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le mot et la chose

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Gracias a Matta, 1961 Aquarelle Et Encre De Chine © Courtesy of Galerie Natalie Seroussi
le mot et la chose

34 rue de Seine
75006 Paris
FR
May 29th, 2015 - July 25th, 2015

QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.natalieseroussi.com/
NEIGHBORHOOD:  
6th Arrondissement
EMAIL:  
galerie@natalieseroussi.com
PHONE:  
+33 (0)1 46 34 05 84
OPEN HOURS:  
Mon and Sat 11-1, 2-7; Tue-Fri 10-1, 2-7; closed during August and public holidays

DESCRIPTION

In the word's body
 
"It's because man has words that he knows things. The number of things he knows is the number of things he can name."1 Speaking about the known world, psychoanalyst Jacques Lacan reveals the possibilities of the unknown, hidden, inarticulate world - the world of things to be conquered with words to be invented. Les mots en liberté futuristes (Futurists Words in Freedom) by Filippo Tommaso Marinetti describe this infinity to be mapped. Jacques Lacan projects himself into it: "Poetry is the creation of a subject assuming a new order of symbolic relationship to the world."2 The artists featured in 'Le mot et la chose' (The Word and the Thing) change the known order by shifting the arrangements between the symbolic and the real, between the articulated and the impossible, between what is written and what "never stops not being written".

Gil Joseph Wolman uses the breath - and therefore the body - of the viewer to punctuate his pause-less texts. In eruptions of scribbles, Cy Twombly marks the rearrangement of a place (the property of his friend Jasper Johns in Saint Martin). Angelo Rognoni constructs experiences from leaping to fainting. Bernard Heidsieck invents a machine à mots (word machine) where is erected a space of saying speech. Brion Gysin prints rhythms excited by swarming tingling. Isidore Isou sketches the outline of an enigma. They all come together in a poetic moment to make the Word speak thanks to the Thing. Poetry is immortal and alive. Francis Picabia assures to Guillaume Apollinaire: "You will not die entirely." Poetry offers the power to reinvent the thing by the word's alchemy. This creation makes waves as it redraws the boundaries of the known world, thus entering into dreams, where, between encryption and riddles, the word becomes the thing.
 
Annabelle Gugnon
 
1. Jacques Lacan, "Les Psychoses" (The Psychoses), Seminar 1955-1956, Editions du Seuil, 1981.
2. Ibid.


Au corps du mot
 
« C'est parce que l'homme a des mots qu'il connaît des choses. Et le nombre de choses qu'il connaît correspond au nombre de choses qu'il peut nommer. »1 En parlant du monde connu, ces paroles du psychanalyste Jacques Lacan dessinent, en creux, les possibilités du monde inconnu, insu, inarticulé. Autrement dit, le monde des choses à conquérir par des mots à inventer. « Les mots en liberté futuristes » de Filippo Tommaso Marinetti signent l'articulation de cet infini à cartographier. Et Jacques Lacan s'y propulse en énonçant : « La poésie est création d'un sujet assumant un nouvel ordre de relation symbolique au monde. »2 Les artistes présentés dans « Le mot et la chose » font bouger l'ordre connu en modifiant les agencements entre le symbolique et le réel, entre l'articulé et l'impossible, entre ce qui est écrit et ce qui « ne cesse pas de ne pas s'écrire ».
Gil Joseph Wolman fait appel au souffle - donc au corps - du regardeur pour ponctuer ses textes sans pauses. Dans les jaculations du gribouillis, Cy Twombly signe le réagencement d'un lieu (la propriété de son ami Jasper Johns à Saint Martin). Angelo Rognoni architecture des expériences allant du bond à l'évanouissement. Bernard Heidsieck invente une machine à mots où s'érige un espace du dire. Brion Gysin imprime des rythmes qui s'exaspèrent en fourmillements. Isidore Isou désigne les contours d'une énigme. Tous s'accordent à faire parler le mot grâce à la chose dans un moment poétique. La poésie est immortelle et vivante. Et Francis Picabia assure à Guillaume Apollinaire : « Tu ne mourras pas tout entier ». La poésie ouvre le pouvoir de réinventer la chose par l'alchimie du mot. Cette création produit des vagues car elle redessine les contours du monde connu et entre donc dans les rêves où, entre cryptage et rébus, le mot devient la chose.
 
Annabelle Gugnon
 
1. Jacques Lacan, « Les Psychoses », séminaire 1955-1956, éd. du Seuil, 1981.
2. Ibid.

 

L'exposition « Le mot et la chose » explore la représentation de la lettre dans sa double perception visuelle et sonore. L'émancipation des mots hors de l'espace de la page, expérimentée par les avant-gardes du XXe siècle, instaure des rapports nouveaux entre écriture et production artistique : quand les artistes s'emparent des mots et des lettres, l'art se lit autant qu'il se regarde et s'écoute.

Cette nature plurielle se retrouve dans la double signification du terme hébreu « davar » qui se traduit par « mot » et « chose ». L'articulation de signes offre au spectateur des énigmes visuelles et sonores à résoudre : des collages de Raoul Hausmann et de Kurt Schwitters aux rébus d'Isidore Isou.

Au XXe siècle, ces artistes ont poursuivi ce travail de libération des lettres et des mots, hors des limites de la syntaxe, du collage, du dessin et du signe. C'est ce champ des sensibles que « Le mot et la chose » propose de sonder, par la mise en écho d'oeuvres majeures.

L'accrochage présente conjointement des artistes historiques : dadas, futuristes et surréalistes, comme Raoul Hausmann, Max Ernst, Francis Picabia, Angelo Rognoni et Kurt Schwitters ; des lettristes, dont Isidore Isou et Roland Sabatier ; des créateurs de signes, tels Brion Gysin, Jacques Villeglé, Paul-Armand Gette, et enfin des poètes sonores et visuels, comme Henri Chopin, Hugo Ball, Gil Joseph Wolman et Bernard Heidsieck, décédé l'année dernière, et à qui cette édition de CHOICES a décidé de rendre un hommage particulier. Un système d'écoute permet d'ailleurs la diffusion de lectures de langues imaginaires et de poèmes.

Un ensemble d'ouvrages historiques et de tracts futuristes rares et précieux est présenté dans une vitrine, de Iliadz à Fortunato Depero, de Filippo Tommaso Marinetti à Henryk Berlewi, sans oublier un exemplaire de l'oeuvre exceptionnelle de Blaise Cendrars et Sonia Delaunay, La Prose du Transsibérien.

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