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Espaces Témoins

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© Courtesy of Praz-Delavallade
Espaces Témoins

5, rue des Haudriettes
75003 Paris
FR
June 28th, 2018 - July 28th, 2018
Opening: June 28th, 2018 5:00 PM - 9:00 PM

QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.praz-delavallade.com
EMAIL:  
flavie@praz-delavallade.com
PHONE:  
+33 (0)1.45.86.20.00
OPEN HOURS:  
Tue-Sat 11-7

DESCRIPTION

Praz-Delavallade Paris presents “Espaces Témoins”, an exhibition featuring a selection of artists working both in France and abroad, with Vincent Chenut (Paris-Brussels), Thomas Fougeirol (Paris-New York), Alice Guittard (Paris-Istanbul), Lucas Jardin (Brussels) and Manoela Medeiros (Paris-Rio de Janeiro). These artists have, each in their own way, set themselves free from classic supports, so they can experiment with a material, not just as a pre-determined substance, but as a support, a multi-facetted medium.

But exactly do these artists experiment with their chosen medium in order to better define it? Their approach involves a long period of gestation, in which a process of addition, superposition, excavation and subtraction bears witness to the creativity that lies at the very heart of their practice: canvas, paper, wall fragments, marble or board are just some of the materials they use, revealing by their actions the hidden riches of the medium itself.

This approach leads them to explore the organic world, experiment with the mineral world and transcend the materiality of day-to-day objects. In so doing, they make it possible to rethink the relationship between artist, artwork and medium. These artists’ paradoxical activity that brings together creation and destruction, situates them in the aesthetical realm of ruins. Perhaps what is most striking is their freedom to use any medium they wish. The way in which they use their bodies or start the day, a routine that makes way for something unexpected and surprising: sketching, scratching, excavating and collecting…

As they bring their material to life, each is free to express those feelings that fashion their art; their creations, as if revealing substrata of their intimate selves, employ a unique visual language that is individualised by the incidents, deteriorations and accidents they encounter in their artistic practice. If some fix strict rules as a means of freeing themselves from constraints, others scratch away at the material like archaeologists until, for example, only a fleeting impression of the paper’s fibres remains. All however question these shifting spaces, trying as best they can to understand and tame their medium. Their experimentation-based practice translates an obsessive search for an existential quest in which they make their own Jean-Paul Sartre’s ideas epitomised in the phrase: “The one thing which permits him [man] to have life is the deed.”

By setting themselves free from representation, these artists endeavour to broaden our understanding of the world we experience. Moving to and fro between creation and deconstruction, these five artists express an undeniable attraction to stigmata, marks and debris. The works on show in "Espaces Témoins" question time (long gone) and our memories, connecting the past to the present as if in a duty of remembrance, whilst stimulating our imagination. This dialogue with the past reminds us that, as human beings, we are subject to that essential, omnipresent and inescapable concept: the passing of time.

If time and matter are resolutely antagonistic, when associated they express the very foundations of the world with all its contradictions: their struggle leads to a moment of rupture, when one of the two finally wins the day. Dialectically, there is nothing surprising in these foundations coming from a domain where two opposites meet face to face in a constant struggle, like positive and negative poles. From this point of view, these young artists’ creations embody how consistent their art is with the times they are living in.


 

 Praz-Delavallade Paris présente “Espaces Témoins”, exposition imaginée autour d’ artistes exerçant tant en France qu’à l’étranger : Vincent Chenut (Paris-Bruxelles), Thomas Fougeirol (Paris-New York), Alice Guittard (Paris-Istanbul), Lucas Jardin (Bruxelles) et Manoela Medeiros (Paris-Rio de Janeiro). Chacun à leur manière, ils se sont libérés du support classique afin d’expérimenter la matière, non seulement comme une substance déterminée mais comme un support, un médium aux multiples facettes.

Comment ces artistes expérimentent-ils la matière afin de mieux la redéfinir ? Long travail de gestation par addition et superposition, excavation ou encore soustraction, manifeste d’une création au coeur même de leurs pratiques : la toile, le papier, le fragment de mur, le marbre et le panneau sont autant de moyens qu’ils investissent pour en révéler les plus intimes richesses.

À travers leurs démarches, ils explorent le monde organique, expérimentent le minéral et transcendent la matérialité des objets du quotidien, permettant ainsi de repenser le rapport de l’artiste à l’oeuvre et à la matière. Dans un mouvement paradoxal de création et de destruction, ces artistes s’inscrivent alors dans une esthétique des ruines. Ce qui nous frappe, c’est la liberté d’utilisation de tous ces matériaux. La façon dont ils déploient leurs corps, commencent leur journée ; une routine qui laisse place à l’inattendu, à la surprise : croquis, grattage, fouille, extraction, collecte...

À chacun d’ exprimer une sensibilité qui façonne leur art en donnant vie à cette matière, substratum d’un moi intime traduisant un langage visuel individualisé par les incidents, dégradations, accidents qu’ils affrontent dans leur pratique quotidienne. Si certains s’imposent des règles strictes pour se libérer des contraintes, d’autres grattent la matière à la manière d’archéologues pour ne laisser vivre que les sensations fugitives des fibres végétales. Tous s’interrogent sur ces déplacements d’espaces pour mieux capturer une matière dans l’espoir de l’apprivoiser, de la révéler et in fine de la domestiquer. Une pratique basée sur l’expérimentation qui traduit la recherche obsessionnelle d’une quête existentielle, faisant leur la pensée de Jean-Paul Sartre : “La seule chose qui permet à l’homme de vivre, c’est l’acte”.

S’affranchissant de la représentation, ils s’attachent à étendre notre compréhension du Monde des "choses du sensible”. Oscillant entre déconstruction et création, on ne peut nier le tropisme de ces cinq artistes pour les stigmates, empreintes et autres décombres. Les oeuvres présentées au sein de l’exposition "Espaces Témoins" questionnent le temps (disparu), interrogent nos souvenirs et relient le passé au présent comme un devoir de mémoire pour titiller notre imagination. Ce dialogue avec le passé nous rappelle que nous sommes des êtres soumis au temps qui passe. Un concept incontournable, omniprésent auquel nous ne saurions échapper.

Si le temps et la matière sont deux éléments résolument antagonistes, c’est pourtant lorsqu’ils sont associés que le fondement du monde s’exprime dans toutes ses contradictions et dans une lutte opposés menant à une rupture où l’un l’emporte finalement. Dialectiquement rien d’étonnant que ce fondement vienne d’un domaine où deux contraires sont face à face et se combattent sans cesse : charge positive et négative. En cela les créations de ces jeunes artistes incarnent la parfaite adéquation de leur art à leur temps.

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