Bigindicator

Funérailles juives, un chef-d’oeuvre d’Alessandro Magnasco

Event  |  Reviews  |  Comments
20110303181959-005--3
Les Funérailles juives, 1730 © Courtesy of Musée d'art et d'histoire du judaïsme
Funérailles juives, un chef-d’oeuvre d’Alessandro Magnasco

71 rue du Temple
75003 Paris
FR
January 20th, 2011 - April 24th, 2011

QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.mahj.org
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
info@mahj.org
PHONE:  
+33 (0) 1 53 01 86 53
OPEN HOURS:  
Mon-Tue, Thu-Fri 11-6; Wed 11-9; Sun 10-6

DESCRIPTION

Grâce à un important mécénat, le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme accueille
une peinture d’AlessandroMagnasco (Gênes, 1667-1749) du début des années
1730, Funérailles juives. Exceptionnelle tant par la qualité de sa facture que par
la rareté absolue de son sujet, cette toile, classée «oeuvre d’intérêt patrimonial
majeur» par la Commission des trésors nationaux, constitue un remarquable
enrichissement pour la présentation permanente du MAHJ.
Intensément dramatique, la composition est marquée par la ligne d’horizon
séparant le cimetière, en proie à une grande agitation, des cieux sombres ; elle
s’organise autour de figures colorées, aux attitudes démonstratives : fossoyeurs,
endeuillés et hommes en prière, émergeant des monuments funéraires et des
sépultures.

Autour de ce chef-d’oeuvre seront exposées des peintures de Magnasco ayant pu
former une série avec ces Funérailles juives, et aujourd’hui conservées dans des
musées ou des collections privées. D’autres représentations de la vie juive ou des
synagogues en Italie, dont une peinture appartenant au Musée juif de Cavaillon,
figurent aussi dans l’accrochage.

Si Alessandro Magnasco naît à Gênes, c’est à Milan, où il résidera globalement
jusqu’en 1735, qu’il effectue sa formation, auprès de Filippo Abbiati. Il se fait
connaître comme spécialiste en « petites illustrations » pour des scènes sacrées,
mythologiques ou pastorales, et collabore avec Antonio Francesco Peruzzini,
Clemente Spera, ou encore Carlo Antonio Tavella. Son premier biographe, Carlo
Giuseppe Ratti, raconte que Magnasco exécuta, pour le gouverneur autrichien de
la Lombardie, un Prêche des juifs dans la synagogue de Livourne et un Intérieur
de la cathédrale de Milan, formant pendants, et qu’à sa mort il travaillait à une
scuola degli ebrei – une synagogue des juifs.

Les thèmes juifs, par leur pittoresque, suscitent l’intérêt des artistes, depuis le
XVIIe siècle aux Pays-Bas, puis en Italie, où la présence juive et la création des
ghettos, à Venise en particulier, font naître des nouveaux sujets dans la peinture
de genre. L’intérêt deMagnasco pour les sujets juifs repose-t-il sur les idées des
Lumières ou sur une volonté d’embrasser dans son art, d’une façon quasi encyclopédique,
les rites des différentes religions, dans un souci de tolérance, à la
manière de Bernard Picart, auteur d’un ouvrage fameux publié à Amsterdam en
1723 et largement diffusé ? Peut-on penser que les juifs, du fait de leur statut de
marginaux, rejoignent les gueux, bohémiens, prisonniers et galériens qui peuplent
les toiles du maître ? Ne doit-on pas, au contraire, pointer la causticité du pinceau
de Magnasco, fustigeant les superstitions et l’obscurantisme ? Quoi qu’il en soit,
cette peinture admirable révèle un regard nouveau, nourri par les Lumières, sur
une population qui va occuper une place grandissante dans l’Europe moderne.
Chambre du Duc, 1er étage

ArtSlant has shutdown. The website is currently running in a view-only mode to allow archiving of the content.

The website will be permanently closed shortly, so please retrieve any content you wish to save.