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DANS UN INTÉRIEUR MEUBLES, ŒUVRES, MURALES & TEXTILES D’ARTISTES

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© Courtesy of Galerie Almine Rech
DANS UN INTÉRIEUR MEUBLES, ŒUVRES, MURALES & TEXTILES D’ARTISTES

64 rue de Turenne
75003 Paris
FR
September 6th, 2014 - October 11th, 2014

QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.galeriealminerech.com
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
contact.paris@alminerech.com
PHONE:  
+33 1 45 83 71 90
OPEN HOURS:  
Tue-Sat 11-7
TAGS:  
furniture, objects, installation

DESCRIPTION

Que se passe-t-il lorsque l’oeuvre d’art bascule du côté de l’usage, lorsque la sculpture lorgne du côté du mobilier, que l’image investit non pas le tableau mais la tenture ou le tapis ?

Cette exposition met en perspective la façon dont bon nombre d’artistes déjouent les catégories, et questionnent la limite poreuse supposée séparer l’art, des arts décoratifs en réintroduisant la notion de domesticité dans leur réflexion.

Ces travaux, souvent considérées comme se situant à la marge de la pratique artistique, révèlent cependant d’autres enjeux… Le plus évident de ces enjeux consistant à attribuer à l’objet une fonction qui va au-delà de la beauté et du contenu.

Ce souci de dialogue entre forme et fonction traverse l’histoire, ravivé à la fin du XIX° siècle par le mouvement des Arts and Crafts de William Morris et John Ruskin, puis quelques années plus tard par l’Art Nouveau qui exprime cet idéal de « Beau dans l’utile ». Ce même objectif est mis en exergue durant les années 1920-30 par les mouvements d’avant garde que sont le Bauhaus ou De Stijl, avant d’être de nouveau occulté. Durant tout le XX° siècle, cette question du lien ou de la rupture entre l’art et les arts décoratifs fait débat, tout comme font débat par ailleurs les éventuelles vertus « décoratives » de l’oeuvre d’art. De leur côté, les designers soulignent cette possible perméabilité entre mobilier et sculpture, en signant des créations dont la fonctionnalité s’efface derrière la forme, et/ou en produisant de plus en plus souvent des séries limitées, voire parfois des pièces uniques.

Aujourd’hui, ce cloisonnement supposé entre ce qui relèverait de l’art et ce qui a longtemps été regardé comme un art mineur tend à disparaître. Cette relecture est provoquée par des artistes qui renouent avec le dialogue entre forme et fonction, en introduisant dans leur pratique des matériaux habituellement destinés à la création d’objets domestiques ou à l’artisanat. Ainsi céramique, laine, textile, verre, matériaux recyclés, sont ils à présent partie intégrante du langage plastique contemporain.

Ces matériaux induisent des techniques et des gestes longtemps réservés à l’artisanat d’art, ou aux ouvrages minutieux des femmes (du mythe de Pénélope attendant le retour d’Ulysse, aux travaux d’aiguille des religieuses à l’abri des murs des couvents, ou aux tricots et autres broderies, considérés comme des passe-temps féminins). Ce retour à la « fabrication » manuelle, cette implication dans un travail d’atelier réclamant temps et attention semble motiver le choix de certains artistes. Cette attitude, loin d’être régressive, peut être vue comme une réponse aux productions d’oeuvres spectaculaires dont la perfection et la sophistication technique efface toute trace d’intervention manuelle, décourage toute forme d’émotion. Ces productions d’apparences plus modestes tolèrent les éventuelles imperfections, irrégularités, aspérités qui non seulement en font la singularité, mais expriment aussi une forme de poésie et une proximité avec celui ou celle qui les regarde ou les utilise. Par ailleurs, ces pièces « fonctionnelles » interrogent parfois une relation au corps. Le spectateur devenu un utilisateur est invité à toucher, bouger, s’asseoir, se déplacer, expérimenter l’objet, tout en l’appréciant pour ce qu’il est : une oeuvre d’art ( pièce unique ou réalisée en série limitée ).

Parfois, le dispositif produit par l’artiste crée un flottement né du brouillage des codes, notamment lorsqu’il confronte un objet utilitaire préexistant à son propre travail. Ce même trouble opère lorsque le geste du peintre investit d’autres supports comme le tapis ou la tapisserie. Ces pratiques évoquent autant les formes hybrides que peut emprunter la peinture que le regard que nous portons sur des oeuvres qui échappent aux catégories.

Dans sa diversité, l’exposition pose un regard contemporain sur la création au sens le plus large du terme. Elle joue aussi librement avec l’idée d’une installation domestique qui a plus à voir avec l’appartement de l’amateur qu’avec le white cube qu’est la galerie.

Françoise-Claire Prodhon

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What happens when a work of art also presents a functional purpose, when a sculpture serves as a piece of furniture, when a picture is painted, not on canvas, but on a curtain or carpet?

This exhibition puts into perspective the way in which many artists eschew categories and question the porous boundary that is meant to separate fine art from the decorative arts by reintroducing the notion of domesticity in their reflection.

These works – often considered as belonging in the margins of artistic practice – reveal other stakes, however. The most obvious of these consists in attributing to the object a function that goes beyond beauty or content.

This interest in the dialogue between form and function is present throughout history. It was revived in the late nineteenth century by the Arts and Crafts movement of William

Morris and John Ruskin, and some years later by Art Nouveau, which gave shape to this ideal of ‘beautiful and useful’ creations. This same objective was put forward in the 1920s and 1930s by avant-garde movements like Bauhaus and De Stijl, before once more losing in importance. Throughout the twentieth century, the question of the closeness or distance between fine art and the decorative arts has been hotly debated, just as, for that matter, the potential ‘decorative’ virtues of the work of art. For their part, designers stress this possible permeability between furniture and sculpture by creating pieces whose functionality vanishes behind form, and/or by increasingly producing limited series, and sometimes even unique pieces.

Today the presumed barrier between what allegedly falls under art and what has long been considered a minor art is gradually fading away. This change in perspective has been brought about by artists that have rekindled the dialogue between form and function by introducing in their practice materials that are generally used in the creation of domestic objects or craftwork. Thus, ceramic, wool, textile, glass and recycled materials, among others, are now an integral part of the contemporary language of the visual arts.

These materials induce techniques and gestures that have long been reserved for artistic craftwork or for the painstaking creations of women (from the myth of Penelope waiting for the return of Ulysses to the needlework of nuns behind convent walls or to knitting and embroidery, considered as feminine pastimes). This return to manual ‘fabrication’, this involvement in the practice of a craft requiring time and attention seems to steer the choice of some artists. Far from being regressive, this attitude can be seen as a response to the production of spectacular works whose technical perfection and sophistication erase any trace of manual intervention and discourage any form of emotion. More modest in appearance, these productions tolerate potential imperfections, irregularities, flaws that not only define their singularity, but also express a certain poetry and a proximity to those who contemplate them or make use of them. Moreover, these ‘functional’ pieces sometimes raise questions in relation to the body. The viewer-turned-user is invited to touch, move, sit on and experiment the object, while appreciating it for what it is, i.e., a work of art (whether it is a unique piece or is produced in a limited series).

At times the object created by the artist will generate a certain confusion born of the blurring of codes, notably when the artist confronts a pre-existing functional artefact with his own work. The same uncertainty occurs when paint is applied to a support other than a canvas, such as a carpet or a tapestry. These practices are as much evocative of the hybrid forms that painting can take as of the way in which we look at works that escape easy categorization.

In its diversity, the exhibition offers a contemporary outlook on creation in the broadest sense of the term. It also plays freely with the idea of a domestic installation that has more to do with the apartment of an amateur than the white cube that is the gallery.

Françoise-Claire Prodhon

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