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Victory Gardens

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© Courtesy of the artist and Praz-Delavallade - Paris
Victory Gardens

5, rue des Haudriettes
75003 Paris
FR
June 25th, 2011 - July 23rd, 2011

QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.praz-delavallade.com
NEIGHBORHOOD:  
Other (outside main areas)
EMAIL:  
flavie@praz-delavallade.com
PHONE:  
+33 (0)1.45.86.20.00
OPEN HOURS:  
Tue-Sat 11-7
TAGS:  
installation, sculpture

DESCRIPTION

Amy O’Neill’s most recent sculpture and installation work, “Victory Gardens” refer back to the war effort in World Wars I and II, in which American and English citizens were urged to plant vegetable gardens to put food on their tables, and to instill, particularly among children, a work-ethic and the kind of patriotism that was seen as essential to the times. Among the vintage images related to these gardens that have been collected by the artist, many show smiling, wholesome young girls posing with the fruits of their labor, casting them not only as future homemakers but as mothers. Propaganda posters were printed with slogans like: “Sow the seeds of Victory - Every Garden a Munition Plant”. The “seeds of Victory” can also be thought to refer to procreation, and the original garden is, of course, the one from which we all supposedly emerged: God and country.

O’Neill’s “gardens” have the structure of American flags, connecting them to the deconstructed flags that she produced in 2008-2009, and which comprised in large part her exhibition, “Pilgrim Motel”. Those flags, collectively titled “Deconstructing Thirteen Stripes and a Rectangle”, appear tattered, and battle-torn, signs of valiant efforts to defend liberty. As the flag configuration appears in the Victory Garden works, it is composed of narrow bands of burlap bags filled with sand. They are thus also sandbags, having strong associations with battlefield protection and the trench warfare of World War I, as well as with retaining walls constructed in times of fooding, mean to shore up riverbanks and leeves. But there is the possibility that in wrapping oneself in patriotism, there is also a burying of one’s head in the sand, metaphorically refusing to see things for what they are, to face the facts. These works have been produced in different sizes, mostly in scale to the kinds of flags that are displayed in front of American homes. With their flag configurations, and the way that the pieces sit low or prone to the ground, these works have to be seen as anti-monuments. Made in a time of war, and with the prospect of perpetual conflicts around the globe, O’Neill’s symbolic gardens are more fallow than bountiful, watched over by a scarecrow that has nothing to protect, mute and standing guard in an empty field.

O’Neill’s newest works arrive at a juncture of both resignation and hope. 2011 finds her metaphorically planting “Victory gardens” in galleries and in exhibitions, her “Service on the Home Front”. With the passage of time, one is able to see how her thematic concerns, her subject matter, and her own personal history are all interwoven - a process for which she offers reciprocal images: the flag unraveled and the titled earth of the garden. O’Neill is a storyteller of sorts, and while her cast of characters and locations are for the most part amusing and light-hearted, her view has always been shaded in darker tones. In O’Neill’s world there is no sentimental longing for the past, rather, she reminds us that while never truly reconciled, the presence of the past is always with us, and haunts us, a lens through which we are able to view the circumstances in which we find ourselves today. Amy O’Neill is an artist whose project is both in, and against, the American grain.

Bob Nickas, 2011


Le travail le plus récent d’Amy O’Neill, “Victory Gardens”, qui allie l’installation et la sculpture, se réfère aux efforts de guerre pendant les deux Guerres mondiales. On demandait alors aux citoyens américains et anglais de planter des jardins potagers afin d’assurer leur subsistance et d’inculquer tout particulièrement aux enfants une éthique du travail et une forme de patriotisme jugée essentielle. Parmi les images d’époque de ces jardins que l’artiste a rassemblées, plusieurs montrent des jeunes filles souriantes respirant la santé et posant avec les fruits de leur labeur. Elles sont présentées non seulement comme de futures ménagères, mais aussi comme des mères à venir. Les affiches de propagande de l’époque portent des slogans comme : “Semez les graines de la Victoire - Chaque potager est une usine de munitions”. Les “graines de Victoire” font penser à la procréation et au jardin originel, dont nous sommes tous censés être issus : Dieu et le pays.

Les “jardins” d’O’Neill empruntent leur structure au drapeau américain, une caractéristique qu’ils partagent avec les drapeaux déconstruits produits par l’artiste en 2008-2009 qui formaient une grande partie de son exposition, “Pilgrim Motel”. Ces drapeaux, au titre générique de “Deconstructing Thirteen Stripes and a Rectangle”, apparaissent en lambeaux, comme déchirés par les batailles, portant les traces de vaillants efforts pour défendre la liberté. Dans les oeuvres de Victory Gardens, la configuration en drapeau est composée d’étroites bandes de sacs de jute remplies de sable. Ce sont donc des sacs de sable autant que des drapeaux. Les sacs évoquent de manière appuyée les protections de champs de bataille et la guerre des tranchées de la Première Guerre mondiale, ainsi que les digues de fortune construites pendant les inondations afin de renforcer les rives et les barrages. Mais n’oublions pas que se draper dans le patriotisme peut aussi revenir à s’enterrer la tête dans le sable, donc métaphoriquement à refuser de voir les choses telles qu’elles sont et d’affronter les faits. Ces oeuvres ont été produites en différentes dimensions; la plupart correspondent à la taille des drapeaux flottant sur les maisons américaines.
Avec leurs configurations en drapeau et leur disposition basse ou sur le sol, ces oeuvres sont à considérer comme des anti-monuments. Créés en temps de guerre, et face à la perspective de conflits perpétuels de par le monde, les jardins symboliques d’O’Neill apparaissent plus comme en jachère que fertiles. Un épouvantail silencieux les surveille. Il monte la garde dans un champ vide où rien n’est à protéger.

Les toutes dernières oeuvres d’O’Neill font se rejoindre résignation et espoir. 2011 la trouve en train de planter, métaphoriquement parlé, des “Jardins de Victoire” dans des galeries et des expositions, accomplissant en quelque sorte son “service sur le front domestique”. Avec les années, on peut voir comment ses préoccupations thématiques, ses sujets et son histoire personnelle s’entrelacent - un processus illustré par des images réciproques: le drapeau déchiré et la terre labourée du jardin. O’Neill est une sorte de conteuse. Bien que les  personnages et les lieux qu’elle nous décrit sont le plus souvent amusants et légers, sa vision a sa part d’ombre. Dans son monde, il n’y a pas de place pour la nostalgie sentimentale du passé. Elle nous rappelle plutôt que le passé, même s’il peut se réconcilier avec le présent, reste en nous et nous hante. Le passé est une lentille qui nous permet d’observer les situations dans lesquelles nous nous trouvons. Amy O’Neill est une artiste dont le projet s’inscrit à la fois dans et à contre-courant de la pensée américaine.

Bob Nickas, 2011 translation by Christophe Cherix

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