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Rather Fear God

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Dream Object ('I was working on a landscape sculpture that was actually a big garbage pile of all the dream objects I'd done'¦'), 2007 Mixed Media Sculpture, Plexiglass Case 102 X 47 X 36,8 Cm 40 1/8 X 18 1/2 X 14 1/2 Inches (With Pedestal) © Courtesy of the Artist and Praz-Delavallade - Paris
Rather Fear God

5, rue des Haudriettes
75003 Paris
FR
April 2nd, 2016 - May 21st, 2016

QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.praz-delavallade.com
NEIGHBORHOOD:  
Other (outside main areas)
EMAIL:  
flavie@praz-delavallade.com
PHONE:  
+33 (0)1.45.86.20.00
OPEN HOURS:  
Tue-Sat 11-7

DESCRIPTION

Many of my art related dreams are a mocking commentary on the world and my place in it. This Dream Object, containing miniature versions of all the Dream Objects to date could be seen as a capstone to the project, or a sort of dare from my subconscious to actually grind out all those little things, or as a micromocking of things in themselves. The one new object in the pile is the figure of the Whore of Babylon astride the beast with seven heads and ten horns. This version was from a 1967 psychedelic Kelley/Mouse poster, (typically featuring an image from some decadent turn of the century Art nouveau painting) I had as a teenager, long before I knew anything of the Whore of Babylon. I have never found the original painting and don’t know who the artist was.

In Revelations, Babylon is closely tied to the material world, the buying and selling of things. That anti-materialist strain in Christianity (along with other religions) fights in my core being, as well as our culture, with the sheer inspired lunacy of our collective creativity, which manifests in a state of manic over productivity, the results of which are both thrilling and awful. There is a schism in my own relations to material objects (i.e. I collect/horde all kinds of vaguely useful stuff, mostly images, yet I find the pursuit of materiality a bit less disgusting than John The Revelator or Bin Laden do) that I think is a reflection of that in the culture at large (such as our love of big budget Hollywood films in which our attachment to material goods is derided or obliterated).

At the beginning of this Dream Object project, I envisioned a single show in which all the objects were piled in a gallery, like the detritus of a storm, surrounded by a series of comic panels based on the Jerry Lewis/Dean Martin movie Artists and Models in which Jerry’s dreams come true, which would become a story about Salvador Dali and his P.R. coming true to the detriment of his art, finally becoming an EC horror comic about a workaholic artist who continues to work in his dreams, finally a zombie/slave to his art, but as the years involved in the production wore on, this goal became unattainable, or perhaps I just thought the idea was weak. From one angle the sculpture is a different version of that pile concept, minus the comic/commentary; from another it’s like the salt cellar of Benvenuto Cellini, a little decorative object into which so much skill and energy has been thrust it confers a status on the emperor who possess its extravagance.


— Jim Shaw, June 2008



This last Fall, Jim Shaw had a major solo survey exhibition at the New Museum, New York: The End Is Here. His work has been shown extensively internationally and has been the subject of numerous publications and solo exhibitions, including Mass MOCA, North Adams; Centre Dürrenmatt, Neuchâtel; Chalet Society, Paris; Baltic Center for Contemporary Art, Gateshead; CAPC - Musée d’Art Contemporain, Bordeaux; MoMA PS1 Contemporary Art Center, Long Island; Le Magasin, Grenoble; Swiss Institute, New York; MAMCO, Geneva or ICA, London. He was also included in The Encyclopedic Palace exhibition at the 55th Venice Biennale in 2013. The artist’s work is in the permanent collections of the MoMA, Metropolitan Museum, Solomon R. Guggenheim Museum, New York; LACMA, Hammer Museum, Los Angeles; Walker Art Center, Minneapolis; CNAP/FNAC and Musée National d’Art Moderne, Paris among others. Shaw was born in Midland, Michigan
in 1952, received his BA from The University of Michigan, Ann Arbor and his MFA from CalArts. He currently lives and works in Los Angeles.


Bon nombre de mes rêves en lien avec l’art sont en fait un commentaire moqueur sur le monde et la place que j’y occupe. On pourrait considérer que ce Dream Object (objet rêve), qui se compose de minuscules versions de l’ensemble des Dream Objects précédents, représente l’apogée de la série ; ou bien que mon inconscient me met au défi de compresser toutes ces petites choses ; ou qu’il s’agit en fait d’une moquerie miniaturisée des objets eux-mêmes... Qui sait? La seule nouveauté dans cette pile d’objets est une figurine qui représente Babylone la Grande chevauchant la Bête à sept têtes et dix cornes. L’origine de cette version de la Grande prostituée se trouve dans une affiche psychédélique de Kelley et Mouse de 1967. Je l’avais ado, bien avant donc de savoir qui était Babylone la Grande et ce qu’elle représentait. En général, ces posters reprenaient des images du tournant du XXe siècle tirées de peintures décadentes du mouvement Art nouveau. Je n’ai jamais vu l’oeuvre originale et je ne connais même pas le nom de l’artiste.

Dans le Livre des Révélations, le personnage de Babylone la Grande est étroitement lié au monde matériel, à l’achat et la vente de biens. Cette composante anti-matérialiste qui sous-tend le christianisme (ainsi que d’autres religions) lutte au fond de moi-même, et dans notre culture, avec la pure folie débordante de nos inspirations, de notre créativité collective, qui se manifeste dans une surproduction frénétique dont les conséquences sont aussi passionnantes que terrifiantes. Il y a comme un schisme dans mes propres relations aux biens matériels : d’un côté je collectionne et j’entasse toutes sortes de trucs à l’utilité discutable (surtout des images) ; de l’autre, je trouve que la poursuite de biens matériels est répugnante, bien que je sois un peu moins extrême dans mes opinions que Jean de Patmos ou Oussama ben Laden. Je pense que cette tendance se retrouve dans la culture en général et par exemple dans notre goût pour les blockbusters hollywoodiens qui raillent ou oblitèrent notre attachement aux choses matérielles.

Au début de la série des Dream Objects, j’avais imaginé une seule et unique exposition dans laquelle j’aurais empilé l’ensemble des objets dans une galerie, comme les débris d’une tempête, mère de toutes les tempêtes. Tout autour, j’aurais mis une série de planches de BD inspirés du film Artistes et Modèles avec Jerry Lewis et Dean Martin, dans lequel les rêves de Jerry se réalisent. Cette histoire se serait transformée en une autre histoire, celle de Salvador Dali, de son chargé des relations publiques et de ses rêves qui se seraient réalisés avec des effets désastreux sur son art. Un peu comme une BD d’horreur des éditions EC Comics avec un artiste accro au boulot en personnage principal, tellement accro qu’il continue à travailler dans ses rêves et devient un zombie esclave de son art... Mais, au fil des ans, ce but est devenu inaccessible, ou peut-être trouvais-je l’idée un peu faible. D’une certaine façon, cette sculpture est une autre version de mon concept d’exposition original, sans les commentaires en forme de BD ; mais elle ressemble aussi à la salière de Benvenuto Cellini, ce petit objet décoratif dans lequel on a mis tant d’énergie et de savoir-faire qu’il confère à l’empereur qui la possède un peu de son extravagance.


— Jim Shaw, Juin 2008



Cet automne, Jim Shaw a investi les espaces du New Museum, New York à l’occasion d’une rétrospective majeure : The End Is Here. Son travail a fait l’objet de nombreuses publications et expositions monographiques au Mass MOCA, North Adams ; Centre Dürrenmatt, Neuchâtel ; Chalet Society, Paris ; Baltic Centre for Contemporary Art, Gateshead ; CAPC - Musée d’Art Contemporain, Bordeaux ; MoMA PS1 Contemporary Art Center, Long Island ; Le Magasin, Grenoble ; Swiss Institute, New York ; MAMCO, Genève ou l’ICA, Londres. Jim a également été inclus dans l’exposition The Encyclopedic Palace à la 55e Biennale de Venise en 2013. Ses oeuvres sont présentes dans de nombreuses collections privées et publiques dont le MoMA, Metropolitan Museum, Solomon R. Guggenheim Museum, New York ; LACMA, Hammer Museum, Los Angeles ; Walker Art Center, Minneapolis ; CNAP/FNAC et le Musée National d’Art Moderne, Paris entre autres. Shaw est né à Midland, Michigan en 1952, a obtenu son BA à l’University of Michigan, Ann Arbor et son MFA à CalArts. Il vit et travaille actuellement à Los Angeles.

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