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Of false beaches and butter money

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Chloe Wise © Courtesy of the Artist and Galerie Almine Rech
Of false beaches and butter money

64 rue de Turenne
75003 Paris
FR
September 5th, 2017 - October 7th, 2017
Opening: September 5th, 2017 6:00 PM - 8:00 PM

QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.galeriealminerech.com
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
contact.paris@alminerech.com
PHONE:  
+33 1 45 83 71 90
OPEN HOURS:  
Tue-Sat 11-7

DESCRIPTION

Almine Rech is proud to present Of false beaches and butter money, the gallery’s first solo exhibition by Canadian artist Chloe Wise.

Linked in approach, but not material, Wise’s practice spans installation, video, sculpture, painting, and drawing. Signaling the link between self-presentation and forms of betterment, Wise discloses relationships between image creation and authenticity, probing the performative means we use to adjust to the commercialization of all aspects of contemporary life. Here, food becomes the nexus for unexpected associations—a cypher for the artist to map protean relations between self-care, consumption, gender negotiations, and alternative routes to pleasures.

For her debut presentation in Paris, the artist lyrically explores the dissonance between visual cultures and the systems, products, and persons they aim to represent. This deliberate and loosely defined mandate sees the artist mining the iconography of milk, from maids to anthropomorphized and feminized cows to the abjection of the maternal body, carrying these symbolic propositions into unexpected territory. Here, the agreed upon translation of the unhealthy and unnecessary production of dairy is contrasted with the romantic and pastoral ideals through which they are disseminated. This particular discord becomes emblematic of truth’s precarity in sites wherein one element is meant to stand in for entire systems.

Female sitters in Wise’s delicately composed portraits stand amongst goods of this industry, conjuring the elite portraiture of a bygone era while negating the fixity of status that these images once affirmed. Instability is signaled through odd pairings of props, such as Evian water bottled filled with almond milk, as well as the engorged size of each sitter, looming over the viewer from a stratospheric vantage, reveling in her command of our attention and dissidence in conforming to any one frequency of time, place, or standard of beauty.

Wise returns to the genre of still life through a similarly canted lens. A mirror table refracts a lush and sensuous composition of fruit, oysters, and cheese, linked together by a milky stream that runs across and seeps onto this feast. Here, the crystallization of a singular moment of bounty and wealth that the genre once propagated is undercut by the tension of time activated by the mirrored surface of the sculpture’s support, changing and moving according the subject’s vantage. With temporality rearing its head, the jewel-like offering becomes precarious, flirting with its inevitable souring and decomposing, allowing us to imagine the forming of an abject skin on the sculpture’s milky trail, a malodor rising within the room, a fruit turned to sludge, covered in a fuzzy self-defensive blanket.

A new a single-channel video work, featuring an original musical score by Wise and collaborators, follows this decentered impulse to depart from narrative, refusing to cohere in the neatness of metaphor. The video sees friends of the artist perform a desynchronized dance number in a public forum, wherein personal associations pair with an unbinding reality. The technical abilities of the dancers, who jaunt in lush green landscape, mix with relaxing beginner yoga poses found on YouTube tutorials. An original score and poetry by Wise, made-up of tweet-like snippets culled in social settings, point to the symbiotic and disjointed experience of living a media-heavy existence. Systems of reference congeal over the messiness of contemporary experience; this friction comes to the stand in for the ways we navigate the trickery and pleasure we take in consumption.
 
Loreta Lamargese


La Galerie Almine Rech a le plaisir de présenter la première exposition personnelle de l’artiste canadienne Chloe Wise, Of false beaches and butter money.

L’esthétique de Wise traverse et recoupe différentes pratiques, comprenant l’installation, la vidéo, la sculpture, la peinture et le dessin. L'artiste dévoile les liens entre la perception et l’amélioration de soi, la création d’une image et son authenticité, en explorant les manières dont nous nous adaptons au mercantilisme de tous les aspects de la vie contemporaine. La nourriture, au cœur d’associations inattendues, est un code que l’artiste utilise pour établir les relations protéiformes entre le bien-être, la consommation, les rapports de genre, ou tout autre moyen de jouissance.

Pour sa première exposition à Paris, l’artiste explore la poésie de la discordance entre les cultures visuelles et les systèmes, les produits et les individus qu’elles s’attachent à représenter. Dans le cadre de ce projet aux contours délibérément flous, l’artiste revisite l’iconographie du lait. D’images de jeunes femmes à des représentations de vaches féminisées et anthropomorphisées, en passant par l’abjection du corps maternel, elle transpose l’ensemble de ces propositions symboliques vers des champs improbables.

Le caractère inutile et nocif pour la santé qui est ici attribué à la fabrication de produits laitiers tranche avec l’idéal pastoral romantique au travers duquel ces mêmes produits sont disséminés. Ce contraste devient emblématique de la précarité de toute véracité, lorsqu’un élément particulier se substitue aux systèmes tout entiers.

Dans ses portraits, Wise représente des femmes assises posant avec des biens de consommation issus de l’industrie laitière. Ces compositions raffinées rappellent à l’esprit l’art du portrait bourgeois d’une époque révolue, tout en s’opposant à la rigidité des classes sociales que ces images affirmaient autrefois. L’instabilité est signifiée par le biais de curieuses associations, par exemple une bouteille d’Évian remplie de lait d’amande, ou encore l’imposante taille des modèles qui se dressent au-dessus du spectateur. Leur perspective stratosphérique commande notre attention et traduit une certaine forme d’autorité, ainsi qu’un refus de se conformer à tout standard de beauté dans un temps et un lieu donnés.

Wise revisite aussi le genre de la nature morte par le biais d’un détournement similaire. Une table en miroir réfléchit une composition sensuelle de fruits, d’huîtres et de fromages. Un ruisseau de lait coule et dégouline sur ce festin. La cristallisation d’un moment singulier d’abondance et d’opulence que ce genre artistique caractérisait autrefois est ici mise à mal par la surface réfléchissante du support de la sculpture : le miroir introduit une tension temporelle dans l’oeuvre, qui change selon le point de vue du spectateur. Avec le temps, la précieuse offrande est amenée à se précariser, à flirter avec son inévitable décomposition. On imagine la formation d’une peau abjecte sur la sculpture le long de la flaque de lait, une odeur nauséabonde imprégner la salle, ou encore un fruit pourrissant se recouvrir d’un manteau protecteur duveteux.

Enfin, Wise poursuit son élan à l’encontre du récit unique, son refus de la cohérence d’une seule métaphore, dans une nouvelle vidéo accompagnée d’une musique originale de l’artiste. Ses amis y performent en public un spectacle de danse désynchronisée. Alors qu’ils évoluent dans un paysage luxuriant, leurs mouvements se mêlent à des poses relaxantes de yoga pour débutants trouvées dans des tutoriels vidéo sur Youtube. Les paroles, des sortes de vers ou tweets poétiques composés de bribes de mots récupérés sur les réseaux sociaux, décrivent le caractère à la fois symbiotique et disloqué de l’expérience vécue dans le cadre d’une existence submergée par les médias. Les systèmes de référence se figent dans le désordre de la vie contemporaine ; cette friction en vient à définir les manières dont nous nous frayons un chemin dans la supercherie, et le plaisir que nous prenons dans la consommation.
 
Loreta Lamargese

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