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Shelters

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Shelters Exhibition View © Florian Kleinefenn. Courtesy of the artist and Galerie Chantal Crousel, Paris
Shelters

10 rue Charlot
75003 Paris
France
March 5th, 2016 - April 16th, 2016

QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.crousel.com
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
galerie@crousel.com
PHONE:  
+33 (0)1 42 77 38 87
OPEN HOURS:  
Tuesday-Saturday 11AM - 1PM / 2PM - 7PM

DESCRIPTION

Reading is a physical activity. Something bodies do with words. I want to make a space for that.
A space for words, a place to read.

I live like that, in words. To read a word you recite it, you write it in your voice, take it in your mouth and say it. Whatever words they are, they are your words for a second. Speak the sounds aloud like a child does, become a voice.

There are things I don’t want to read but I read them. I feel I need to. Like I’m responsible, it’s a sentence. I’m compelled to. To read is to confront the other, the author, feeling another person speak through me, not quite a choice. A reader’s a witness. Another voice that’s not mine, intimate bodily violence. A mind orgasm.

I want a space for that. That’s what I tried to do when I lived here, make a space for reading with other people. I want to contain it but I found that you can’t. I read while I’m walking, it’s a physical activity. Words make their own worlds.

What I can do is build a bookshelf. Word furniture. Reading benches. Ways to look at words, alone and with others. Mostly alone, though, the way we are when we’re reading, with another person’s thoughts.

I am now ready to write.

— Oscar Tuazon, 2016


Lire est une activité physique. Quelque chose que les corps font avec des mots. Je veux créer un espace dédié à cela. Un espace pour les mots, un endroit où lire.

Voilà comme je vis, au travers des mots. Pour lire un mot tu le récites, tu l’inscris dans ta voix, dans ta bouche, et tu le dis. Peu importe les mots, ils t’appartiennent le temps d’une seconde. Prononces les sons à voix haute comme le ferait un enfant, et incarnes cette voix.

Il est des choses que je ne veux pas lire mais je les lis. Je ressens le besoin de le faire. Comme si j’en étais responsable, c’est un prix à payer. Je me dois de le faire. Lire c’est affronter l’autre, l’auteur, sentir cet autre parler à travers moi, pas vraiment un choix. Un lecteur est un témoin.
Une autre voix qui ne m’appartient pas, une violence corporelle intime. Un orgasme de l’esprit.

Je veux un espace pour ça. Voilà ce que j’ai tenté de faire quand je vivais à Paris, créer un lieu pour y lire avec les autres. Je veux contenir ce besoin mais j’ai réalisé que c’était impossible. Je lis en marchant, c’est une activité physique. Les mots créent leurs propres mondes.

Ce que je suis en mesure de faire c’est fabriquer des étagères. Des meubles de mots. Des bancs
de lecture. Des façons de regarder les mots, seul, ou avec les autres. La plupart du temps seul, tout en étant dans l’intimité des pensées de quelqu’un.

Je suis maintenant prêt à écrire.

— Oscar Tuazon, 2016