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Waltz

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Wayfaring, 2015 Oil Enamel On Canvas Over Ester Foam 121,9 X 198,1 X 20,3 Cm © Justin Adian - Courtesy of the artist and Almine Rech Gallery
Waltz

64 rue de Turenne
75003 Paris
FR
January 9th, 2016 - February 27th, 2016
Opening: January 9th, 2016 6:00 PM - 8:00 PM

QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.galeriealminerech.com
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
contact.paris@alminerech.com
PHONE:  
+33 1 45 83 71 90
OPEN HOURS:  
Tue-Sat 11-7
TAGS:  
painting, sculpture

DESCRIPTION

Uncertain Evidence

Paintings, sculptures? Objects, ceramics? Justin Adian’s works, presented for the first time in a solo exhibition in France, are difficult to define at first glance. It takes a moment before you can read past their apparent ambiguity.Whether  they  look  like  marouflage  paintings,  volumes  hung  on  a  wall,  or  delicious, abstract, dynamic works, the pieces that Justin Adian creates joyfully communicate a “can-do“ spirit. And in fact, the artist spends long hours in the studio, composing and recomposing, constructing, deconstructing, reconstructing, bringing several forces into play. These misleadingly soft shapes, made initially from cushions pressed into chassis, are then covered with stretched canvas. Naturally, in line with the tradition of American sculpture, they recall the works of Robert Morris, Richard Tuttle, Lynda Benglis, but also Franz West and even Eva Hesse. Dancing and active, they also conjure up Ellsworth Kelly‘s paintings. However, if you look closely, you can sense a tension and a direction within the composition. And Justin Adian accentuates it in the way that he hangs and displays them. “I generally start with drawings to get an overall idea of the structure. My work, though, springs fro m a rather organic process that gives me freedom in assembling the various pieces. When I bring these elements together, I accept whichever way they position themselves. Afterwards, I move on to the painting stage, painting each object individually as a surface.“

His compositional research hints at Lyubov Popova and Kazimir Malevich. And while Justin Adian told us that his art history classes did indeed cover these giants, for him they are more affinities than direct influences. He has great admiration for Malevich‘s Black Square. And like Malevich, he too works with the invisible space between his “objects“.

The word object is indeed one that Justin Adian frequently uses, even if his favorite phrase for working is the one devoted to painting. And so, a piece may receive anywhere from four to seven layers to give it transparence and depth. Sometimes he may give a piece crackled finish for a ceramic look. This gives rise to other ambiguities to be chased in reading his work: a tension coupled with a delicacy, if not to say fragility. We can anachronistically imagine him at work in his Brooklyn studio, busying himself like a medieval goldsmith.

Although the term is a rarity in today’s language of contemporary art,  Justin Adian literally “delights” in perfecting his surfaces and compares his various layers to makeup and cosmetics. He says, “It makes me feel like I’m actually creating skin. While other paintings may suggest landscapes, particularly the horizontal ones, my own work is actually different, in a hidden way. It’s fairly narrative because it has all these stories that I tell myself.”

Some of the titles of his oldest pieces were rather amusing and gave them an off-beat flavor. Similarly, his use of industrial paint with an occasional additional layer of spray paint to heighten the sheen distances him from the caricatured gestures of painters. He is very physical with his work, particularly the largest pieces: stretching the canvas, standing back to gaze at it from a distance, then moving up close to it.

In this first showing ever of his ensemble of new works titled Waltz, new shapes spring to life as if inspired by musical notes, or as the fan of rock and punk music puts it, “from some other type of language”. Playing off each other as well as the space in the gallery and the visitor’s gaze, in the end, they make up a score just waiting to be played.

—Marie Maertens


L‘incertaine évidence

Peintures, sculptures ? Objets, céramiques ? Les travaux de Justin Adian, présentés pour la première fois en solo show en France, troublent dans la définition de leur perception, avant qu’une lecture plus approfondie en livre une liberté d’interprétation à l’ambiguïté assumée.

Qu’elles se donnent à voir comme des peintures marouflées, des volumes posés au mur, des œuvres gourmandes, abstraites ou dynamiques, les pièces de Justin Adian dégagent une impression immédiate de jouissance dans le « faire ». D’ailleurs, il avoue passer des heures à l’atelier, à composer et recomposer. Construire, déconstruire et reconstruire, faisant entrer en scène plusieurs jeux de force. Ces formes faussement molles, constituées au départ de coussins compressés dans des châssis, sont ensuite recouvertes d’une toile étirée. Elles évoquent, dans la tradition de la sculpture américaine, bien évidemment celle de Robert Morris, Richard Tuttle, Lynda Benglis, mais aussi Franz West ou Eva Hesse. Dansantes et actives, elles convoquent encore les toiles d’Ellsworth Kelly. Mais à les regarder attentivement, on y décèle une tension et un sens de la composition, que Justin Adian accentue dans la mise en espace de ses accrochages.

« Je débute en général par des dessins qui me donnent une idée globale de la structure. Mais mon travail s’inscrit dans un procédé assez organique m’octroyant la liberté d’un assemblage qui peut être évolutif par rapport à la conception de départ. Quand je lie les éléments, j’accepte les changements qui peuvent survenir, avant de passer à la peinture de chaque objet, traité individuellement comme une surface. »

Au sein de cette recherche de la composition, l’on songe alors à Lioubov Popova et Kasimir Malevitch. Pour Justin Adian, même s’il concède que ces références en histoire de l’art remontent à ses années d’étude et qu’il s’agit davantage d’affinités que d’influences directes, il avoue admirer sans réserve l’auteur du Carré Noir sur fond blanc et, comme Malevitch, recrée une notion d’espace invisible entre ses « objets ».

Le mot objet est en effet celui que Justin Adian emploie souvent, même si sa phase favorite du travail est celle consacrée à la peinture. Ainsi, de quatre à sept couches peuvent recouvrir chaque pièce, apportant de la transparence et de la profondeur, de même qu’une finition parfois craquelée renvoyant à l’apparence de la céramique. De là, naît une des autres ambiguïtés dans la lecture de ce travail : une tension qui s’accompagne d’une grande délicatesse, voire de fragilité. Et on l’imagine, de manière totalement anachronique, dans son atelier de Brooklyn oeuvrant tel un orfèvre médiéviste.

Même si le terme n’est plus usité dans le langage de l’art contemporain, Justin Adian
« se délecte » littéralement à parfaire ses surfaces et compare ses différentes couches à du maquillage et de la cosmétique. « Cela me donne l’impression de réaliser de la peau. Quand d’autres toiles m’évoquent parfois l’idée d’un paysage, particulièrement pour les œuvres horizontales, car mon travail est en réalité, même de manière dissimulée, assez narratif et part des nombreuses histoires que je me raconte. »

Dans ses œuvres plus anciennes, certains titres conféraient une dimension humoristique qui leur apportait un décalage, de même que l’emploi de la peinture industrielle, et parfois l’ajout de spray pour intensifier la brillance, l’éloigne du geste trop caricatural du peintre. D’un travail physique, notamment dans les grands formats, quand il étire sa toile, il s’éloigne, prend du recul, puis revient au plus près de son œuvre.

Pour cet ensemble inédit présenté à la galerie Almine Rech, intitulé Waltz, il donne naissance à des formes nouvelles, inspirées de notes musicales, ou comme le précise cet amateur de sons rocks et punks, « d’un autre type de langage ». Jouant entre elles, puis avec l’espace du lieu et celui du regardeur, elles reconstituent au final une partition encore inexpérimentée.

—Marie Maertens

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