Bigindicator

Le silence n’est pas un oubli

Event  |  Reviews  |  Comments
20120901014532-04--83112
Préso de Mataro., 2012 Poudre D'acier Aimantée 52 Cm X 72 Cm © Courtesy of the artist and Galerie Sit Down
20120901014753-05--83112
Série "paysages d'événements" # 2 , 2012 Gouache Sur Papier 70 X 50 Cm © Courtesy of the artist and Galerie Sit Down
Le silence n’est pas un oubli

4, rue Sainte-Anastase
75003 Paris
France
September 8th, 2012 - November 3rd, 2012
Opening: September 8th, 2012 4:00 PM - 9:00 PM

QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.sitdown.fr/
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
info@sitdown.fr
PHONE:  
01-42-78-08-07
OPEN HOURS:  
Tue-Sat 2-7pm

DESCRIPTION

Pour sa rentrée de septembre 2012, la galerie Sit Down met à l’honneur la jeune création en accueillant pour la deuxième fois Nicolas Daubanes et Pablo Garcia. A 29 ans, les deux artistes ont déjà un parcours riche d’expositions et une reconnaissance de la profession qui ne cesse de s’affirmer.

Chacun à sa manière interroge la mémoire que ce soit à travers les événements de l’Histoire récente ou les faits sociétaux. A la galerie Sit Down, Nicolas Daubanes poursuit ses réflexions sur l’enfermement à travers la thématique de la prison tandis que Pablo Garcia oriente son regard sur les champs de bataille. Et, pour les deux, c’est à partir de photographies qu’ils choisissent de réinterpréter en dessin leur sujet.

Le silence n’est pas un oubli, référence à une chanson du rappeur Booba, résonne dans sa dimension poétique comme une revendication voire un acte politique. Chez Nicolas Daubanes, le silence, c’est le secret à préserver, l’absence de sons et de paroles pour ne pas trahir les plans d’évasion du détenu. Seul l’esprit reste en activité pour laisser retentir les mots d’une liberté à retrouver. Pour les oeuvres de Pablo Garcia, le silence, c’est le recueillement, le souvenir du drame passé. Une introspection pour ne pas oublier.

Nicolas Daubanes (1983) vit et travaille à Perpignan

Pour cette exposition, l’artiste alterne deux propositions de séries dont celle inédite sur les portraits des évadés célèbres. L’architecture carcérale, et plus particulièrement le panoptique, reste un leitmotiv et une source d’inspiration pour l’artiste qui présente, ici, des vues de la prison Kilmainham Gaol à Dublin. « Voir sans être vu » tel est l’objectif du panoptique préconisé au XVIIIe siècle par le philosophe Jérémy Bentham. Comme un contrepied à cette théorie de la surveillance, l’artiste réalise des portraits de prisonniers comme ceux de Jacques Mesrine et d’Antonio Ferrarra qui se sont enfuis de façon spectaculaire.

Pour ses dessins, Nicolas Daubanes a mis au point une technique particulière avec de la limaille de fer. Ainsi, il explique : « La limaille de fer (…) renvoie aux barreaux des prisons, mais aussi aux limes qui permettent l’évasion. Cette matière fine et dangereuse pour l’oeil se dépose par aimantation tandis que le moindre souffle peut faire disparaitre le dessin. Ce qui apparaît est fragile, il faut en prendre soin et savoir que tout est éphémère. »

Pablo Garcia (1983) vit et travaille à Montpellier

L’artiste expose pour la première fois cette série de gouaches intitulée « Paysages d’événements ». Après son voyage en Europe pour photographier les camps de concentration, Pablo Garcia a entamé un autre périple, celui de se rendre sur les zones de conflits. Des plages du débarquement de Normandie à Verdun, il saisit ces paysages transformés par les guerres passées. C’est à partir de ses propres clichés que l’artiste  cadre son véritable sujet : les sols martelés par des obus. De cette façon, l’artiste crée un certain trouble dans la perception de ses images. En effet, il ne reproduit pas de paysages mais en recompose d’autres avec les trames induits par le cadrage. Pablo Garcia plonge ainsi son regard dans les entrailles de la terre pour en restituer les cicatrices impalpables
des combats.

Christine Blanchet. Historienne de l’Art