H.G. Wells in 1897.

Meanwhile, comics artist Winshluss makes a White Man with the head of Toto evolve in a nocturnal and empty Tokyo. Overcome, battered, fragile, his giant looks like a loser, a zero…

Dutch artist Pim Blokker offers a singular gallery of portraits. With a contrite air, feigned and as though bogged down, his models (man, woman, cloud, ghost, chimney…) seem ridiculous, if not absurd.
Tragicomic, like the blackfaces and smileyfaces which form the large diptych by the American artist Richard Jackson, which question our duality.

Masks are also present in the new series of collages by Martin Kersels, LP Series, never before shown in Paris. The Californian artist has covered a group of old record covers with a fine layer of wood. Only the singers’ eyes are visible. Incognito, they look at us looking at them.

In a comic strip very much her own, Lucie Picandet, the recipient of the Bourse Révélations Emerige 2015, features a hero with an unbridled imagination and appetite.

A self-portrait? A metaphor of the artist at work? One thing is certain, the figure of the artist is never far away, the implicit hero of most of the artworks presented: we find him prey to doubt and questioning, tossed about by the wild waves of the great art market, in the seascape series drawn and doodled by Theo Michael, an artist of Greek extraction living in Mexico.

And if it is not the artist, it is people close to him, his references or his mentors who lead the way. Paul McCarthy takes a bite out of his Parisian art dealers in two drawings created on the occasion of the presentation of his monumental sculpture Innocence at the gallery in 1994, whom he makes say:
« We must be the sculptures! »

Jean Tinguely pays homage to his companion, the artist Niki de Saint Phalle, in a collage from 1989, which multiplies visual and biographical elements.

Richard Prince, with the New Figures series, continues to cloud the issue, redrawing printed images excerpted from old erotic magazines, the bodies, faces and genitals of anonymous heroines, with a distinct Picasso-infused style.

Closer to home, in their works, the artist duo Lamarche-Ovize do not hesitate to abundantly name the personalities who form the basis of their practice or who cross paths with them, no matter their status or their notoriety. William Morris, Rihanna, someone beside them on the metro, Christophe or Velasquez find themselves any old how on the paper, immortalised in the shape of a puzzle.

A kind of open and pop homage, amused and aloof, which finally characterises rather well the treatment and the figure of the hero in the art of today, and which we find in a series of watercolours by Julien Berthier called Pigeonner. In it, the artist faithfully depicts three public sculptures by Auguste Cain, Marino Di Teana and Volti on which vulgar pigeons have come to rest, humorously and wittily accomplishing the definitive toppling of statues.

Barbara Soyer and Sophie Toulouse
Translation Sandra Reid


 

« Art must take reality by surprise » disait Françoise Sagan. Avec l’exposition Heroes, c’est le contraire qui s’est produit. Imaginée avant les attentats de Paris et la disparition de David Bowie, Heroes a été subitement rattrapée par le réel. L’actualité, la vie, la mort se sont invitées à la table de l’art, confirmant leur porosité et donnant à notre proposition une acuité nouvelle.

Si elle résonne avec le temps présent, Heroes n’a cependant rien de l’hommage ou de la commémoration. Bien au contraire. Engagée à sa façon, faisant la part belle au dessin, elle est une variation sur le portrait et sur l’époque, sur le retour de la figure, un temps suspecte, dans le champ de l’art, sur la représentation du héros et ses manifestations dans l’art d’aujourd’hui.
Qui sont les héros des dessins et des artistes contemporains ? Et que disent-ils sur nous et notre monde ?

Heroes. Ce titre/thème aux accents martiaux jalonne l’histoire des arts: des peintures pariétales d’actes de bravoure aux portraits des puissants de la Renaissance, des célébrités en série de Warhol aux super-héros des comics américains, la figure du héros traverse les âges et les médiums. À quoi ressemble-t-elle, sur le papier, en 2016 ?
À première vue, le héros contemporain semble avoir perdu son panache et ses pouvoirs, supplanté par son double fébrile, l’anti-héros, surreprésenté dans les œuvres rassemblées. Il apparaît au pire fatigué, au mieux très discret, sans qualités.

Agrandissant la famille de ses personnages déjantés, super héros vieillissants (L’Hospice, 2002) et autres clones nains à son effigie (Pawns), Gilles Barbier tente l’impossible en donnant à voir La Femme Presque Invisible, double féminin du héros imaginé par H.G Wells en 1897.

De son côté, le dessinateur Winshluss fait évoluer un White Man à tête de Toto dans un Tokyo nocturne et vide. Dépassé, assommé, fragile, son géant a tout du perdant, du loser, du zéro…

L’artiste néerlandais Pim Blokker propose lui une singulière galerie de portraits. L’air contrit, empruntés et comme empêtrés, ses modèles (homme, femme, nuage, fantôme, cheminée…) paraissent risibles sinon absurdes.
Tragi-comiques, à l’image des blackface et smileyface qui forment le grand diptyque de l’américain Richard Jackson et interrogent notre dualité.

Les masques sont également de mise dans la nouvelle série de collages de Martin Kersels, LP series, inédite à Paris. L’artiste californien a recouvert un ensemble de vieilles pochettes de disque d’une fine couche de bois. Seuls les yeux des chanteurs sont visibles. Incognito, ils nous regardent les regarder.

Lucie Picandet, lauréate de la Bourse Révélations Emerige 2015, met en scène dans une BD bien à elle, un héros à l’imaginaire et à l’appétit débridés.

Autoportrait ? Métaphore de l’artiste au travail ? Une chose est sûre, la figure de l’artiste n’est jamais très loin, héros en creux de la plupart des œuvres présentées : on le retrouve en proie au doute et au questionnement, ballotté par les flots déchaînés du grand marché de l’art, dans la série de marines dessinées gribouillées de l’artiste d’origine grecque installé à Mexico, Theo Michael.

Et si ce n’est lui, ce sont ses proches, ses références ou ses maîtres qui tiennent le haut du pavé. Paul McCarthy croque ses galeristes parisiens dans deux dessins réalisés à l’occasion de la présentation de sa sculpture monumentale Innocence à la galerie en 1994, à qui il fait dire : «We must be the sculptures!»

Jean Tinguely rend hommage à sa compagne et artiste Niki de Saint Phalle dans un collage de 1989 qui multiplie les éléments visuels et biographiques.

Richard Prince, avec la série New Figures, continue de brouiller les pistes, redessinant sur des images imprimées extraites de vieux magazines érotiques, les corps, les visages et les sexes d’héroïnes anonymes, à la façon, revendiquée, de Picasso.

Plus près de nous, le duo d’artistes Lamarche-Ovize n’hésite pas à citer abondamment dans ses œuvres les personnalités qui fondent sa pratique ou ont croisé le chemin, quels que soient leur statut et leur notoriété. William Morris, Rihanna, une voisine de métro, Christophe ou Vélasquez se retrouvent pêle-mêle sur le papier, immortalisés façon puzzle.

Une forme d’hommage pop et libre, amusé et distancié, qui caractérise finalement assez bien le traitement et la figure du héros dans l’art aujourd’hui, et que l’on retrouve dans la série d’aquarelles de Julien Berthier intitulée Pigeonner. L’artiste y représente fidèlement trois sculptures publiques de Cain, Marino Di Teana et Volti sur lesquelles sont venus se poser de vulgaires pigeons, achevant avec humour et esprit de définitivement déboulonner les statues.

Barbara Soyer et Sophie Toulouse

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