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Peintures 1952-1956, Gravures, Lithographies

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© Courtesy of Galerie Gabrielle Maubrie
Peintures 1952-1956, Gravures, Lithographies

24 Rue Sainte Croix de la Bretonnerie
75004 Paris
FR
March 24th, 2018 - April 14th, 2018

QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.gabriellemaubrie.com/
NEIGHBORHOOD:  
4th Arrondissement
EMAIL:  
maubrie@orange.fr
PHONE:  
01 42 78 03 97
OPEN HOURS:  
Tue-Sat 2-7 and by appointment

DESCRIPTION

Jurg Kreienbühl died October 30, 2007 a few days before we celebrated the feast of the dead, the day after Halloween. Chance or coincidence, the proximity of the calendar does not leave indifferent when we know that the artist had devoted painted meditations on the theme of the passage, the one that leads from life to something else.
Kreienbühl started very early to draw. We know that in 1951, while he was learning to be a house painter by trade, he enrolled at the School of Fine Arts in Basel and at the request of his teacher; he was particularly compelled to the study of drawings.
In 1956, when he leaves Basel for Paris, is marked by a representation of the garden of the Tuileries and met Suzanne Lopata, who later became his wife. Then began one of his first experiments worth as a rite of passage or initiation hen he went to live in a Carcass bus Air France in the heart of the gypsy camp in Bezons-later, the van will play an important role in the artist’s life and facilitate a semi-nomadic inspiration. He remains several years immersed in a strange society that portrays the edges of the capital in spaces that are not yet the suburbs but rather the zone. Rare are the people who frequent this alluvium of misery produced by the big city since centuries: besides lasting friendships, Jurg drew still life’s, landscapes, portraits. Years pass: Suzanne and he settles in Argenteuil (1961), and marry. The enlarged family since 1963 settle in Cormeilles in 1966. We find him in 1968 in front of the landscape and polluted port of Gennevilliers, then in front of Parisian buildings facing demolition in Paris and Argenteuil. Around the same time (1967-1968), he discovers the Seine Maritime. The Tréport and the suburbs of Le Havre: he begins a second alternative of a stage of life, more powerful then the last one, with discharges, its hydrocarbon spills, the Pétrolnymphéas and his alcoholic bums. In 1978 he returns to Le Havre, with his family this time, to the previous themes, adding the liner France, the symbol of travelling, abandoned on a dock.
The early years remaining till now poorly understood, are striking in their extraordinary thematic diversity: including among others, discharges, chicken legs, tree flakes, a power line, a gate, crumpled papers, wilted flowers, ears of corn, and germinated potatoes, a rotten cabbage stalk, carrion, a skull. It is of decay, putrefaction, and the organic agony that is mostly the question. The cemetery of Neuilly, that Kreienbühl draws in 1980 near a pile of residues where funeral waste and the remains of the consumer society intermingle inexplicably disgusting and, frankly terrifying, so that no one knows if it is reality or a vision. In the background, the Aillaud towers, which where the pride at that time, reminding where the society comes from crammed into the graves next to their own trash.The artist explores the dark borders separating life from death and tells us we can not know what happens on the other side of the mirror, but the carrion rotting, the wheat germ, the flower fading, the holy land that breaks, the humanoid preserved in a bowl, the stuffed animal, the cemetery with its garbage, the city that destroys itself, nature that mankind corrupts, monuments in ruins, mankind being destroyed by alcohol and misery, all these themes of the universe, reveal that something happens between when life ends and that of the physical disappearance: a strange metamorphosis occurs. Kreienbühl is not an Eastern philosopher. He means that before that everything ends in a discharge, something happens. The awake, the watchman, wants to tell his contemporaries. The nature of man irreparably pollute, life which is corrupt, the work that is annihilated, the vital space that the litter choke, everything is transformed into a work of art, and thus has a new life; The irreversible decay that he saw before the others, he makes it into beauty. Heir of a long tradition of artistic culture proper in German speaking countries, the work he produced carries the ambition of a thought.

Extract from the text of Jean-Michel Leniaud, catalog Centre Culturel de l’Arsenal, Maubeuge, 2008


Jurg Kreienbühl est décédé le 30 Octobre 2007, quelques jours avant qu’on ne célèbre la fête des morts, au lendemain de la Toussaint. Hasard ou coïncidence, ce voisinage du calendrier ne laisse pas indifférent quand on sait ce que l’artiste a consacré de méditations peintes au thème du passage, celui qui conduit de la vie à autre chose.
Kreienbühl, à commencé très tôt à dessiner. On sait qu’en 1951, pendant qu’il apprenait le métier de peintre en bâtiment, il s’était inscrit à l’école des Beaux-arts de Bâle et que sur la demande de son professeur, il s’était particulièrement astreint à l’étude du dessin.
Le millésime 1956, quand il arrive de Bâle à Paris, est marqué par une représentation du jardin des Tuileries et rencontre Suzanne Lopata, qui deviendra plus tard sa femme. Puis commence l’une de ses premières expériences qui valent comme un rite de passage ou initiation, lorsqu’il part vivre dans une carcasse d’autobus Air France au cœur d’un campement de gitans à Bezons- plus tard, la camionnette va jouer un rôle important dans la vie de l’artiste et faciliter une inspiration semi-nomade. Il y reste plusieurs années, plongé dans une étrange société qui campe aux bords de la capitale en des espaces qui ne sont pas encore la banlieue mais bien plutôt la zone. Rares sont ceux qui fréquentent alors ces alluvions de misère que produit la grande ville depuis des siècles : outres des amitiés durables, Jurg en a tiré des natures mortes, des paysages, des portraits.
Les années passent : Suzanne et lui s’installent à Argenteuil (1961) et se marient. La famille agrandie depuis 1963 s’installe à Cormeilles en 1966. On le retrouve en 1968 devant le paysage industriel et pollué du port de Gennevilliers, puis face à des démolitions d’immeubles parisiens à Paris et à Argenteuil. Vers la même date (1967-1968), il découvre la Seine-Maritime, Le Tréport et la banlieue du Havre : ici commence une seconde phase de vie alternative, plus puissante que la précédente, avec ses décharges, ses flaques d’hydrocarbures, Les Pétrolnymphéas et ses clochards alcooliques. En 1978, il retournera au Havre, en famille cette fois, aux thèmes précédents, s’ajoute celui du paquebot France, le symbole des voyages, abandonné sur un quai.
Les premières années restées jusqu’ici les plus mal connues, frappent par leur extraordinaire diversité thématique : citons entre autres la décharge, la patte de poulet, l’arbre effeuille, la ligne à haute tension, le mur de clôture, les papiers froissés, la boîte de conserve, les fleurs fanées, les épis de blé et la pomme de terre germée, le trognon de chou pourri, la charogne, le tête de mort. C’est de pourriture, de putréfaction, d’agonie de l’organique dont il est surtout question.
Le cimetière de Neuilly que Kreienbühl dessine en 1980 voisine avec un amoncellement des résidus où les déchets funéraires et les vestiges de la société de consommation s’entremêlent de façon inexplicable, répugnante et, pour tout dire, terrifiante, au point qu’on ne sait plus s’il s’agit de la réalité ou d’une vision. Au fond, les tours d’Aillaud, qui faisaient encore la fierté de leur époque, rappellent d’où vient la société qui s’entassent dans les tombes et voisine avec ses propres détritus.
L’artiste explore les obscurs confins qui séparent la vie de la mort et nous dit : on ne peut pas connaître ce qui se passe de l’autre côté du miroir mais la charogne qui pourrit, le blé qui germe, la fleur qui fane, le saint de terre qui se brise, l’humanoïde conservé dans son bocal, l’animal empaillé, le cimetière avec ses tas d’ordures, la ville qui s’autodétruit, la nature que l’homme corrompt, le monument qui se ruine, l’homme qui s’abrutit dans l’alcool et la misère, tous ces thèmes de l’univers, révèlent qu’il se passe quelque chose entre le moment où la vie finit et celui de la disparition physique : une étrange métamorphose intervient. Kreienbühl n’est pas adepte des philosophies orientales. Il veut nous dire qu’avant que tout ne finisse à la décharge, quelque chose se produit. L’éveillé, le guetteur, tient à l’annoncer à ses contemporains.
La nature de l’homme pollue irrémédiablement, la vie qui se corrompt, l’œuvre qui s’anéantit, l’espace vital que les déchets étouffent, tout se transforme en œuvre d’art, et de ce fait, revit d’une vie nouvelle. L’irréversible pourrissement qu’il a vu avant les autres, il en fait de la beauté.
Héritier d’une longue tradition de culture artistique propre aux pays de langue allemande, l’œuvre qu’il a produite porte l’ambition d’une pensée.

Extrait du texte de Jean-Michel Leniaud du catalogue Centre Culturel de l’Arsenal, Maubeuge, 2008

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