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Solo Exhibition

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17 juillet 1989, 1989 11 Sequences 27.5 Cm Wide On Paper, 7 Alternating Horizontal Bands (3 Plain And 4 Lead Pencil) 33 Cm High, Between Plain Bands 19 Cm Wide At The Top And Bottom 119 11/16 X 119 1/16 In © Courtesy of Galerie Loevenbruck
Solo Exhibition

6. rue Jacques Callot
75006 Paris
FR
April 4th, 2014 - June 7th, 2014
Opening: April 3rd, 2014 6:00 PM - 8:00 PM

QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.loevenbruck.com/
NEIGHBORHOOD:  
6th Arrondissement
EMAIL:  
contact@loevenbruck.com
PHONE:  
+33 (0)1.53.10.85.68
OPEN HOURS:  
Tue-Sat 11-7 or by appointment
TAGS:  
works on paper, painting

DESCRIPTION

Dans son premier texte sur Bram van Velde, Samuel Beckett remarque « un usage méprisant de moyens souverains ». C’est cette même dénonciation d’une trop grande souveraineté qui caractérise les oeuvres sur papier de Michel Parmentier.

Le support, des rouleaux de papier on ne peut plus modeste qui font d’abord penser à ceux de la peinture orientale où l’espace aussi se fonde sur les vides et les pleins. La méthode, le pliage d’abord comme seule appréhension possible de la surface à couvrir ; puis ces simples traits de crayon, banalisés, répétés sans système qui les feraient dévier vers un art du concept, mais sans élégance par trop esthétique ou calligraphique. C’est cet équilibre infime que recherche ici Parmentier. Déjà, en négligeant de modifier depuis 1983 la couleur chaque année, il signalait par l’abandon de ce souci un peu didactique qu’en dépit de l’évidente ressemblance quelque chose s’était modifié dans la peinture. Avec les griffonnages, il s’agit d’appauvrir en répétant un geste quasi-identique, d’évidence non-expressif, non-communicatif, de prendre le risque d’en dire plus, d’en montrer plus, tout en parvenant à un résultat moins décisif que les toiles bicolores devenues, il est vrai, avec le temps, des « classiques ».

Face à ce qui se dérobe, comme l’écrit Michel Nuridsany, face à ce qui se laisse dominer au lieu de dominer, le regard comme les mots restent démunis tant ils ont pris l’habitude d’oeuvres d’art impérieuses et grandiloquentes. Que l’on s’entende : il ne suffit pas d’humilier le geste artistique pour lui retrouver un sens. D’aucuns trouvent dans leur certitude une vérité plastique. Mais ce que Parmentier propose désormais, dans l’à-peine exprimé, est exceptionnel de lucidité quant à une autre façon d’exister comme peintre, quant à la frontière qui est sienne entre le dit et le non-dit, le visible et l’occulté.

Il y avait le geste illisible d’un recouvrement uniforme au pistolet de la surface pliée, geste lyrique, comme l’écrit avec ironie Parmentier, qui s’achève lorsque l’espace tronqué de la peinture est intégralement couvert. Les coups de crayon répétés, saccadés, représentent, et là encore c’est le peintre qui parle, une conceptualisation de l’aplat. Parce qu’il devrait exprimer et qu’il est neutralisé, parce qu’il prend le risque de dire et qu’il ne dit pas (par ce qu’il prend le risque de dire et qu’il ne dit pas) ce geste constitutif désormais d’oeuvres qui à nouveau se ressemblent et ne sont pas semblables, n’en dit que plus le silence, la non-communication de la peinture.

Alfred Pacquement, « Insistant monologue de muet », in Michel Parmentier, éditions du CNAP, 1988, pp. 13-14.

Dans le contexte de la publication « Michel Parmentier, Textes et entretiens », qui vient de paraître (BlackJack éditions), la galerie Loevenbruck est heureuse de présenter la première exposition consacrée à l’oeuvre de Michel Parmentier. Les (cinq) oeuvres exposées sont des oeuvres sur papier libre et calque, datées de 1988 à 1991 - 16 juillet 1988 ou 5 avril 1991 pour n’en citer que deux-, une partie de l’oeuvre formidablement décrite par Alfred Pacquement dans la dernière partie de ce texte, publié à l’occasion de l’exposition Michel Parmentier (CNAP, 1988), dont il était le commissaire .

La galerie Loevenbruck, qui représente désormais la Succession de l’oeuvre de Michel Parmentier, programme cette exposition en écho à celle qui sera présentée à la galerie Jean Fournier (Avant les bandes, 1962-1965, du 22 mai au 21 juin).

Une exposition rétrospective sera présentée cet été à la Villa Tamaris (Michel Parmentier, OEuvres 1965-1999, du 7 juin au 14 septembre), sous le commissariat de Guy Massaux et Robert Bonaccorsi ; un catalogue monographique sera édité à cette occasion aux éditions Loevenbruck (été 2014).

Le peintre Michel Parmentier est né à Paris en 1938 et est décédé en 2000.

Son oeuvre, historiquement liée aux quatre manifestations auxquelles il participa en 1967, en compagnie de Daniel Buren, Olivier Mosset et Niele Toroni, est marquée par son radicalisme, son parti pris d’absence d’expressivité et son refus de tout compromis formel et idéologique.

Elle figure dans de nombreuses collections publiques en France, telles que : le Carré d’Art, Musée d’art contemporain, Nîmes ; CNAP, Paris ; Collection du Musée National d’Art Moderne, Centre Pompidou, Paris ; FRAC Bourgogne, Dijon ; FRAC Bretagne, Rennes ; Musée d’Art Moderne Lille Métropole, Villeneuve-d’Asq ; Musée d’Art Moderne Saint-Etienne Métropole ; Musée de Grenoble, collection des dessins XXe siècle, Grenoble ; Musée des beaux-arts de Nantes. Ainsi qu’à l’étranger : collection du MoMA, New York City, USA.

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In his first text on Bram van Velde, Samuel Beckett observes a “contemptuous use of sovereign resources.” A similar denunciation of excessive sovereignty characterises Michel Parmentier’s works on paper.

The support: extremely modest rolls of paper which at first bring to mind those of oriental painting, in which space, too, is founded on empty and full space. The method, beginning with folding, as the only way of apprehending the surface to be covered; and then these simple pencil strokes, made banal, repeated without a system that would divert them towards a concept-based art, but without any overly aesthetic or calligraphic elegance, either. Such is the infinitely subtle equilibrium sought by Parmentier here. Already, by dropping after 1983 the somewhat didactic annual change of colour, he was signalling that in spite of the obvious resemblance, something in his painting had changed. With the griffonnages, the point was to impoverish by repeating an almost identical, manifestly non-expressive, non-communicative gesture, to take the risk of saying more, of showing more, while achieving a result less decisive than in the bicolour paintings which, it is true, had attained “classic” status over the years.

Faced with what eludes, as Michel Nurisdany has written, faced with what allows itself to be dominated rather than dominates, both the gaze and language are at a loss, accustomed as they are to imperious and grandiloquent works of art. Let us be clear: the point is not to humiliate the artistic act in order to recover a meaning. Some find a visual truth in their certainty. But what Parmentier is now proposing, in the only-just expressed, is exceptional in its lucidity as regards another way of existing as a painter, as regards the frontier between the said and the unsaid, the visible and the hidden.

There was the illegible gesture of a uniform covering of the folded surface with spray paint, a lyrical gesture, as Parmentier ironically writes, which ends when the truncated space of the painting is totally covered. The repeated, stabbing pencil marks represent – and here too it is the painter who is talking – a conceptualisation of the colour patch. Because it should express and is neutralised, because it takes the risk of saying and does not say (because of what it takes the risk of saying and does not say), this gesture constituting works that once again look but are not the same, speaks only more loudly of the silence, the non-communication of painting.

Alfred Pacquement, “Insistant monologue de muet,” in Michel Parmentier, éditions du CNAP, 1988, pp. 13-14.

Marking the recent publication of Michel Parmentier, Textes et entretiens (BlackJack Editions), Galerie Loevenbruck is pleased to present its first exhibition dedicated to the work of Michel Parmentier. The (five) works exhibited are works on paper and tracing paper, dating from 1988 to 1991 – 16 juillet 1988 and 5 avril 1991, to mention only the earliest and latest. They are part of the body of work superbly described by Alfred Pacquement in the last part of this text, published for the Parmentier exhibition he curated at the CNAP in 1988.

Galerie Loevenbruck, which now represents the Estate of Michel Parmentier, is programming this exhibition in parallel to the one being held at Galerie Jean Fournier (Avant les bandes, 1962-1965, 22 May–21 June). This summer, a retrospective is being put on at Villa Tamaris (Michel Parmentier, OEuvres 1965-1999, 7 June–14 September), curated by Guy Massaux and Robert Bonaccorsi, complete with catalogue (Éditions Loevenbruck).

Michel Parmentier was born in Paris in 1938 and died in 2000. Historically bound up with the four exhibitions put on by BMPT (Daniel Buren, Olivier Mosset, Michel Parmentier, Niele Toroni) in 1967, his work is marked by its radicalism, its deliberate lack of expressiveness and its rejection of any kind of formal or ideological compromise. It is held in numerous public collections in France, notably Carré d’Art, Musée d’Art Contemporain, Nîmes; CNAP, Paris; Collection du Musée National d’Art Moderne, Centre Pompidou, Paris; FRAC Bourgogne, Dijon; FRAC Bretagne, Rennes; Musée d’Art Moderne Lille Métropole, Villeneuve-d’Asq; Musée d’Art Moderne Saint-Etienne Métropole; Musée de Grenoble, collection of 20th-century drawings; Musée des Beaux-arts de Nantes. His work is also held by MoMA, New York.

 

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