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ALL THAT FALLS

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IL H O O Q, 2013/14 Drawing, Painting And Collage Animation 37'' (Loop) © Courtesy of the artist and the Palais de Tokyo / Animated by Crec Maniak
ALL THAT FALLS

13, Ave du Président Wilson
75016 Paris
FR
June 6th, 2014 - September 7th, 2014

QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.palaisdetokyo.com
NEIGHBORHOOD:  
16th Arrondissement
EMAIL:  
accueil@palaisdetokyo.com
PHONE:  
+33 (1) 47 23 54 01
OPEN HOURS:  
Wed-Mon 12pm - 12 am
TAGS:  
installation

DESCRIPTION

« Du Mur de Berlin aux Twin Towers, le XXIe siècle est né dans les chutes. Traumatiques ou libératoires, réelles ou métaphoriques, entre crises, krachs, crashs, tsunamis, déboulonnages de régimes et sauts à l’élastique, par les temps qui courent, ça tend à tomber. Mais tout ce qui tombe ne tombe pas toujours mal. Au premier rang de ce qui nous tombe dessus, il y a les objets. Si jadis « les grenouilles tombèrent et recouvrirent l’Égypte », la pluie d’objets qui s’abat sur le monde serait notre plaie moderne. Enjoy ! Tel est le mot d’ordre des temps nouveaux. Pas si joyeux que ça. Les objets supposés satisfaire nos désirs nous ont finalement asservis. Du médicament au téléphone portable, tout prend un tour addictif. Et en tombant au rang de marchandises, les objets ont perdu en dignité. Reste que la chute n’est pas que déprimante ou désastreuse. Au milieu des tragédies, des éclairs de vérité peuvent aussi nous tomber dessus : quand tombent les illusions. Avec le Mur de Berlin ou les tours du World Trade Center, ce sont les idéologies et les croyances funestes d’un siècle qu’on a vues tomber en poussière, toutes les illusions de l’avenir. Il y a des chutes qui, comme les rideaux, dévoilent et nous ouvrent les yeux. Ça tombe aussi dans l’art. Depuis un moment, le sublime a du plomb dans l’aile. Il semble avoir dégringolé du Parnasse au bazar pour finir par terre. La dure loi de la gravitation qui régit le monde est entrée au musée. L’art nous donne à voir que ça tombe et que l’axe du monde a basculé. Jadis on allait au musée pour se consoler dans les hauteurs de l’art des duretés de la vie ; à présent l’art tend vers le sol, le regard se baisse, mais sans s’abaisser. Prenant de la gravité, c’est le système des valeurs qui se renverse. On passe du symbole à la chose, de l’esprit à la matière, de l’âme au corps, du tout au fragment, du trésor au déchet, du monument au tas, du fantasme au réel. Les œuvres des grands artistes aujourd’hui ne sont pas sublimes, elles sont symptômes, révélateurs d’une civilisation où ça tombe. Elles rendraient intranquille. C’est leur grandeur. L’art tend à ouvrir des brèches dans le réel, discrètes mais efficaces. Nous voici au temps d’un art qui fait acte. Il faudrait penser un sublime pour les temps où ça pleut.

C’est la puissance de l’art aujourd’hui de faire épiphanie du réel. L’importance n’est pas qu’esthétique ou de vérité, elle est aussi politique. En ouvrant sur le malaise dans la civilisation, l’art organise une résistance. Et il y convie chacun, amenant les regardeurs que nous sommes à nous interroger sur notre assise dans un monde qui tangue et se dérobe. Façon de nous aider à ne pas trop nous casser la gueule. Et finalement, l’art vient soigner la pesanteur comme on soigne sa droite : en une chute joyeuse. »

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" From the Berlin Wall to the Twin Towers, the 21st century was born out of falls. Traumatic or liberating, real or metaphorical, between crises, crashes, tsunamis, regime dismantling and bungee jumping; falling is the trend these days.. But what goes down is not always bad. Falling is not just depressing or disastrous. In the midst of tragedy, lightning bolts of truth may also come down upon us: when illusions fall away. Art tends to open breaches in the real, discreet yet effective.

This is a moment in time when art is invested with purpose. We would need to conceive of the sublime for rainy days.

It is art’s power these days to epiphanize the real, its importance not only aesthetic or in its truth, but also political. By opening onto the discontent in civilization, art organizes the resistance and invites each of us to join in, making the eyewitnesses that we are question our steadiness in a world that pitches and dodges "

Marie de Brugerolle and Gérard Wajcman

Based on a proposition by Gérard Wajcman

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