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Dans l’instant

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Studio view © Courtesy of the artist and Galerie Zürcher (Paris)
Dans l’instant

56, rue Chapon
75003 Paris
France
January 16th, 2010 - February 25th, 2010

QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.galeriezurcher.com
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
info@galeriezurcher.com
PHONE:  
+33 (0)1 42 72 82 20
OPEN HOURS:  
Tues-Sat 12 - 7pm

DESCRIPTION

Alix Le Méléder’s brush creates zones close to the corners, and/or the edges, of plain white, square-format canvases that are either small (80 x 80 cm) or human in scale (190 x 190 cm). The patches of pigment are laid down successively with a similar tension and a rotation of a quarter turn. The fourfold resultant vibrates, whether uniformly or not; and for some reason, possibly due to the gyration behind the imprinting process, one gets a sense of seeing the colors slip off into space as though impelled by a certain movement, or animated (so to speak) by a life of their own. Through this gestural repetition, Le Méléder frees herself of all expression, and the paintings emerge "abstract" from the movement. Which is not the least of the evident contradictions: the gesture that initiates the mark has no narrative dimension. Each new trace of color adds to the previous one, producing a result that is more or less rapid, but always complex in character. It is related to "sunspots", those photospheric phenomena that indicate areas of intense magnetic activity on the surface of the sun, which had already been identified more than a thousand years ago by the Chinese, who often compared them to everyday objects, notably fruit. And the forms on Le Méléder’s canvases, seen close up, would seem to hint at something like this. They also suggest a certain phenomenon seen from a distance, while giving the impression that this distance is not really measurable; that one can only consider it as "astronomical". The pairs of sunspots observed by Galileo on the photosphere in 1611 may actually have been thousands of kilometers across. Like Le Médérer’s painted spots, they were made up of a central, denser part and a lighter, more filamentary peripheral part.

Such astronomical observations prepare us to move towards considerations of a theological nature: Le Méléder’s paintings can appear as "inventions" (c.f. "the invention of the Cross"). On the undifferentiated whiteness of the canvas, she continuously invents new solar systems, revolution upon revolution. As Philippe Dagen has remarked, "From one painting to another, differences are established. And they are perceptible if one is attentive. They are sufficiently pronounced for each work to be unequivocally distinguishable, and it is tempting to characterize them in terms of sensations and sentiments. In other words, the painter’s gestures transform a strange, bare object into a living space. They humanize and organize it. They render it, in a certain sense, habitable." [1]

Born in 1955, Alix Le Méléder lives and works in Paris.

Exhibitions :

2008 Galerie Zürcher, Paris 2006 Peinture du temps, Galerie Zürcher, Paris 2005 Alix Le Méléder, Galerie Zürcher, Paris 2004 Le 19, Centre d’art de Montbéliard Le corps, son image, ses représentations, Maison d’art contemporain de Chaillioux, Fresnes 2003 Voir en peinture, Le Plateau/Frac Ile-de-France 2001 Oeuvres sur papier, Galerie Jean Fournier 1999 Alix Le Méléder, Maison d’art contemporain de Chaillioux, Fresnes

[1] Philippe Dagen, Peindre pour ne pas disparaître, catalogue, Galerie Zürcher, May-July 2006.

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Sur une toile uniformément blanche et de format carré, tantôt petite (80 x 80 cm) tantôt à taille humaine (190 x 190 cm), Alix Le Méléder marque de son pinceau une zone située près des angles, vers le bord, d’un geste mesuré par une tension semblable et la rotation d’un quart de tour, y déposant successivement la couleur. Les quatre taches colorées ainsi formées vibrent, en accord ou non. Est-ce dû à la giration qui les a imprimées initialement, on croit les voir glisser et décoller dans l’espace comme animées d’un mouvement et, pour ainsi dire, d’une vie propre. Par ce processus de répétition du geste, Alix Le Méléder s’affranchit de toute expression et la peinture sort « abstraite » de ce mouvement. Là n’est pas la moindre des contradictions : le geste qui a initié la tache n’a aucune dimension narrative. Une fois le geste effectué, la trace de couleur déposée s’ajoute à la précédente pour se constituer, en un temps plus ou moins long en tache. Encore celle-ci est-elle de nature complexe et s’apparente-t-elle plus à ces « taches solaires », phénomènes photosphériques révélant à la surface du soleil des zones d’activité magnétique intense que les chinois observaient déjà il y a plus de mille ans. Ces témoignages extrême-orientaux comparent souvent ces taches à divers objets de la vie courante, notamment des fruits. Leur forme sur une toile d’Alix Le Méléder vue de près semble le suggérer. Cependant elles donnent également l’impression de quelque phénomène vu à distance et que cette distance n’est pas réellement mesurable sauf à considérer qu’elle peut être « astronomique ». Or les taches solaires identifiées en 1611 par Galilée, couplées par deux, peuvent en effet atteindre des centaines de milliers de kilomètres à la surface de la photosphère. Elles sont constituées – comme les taches peintes d’Alix Le Méléder – d’une partie centrale plus dense et d’une partie périphérique plus claire et filamenteuse.

De telles observations astronomiques nous préparent à glisser vers des considérations d’ordre théologique : les toiles d’Alix Le Méléder peuvent ainsi apparaître comme des « inventions » (au sens de « découvertes »). Dans le blanc indifférencié de la toile, Alix Le Méléder invente sans cesse de nouveaux systèmes solaires de révolution en révolution. Ainsi que l’a bien remarqué Philippe Dagen : « D’une toile à l’autre, des différences s’établissent, perceptibles pour peu que l’on se montre assez attentif – des différences assez prononcées pour que chaque œuvre se distingue sans équivoque et que l’on soit tenté de la caractériser en termes de sensations et de sentiments. Autrement dit : les gestes du peintre changent un objet nu et étranger en espace vivant. Ils l’humanisent et l’organisent. Ils le rendent, si l’on peut dire, habitable. » [1]

Née en 1955, Alix Le Méléder vit et travaille à Paris.

Expositions : 2008 Galerie Zürcher, Paris 2006 Peinture du temps, Galerie Zürcher, Paris 2005 Alix Le Méléder, Galerie Zürcher, Paris 2004 Le 19, Centre d’art de Montbéliard Le corps, son image, ses représentations, Maison d’art contemporain de Chaillioux, Fresnes 2003 Voir en peinture, Le Plateau/Frac Ile-de-France 2001 Oeuvres sur papier, Galerie Jean Fournier 1999 Alix Le Méléder, Maison d’art contemporain de Chaillioux, Fresnes

[1] Philippe Dagen, Peindre pour ne pas disparaître, catalogue, Galerie Zürcher, mai-juillet 2006.