Bigindicator

Hours

Event  |  Reviews  |  Comments
20160225173423-unnamed__8_
Looking, 2015 Acrylic On Canvas 122 X 183 Cm. © Brian Calvin - Courtesy of the artist and Almine Rech Gallery
Hours

64 rue de Turenne
75003 Paris
FR
March 3rd, 2016 - April 12th, 2016
Opening: March 3rd, 2016 6:00 PM - 8:00 PM

QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.galeriealminerech.com
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
contact.paris@alminerech.com
PHONE:  
+33 1 45 83 71 90
OPEN HOURS:  
Tue-Sat 11-7
TAGS:  
painting

DESCRIPTION

“The vice called surrealism is the immoderate and passionate use of the drug which is the image.” (Louis Aragon)


Imagine an exhibition with paintings of  in Paris and during the opening one would follow bits of conversations between guests coming from different worlds. Philip Guston for instance, would explain to Louis Aragon how we inherited ‘back in the future’ the myth of abstract art: “There is something ridiculous and miserly in the fact that painting is autonomous, pure and for itself. Painting is ‘impure’. It is the adjustment of ‘impurities’ which forces its continuity. We are image-makers and image-ridden.” Aragon would agree with the last words, smile and walk further. A number of small paintings with lips, entitled Mouthfeel, caught his eye.

One thousands miles of waves of suns further and looking at the new paintings of Brian Calvin feels both strange and familiar at the same time. First about the strangeness, maybe, because we see the sun revolving around the earth but we know the opposite is true. We see first, but we see ‘twin infinitives’ walking through the exhibition space and gazing at his paintings. Eyes look at us, they follow our gaze going from painting to painting. We relate to what we see. The thinking and the words come later: we know these acrylic painted eyes can’t look at us.

I will try to explain this in another way: we see the multiplication of figures, eyes and lips on the canvases, but they always feel – even when seen together – like infinitive. This strangeness is reinforced because of what seems to be an undetermined number of twins. Are you still following? I will move to the familiarity right away. We are looking at the compositions of Brian Calvin and I can actually quite agree with the comment that painting is a conversation and therefore definitely not a monologue. A painting is never closed. You can always ‘plunge into’ a painting over and over again. Nothing stops you from carrying on thinking about a painting, continuing the course of the ‘thinking hand’. You can hold a private conversation with a painting. Again and again, the painter and the viewer are twins in an undetermined way.

Brian Calvin’s painted world is familiar because it speaks to different generations at the same time. There’s a painterly affiliation with the so-called flatness of form in Alex Katz’s research, together with a Warholian legacy of image making. It’s also possible to relate to another mindset and have lo-fi music sounds guiding you through his painted representations. Thirty, forty, fifty years of music resonating in one painted detail for instance. Look at the fingers or the cigarettes, the ‘gloss’ on the lips: is it a still-life, or is it you driving on the highway and listening to the radio? Recently, I saw a youngster staying more than one hour in a Brian Calvin exhibition. Walking around, alone, looking in a concentrated way at each painting. Maybe he related to the fact that the paintings and himself too have become image-ridden, image-makers in the 21th century?
You are guided by images walking through an exhibition of Brian Calvin. You are trying to recapture something and at the same moment encounter a specific transformation.
That’s because we can all relate to the concentration on the object that is transformed on the canvas. Maybe that’s part of the so-called thingness of images?

One example: look at the painted buttons on the new paintings, the uniqueness of each one of them. A button is fashion, but it’s also a circle, it’s another circle, and another circle, together with another circle and another circle. Twin infinitives? Yes, I agree. To paint.


Phillip Van den Bossche


"Le vice appelé surréalisme est l‘emploi déréglé et passionnel du stupéfiant image". (Louis Aragon)


Imaginez, lors du vernissage de Brian Calvin à Paris, surprendre des bribes de conversations entre les invités venus pour l’occasion d’univers différents. Philip Guston par exemple expliquerait à Louis Aragon comment « à l’époque du futur » nous avons hérité du mythe de l’art abstrait : « il y a quelque chose de ridicule et de misérable dans le fait que la peinture soit autonome, pure et réalisée pour elle-même. Au contraire, elle est "impure". C’est l’ajustement de ces "impuretés“ qui en force la continuité. Nous fabriquons des images et les images nous remplissent ». Sur quoi Aragon acquiescerait d’un sourire avant de poursuivre son chemin. Les lèvres représentées sur l’ensemble des petites toiles intitulé Mouthfeel capteraient son attention.

Des kilomètres de rayons de soleil déferlent par vagues et face aux nouvelles toiles de Brian Calvin naît l’impression d’observer quelque chose d’à la fois étranger et familier. D’abord un sentiment d’étrangeté, peut-être, car après tout nous voyons le soleil tourner autour de la terre même si nous savons que l’inverse est vrai. Nous commençons par voir, mais ce que nous voyons, c’est ce que j‘appellerais des « twin infinitives » (gémellité infinie), traversant l’espace d’exposition, pénétrant les oeuvres. Des yeux nous scrutent et suivent notre regard allant de toile en toile. Nous nous identifions à ce que nous voyons. Le raisonnement et les mots n’arrivent qu’après coup ; nous savons que ces yeux d’acrylique ne peuvent nous regarder.

J’essaierais de l’expliquer autrement : nous constatons la multiplication des silhouettes, des yeux et des lèvres, mais ces derniers paraissent toujours – même pris dans leur ensemble – démultipliés à l’infini. L’étrangeté semble renforcée par la présence de ces jumeaux en nombre indéterminé. Vous me suivez toujours? Je poursuis maintenant avec ce sentiment de familiarité. Etudiant les compositions de Brian Calvin, je suis tout à fait d’accord pour dire que la peinture est une conversation et qu’elle n’a donc assurément rien d’un monologue. Une toile n’est jamais fermée. Il est toujours possible de « se plonger dedans », encore et encore. Rien ne vous empêche de prolonger votre réflexion, de poursuivre le cours de la « main pensante ». Vous pouvez avoir une conversation privée avec une toile. Encore et toujours, le peintre et le spectateur sont jumeaux, dans un sens qu’il reste à définir.

L’univers de Brian Calvin a ainsi quelque chose de familier car il parle simultanément à différentes générations. Il témoigne d’une affiliation à la prétendue platitude de la forme présente dans la recherche picturale d’Alex Katz, ainsi qu’à un certain héritage warholien dans le processus de création de l’image. D’autres rapprochements sont possibles, laissez les notes d’une chanson lo-fi vous guider parmi ses représentations. Trente, quarante, cinquante ans de musique résonneront par exemple dans un détail. Regardez les doigts ou les cigarettes, le gloss sur les lèvres : est-ce une nature morte, ou est-ce vous au volant d’une voiture sur l’autoroute, la radio allumée ? Récemment, j’ai vu un jeune homme passer plus d’une heure dans une exposition de Brian Calvin. Il était seul et regardait chaque toile avec beaucoup d’attention. Peut-être se sentait-il touché par le fait qu’en ce 21ème siècle les peintures et lui-même devenaient des monteurs d’images, des faiseurs d’images?

En parcourant une exposition de Brian Calvin, vous êtes guidés par les images.
Vous tentez de revivre quelque chose et en même temps vous expérimentez une
transformation concrète. Parce que l’on peut tous se remémorer le fait de se concentrer sur un objet en train de se transformer sur la toile. Peut-être est-ce cela la dénommée « choséité » des images ?
Un exemple : dans les nouvelles toiles, attardez vous sur la composition des boutons, sur leur singularité. Un bouton, c’est d’abord l’expression d’une mode, mais c’est aussi un cercle, un autre cercle puis un autre cercle qui amène un autre cercle et encore un autre cercle. Des « twin infinitives » ? Oui, je suis d’accord. Peindre.


Phillip Van den Bossche

ArtSlant has shutdown. The website is currently running in a view-only mode to allow archiving of the content.

The website will be permanently closed shortly, so please retrieve any content you wish to save.