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Solo Exhibition

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Markus Lüpertz: Tod des Fragonard, 2018 Painted Bronze 76 X 185 X 102 Cm 29 7/8 X 72 7/8 X 40 1/8 Inches Ed 1/6 + 1 Ap Tod Des Fragonard © Courtesy of the Artist and Galerie Almine Rech
Solo Exhibition

64 rue de Turenne
75003 Paris
FR
October 13th, 2018 - November 24th, 2018

QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.galeriealminerech.com
EMAIL:  
contact.paris@alminerech.com
PHONE:  
+33 1 45 83 71 90
OPEN HOURS:  
Tue-Sat 11-7

DESCRIPTION

Almine Rech Gallery is pleased to present the second solo exhibition by Markus Lüpertz with the gallery, including sculptures and paintings from 2008 to 2018. 

Markus Lüpertz came of age in postwar West Germany during the late 1950s, fascinated by cinema. He recalls that movies inspired the serial aspect of his work, his development of individual motifs in multiple variations. Lüpertz had a surprising insight: “Cinema was always painting an image several times simultaneously.” He referred to the slight differences we perceive, film frame to film frame, viewed in sequence—analogous to the material differences that appear between one of Lüpertz’s paintings and another of a closely related configuration. As in cinema, so in Lüpertz’s studio: “One painting leads to the next.” His many variations of a theme—such as pastoral scenes, figures in classical poses, or reveries on an artist’s palette—amount to more than the sum of the individual works in the series. They establish continuity, like a film, also like the painter’s own creative life. Yet each work, isolated in a frame, has its own affective and formal complexity. 

Lüpertz’s images combine cultural evocation with material invention. To a palette, he joins a skull and a helmet to form a still-life arrangement; these objects, thematically rich, interact not only as cultural references but as contours, shapes, and colors. In works of a similar spirit, Lüpertz might include a turtle, a serpent, an officer’s cap, a snail, a bird’s wing, or even a rowboat (as in Palette (Arcadien) Gold, 2018). The rowboat itself evokes the theme of Arcadian paradise, which links Lüpertz’s art to German predecessors of the nineteenth century, such as Hans von Marées, as well as to artists of the Renaissance and Baroque. His pastoral settings derive from his experience of the watery land around Märkisch Wilmersdorf, outside Berlin, where he maintains a studio. The Märkisch landscape, the artist’s present environment, links his pictorial fantasies of the past to his everyday existence. 

Interpretive narratives applied to Lüpertz’s art eventually fail, the victim of his sensory excess and thematic contradiction. He is an artist of powerful instinct, whose pictorial strategies defy the single-mindedness of our habitual critical constructions. Hyperactivity, both physical and mental, is his norm. His polychromed sculptures are as dynamically and evocatively composed as his paintings. More an artist of action than of contemplation, he is constantly reenergized by the multiple works at various stages of progress that populate his studios. 

With centuries of Western culture channeled into him, Lüpertz expresses this mass of information in new forms, suited to contemporary sensibility. “Painting is culture,” he says, “and who says culture says substance of the world. ... Without painting the world is only consumed, it is not perceived.” What, finally, do we perceive? “It is not a concept, it is a feeling.” Lüpertz demonstrates that, yes, painting and sculpture convey the wisdom of the ages, but first, they are arts of feeling. 

Richard Shiff


Almine Rech Gallery a le plaisir de présenter la seconde exposition personnelle de Markus Lüpertz, composée de sculptures et peintures créées entre 2008 et aujourd’hui.

Markus Lüpertz grandit dans l’Allemagne de l’Ouest d’après-guerre et développe à la fin des années 1950 une fascination pour le cinéma. Il aime rappeler que les films ont inspiré l’aspect sériel de son travail, sa façon de développer des motifs individuels en de multiples variantes. Il a une surprenante révélation : « Le cinéma a toujours peint une image plusieurs fois simultanément ». Il évoque les légères différences perçues d’une image à l’autre, quand elles sont visionnées en séquence, à l’instar des différences de matière qui apparaissent entre un de ses tableaux et un autre de composition similaire. Il en va au cinéma comme dans l’atelier de l’artiste : « Une peinture mène à la suivante ». Ses nombreuses variations sur un même thème - scènes pastorales, figures dans des poses classiques ou rêveries autour d’une palette d’artiste - représentent bien plus que la somme des oeuvres individuelles d’une même série. Elles forment une continuité, comme dans un film, mais aussi dans l’existence créatrice de l’artiste. Et pourtant, chaque oeuvre, prise isolément dans son cadre, est dotée d’une complexité émotionnelle et formelle qui lui est propre.

Les images de Markus Lüpertz associent évocation culturelle et invention formelle. Au motif d’une palette, il ajoute celui d’un crâne et d’un casque pour composer une nature morte : ces objets chargés de sens interagissent non seulement comme références culturelles, mais aussi comme contours, formes et couleurs. Dans d’autres oeuvres similaires, Markus Lüpertz fait figurer une tortue, un serpent, une casquette d’officier, un escargot, une aile d’oiseau ou encore une barque (comme dans Palette (Arcadien) Gold, 2018). La barque elle-même évoque le thème du paradis arcadien, qui relie le travail de Markus Lüpertz à ses prédécesseurs allemands du XIXe siècle, comme Hans von Marées, mais aussi aux artistes de la Renaissance et de l’époque baroque. Ses scènes pastorales sont inspirées par ses promenades dans les paysages lacustres des environs de Märkisch Wilmersdorf, près de Berlin, où l’artiste dispose d’un atelier. L’environnement de Märkisch, où il travaille actuellement, fait le lien entre passé pictural fantasmé et vie quotidienne.

Tout récit interprétatif de l’oeuvre de Markus Lüpertz est voué à l’échec, victime de ses excès sensibles et de ses contradictions thématiques. C’est un artiste puissamment instinctif dont les stratégies picturales défient l’uniformisation habituelle de nos constructions critiques. Pour lui, l’hyperactivité - physique et mentale - est la norme. Ses sculptures polychromes sont composées de manière tout aussi dynamique et évocatrice que ses peintures. Artiste d’action plus que de contemplation, il se régénère au contact des nombreuses oeuvres, à différents stades d’avancement, qui peuplent ses ateliers.

Markus Lüpertz canalise en lui des siècles de culture occidentale et exprime cette masse d’information sous des formes nouvelles et adaptées aux sensibilités contemporaines. « La peinture, c’est la culture », dit-il, « et qui dit culture dit substance du monde... Sans la peinture, le monde est seulement consommé, il n’est pas perçu. » Que perçoit-on en définitive ? « Ce n‘est pas un concept, c’est une sensation. » Markus Lüpertz prouve ainsi qu’effectivement, la peinture et la sculpture véhiculent la sagesse des âges, mais que ce sont avant tout des arts de la sensation.

Richard Shiff

Traduit de l‘anglais par Alexandre Carayon.

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