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Sans titre, 2012 Acrylique Sur Toile 180 X 150 Cm © Courtesy of the artist and Galerie Suzanne Tarasiève
mars

Loft 19 c/o Suzanne Tarasieve
Passage de l'Atlas / 5 Villa Marcel Lods
75019 Paris
France
March 9th, 2013 - May 11th, 2013

QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://suzanne-tarasieve.com/?lang=en
NEIGHBORHOOD:  
19th Arrondissement
EMAIL:  
veovansy@suzanne-tarasieve.com
PHONE:  
+33 (0)1 45 86 02 02
OPEN HOURS:  
Tue - Sat 11am-7pm

DESCRIPTION

Après l'avoir déjà présenté en 2011 lors de lʼexposition collective qui inaugurait le nouvel espace rue Pastourelle, Suzanne Tarasieve a le plaisir d'annoncer la première exposition personnelle de Pierre Schwerzmann à la Galerie constituée d'un ensemble d'oeuvres abstraites.

… D'un bout à l'autre du temps passé devant les travaux de Pierre Schwerzmann [...] se développe un processus allant, pour ainsi dire, de l'effet à l'affect, où la vue se transforme progressivement en attention, avec les implications ou, plutôt, les complications que celle-ci engendre, et qui sont de trois ordres : visuel ou optique, physique ou corporel, psychologique ou affectif.

A première vue donc, l'oeil est attiré par les vibrations du puits de lumière au centre du tableau. Ces vibrations ont pour conséquence immédiate d'empêcher la pose du regard et d'inciter cette fois le corps entier à se mettre en mouvement afin d'accomplir un réglage. Il ne s'agit pas d'une mise à distance opérée par l'image [...] mais d'un effet repoussoir qui déstabilise. L'adaptation du corps-objectif pour saisir l'image et la fixer s'avère une tentative vaine et l'instabilité se mue en irritation qui va s'amplifiant. Finit-on par ne plus rien y voir ? Le tableau n'aurait-il, au bout du compte, à nous offrir qu'un vide splendide ?

L'irritation, voulue chez Schwerzmann, apparaît déjà dans ses travaux antérieurs. Mais elle atteint dans cette nouvelle série de travaux une radicalité qui dépasse le phénomène purement optique pour s'insinuer dans le corps puis dans l'émotion, prise ici au sens étymologique de mouvoir, déplacer, donc, réagir. Ces réactions se présentent, dans cette situation relationnelle spécifique, comme autant de mécanismes de défense face à une image qui défie. Il y aurait comme une non-concordance du sujet percevant avec l'objet perçu, à la fois temporaire et spatiale - ou locale - qui prendrait non plus la forme d'un vide, mais d'une absence.

"Je sais que c'est fini quand je ne vois plus rien", dit Schwerzmann.

Stéphanie Bédat
Extraits de PEINTURE, ATTENTION, 2001