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Paris

Galerie Eva Hober

Exhibition Detail
Sic Transit Gloria Mundi
35 - 37, rue Chapon
75003 Paris
France


March 20th, 2010 - May 7th, 2010
Opening: 
March 20th, 2010 4:00 PM - 9:00 PM
 
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© Courtesy of Galerie Eva Hober
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© Courtesy of Galerie Eva Hober
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© Courtesy of Galerie Eva Hober
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© Courtesy of Galerie Eva Hober
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> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.evahober.com
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
galerie@evahober.com
PHONE:  
+ 33 (0) 6 25 48 02 12
OPEN HOURS:  
Tue - Sat 11-7pm
> DESCRIPTION

Ce siècle qui a dix ans est celui des tours effondrées, des guerres justes et chirurgicales, des kamikazes aveugles, des civils qui paient le prix fort, des traversées et des accostages aléatoires, des charters menottés, des retours à la case départ, des démocraties qui glissent doucement, du populisme triomphant… Contre tout cela, l’art sait qu’il ne peut fondamentalement rien, et il convient de se méfier des preux chevaliers blancs qui, pratiquant l’engagement ostentatoire et le trafic d’indulgences, s’offrent de vous fournir une conscience politique à bon compte, de loin et proprement. Contre le mal, l’art est impuissant, mais devrait-il pour autant feindre de ne rien voir ni entendre de notre sombre époque et se retourner narcissiquement sur lui-même, répétant à l’infini les hauts faits des héros d’hier afin de plaire aux aînés et leur faire croire que leur passé est notre avenir ? J’ai le sentiment que, dans son essence, notre époque n’est pas celle du néo-conceptualisme ou du néo-minimalisme. Entre les engagés de salons feutrés et les bons élèves, il doit bien exister une troisième solution.


Sic Transit Gloria Mundi est un drame en quatre tableaux. Quatre artistes – quatre peintres – en sont les acteurs. Gregory Forstner, Axel Pahlavi, Stéphane Pencréac’h et Ronald Ophuis ne se font sans doute aucune illusion sur l’avenir du monde, dont ils observent les évolutions sans jugement moral, globalement sans optimisme ni pessimisme. Ils savent en effet que ce qui est arrivé arrivera encore, parce que l’humanité réagit à un certain nombre de réflexes et stimuli récurrents – appelons-les des « passions » –, lesquels ont finalement assez peu varié depuis les récits d’Homère, d’Eschyle ou de la Bible. De ce point de vue, les quatre artistes se sont ici partagé le « monde » : en somme, Pencréac’h traite du sexe, Pahlavi de l’amour, Ophuis de la violence, Forstner de la mort.


La permanence de ces quatre composantes humaines essentielles – comme il y eut quatre types d’humeurs ou d’éléments – est certainement la raison pour laquelle on retrouve dans les tableaux de cette exposition des aspects mythologiques et religieux : ici une composition évoque une crucifixion, là une mise au tombeau… mais sur un mode crypté. Ces réminiscences relèvent en effet moins du clin d’œil à l’art du passé que d’une grande culture visuelle qui innerve la pratique des artistes. Cette culture constitue un vivier de solutions formelles dans lequel ils puisent subrepticement, afin que ces anciennes images et sujets, transfigurés et investis d’un nouveau contenu, agissent d’une manière subliminale.


Les stratégies formelles mises en œuvres par ces artistes sont diverses.
Elles partagent cependant un même intérêt pour « l’image choc », directe, frontale, sans pour autant céder aux attraits aguicheurs de la littéralité monosémique, laquelle se révèle grande fossoyeuse : lorsqu’on vous dit précisément ce qu’il faut regarder et comprendre, s’agit-il encore d’art ?
On ne saurait en effet affirmer avec précision ce qui se passe dans ces œuvres. Chacune constitue, en quelque sorte, un mystère, au sens presque médiéval du terme. Ainsi s’exposent, dans ces tableaux, l’image d’une humanité intemporelle, et la gloire du monde, qui ne fait que passer.

 

This century is ten years old. It is the century of collapsed towers, of precise and
surgical wars, of blind human bombs, of civilians who suffer, of random crossings
and dockings, of handcuffed people chartered back to their countries, the
century of starting all over again, of democracies that quietly glide in the wrong
direction, of triumphant populism… Fundamentally, there is nothing art can do
against all this and it is necessary to remain suspicious of those fearless knights
who use conspicuous commitment and leniency trafficking, and volunteer to
provide you with a cheap political awareness. They do so neatly and from a distance.
Against evil, art is powerless. But should art ignore this dark era will live
in? Should it turn over itself in a narcissistic way, repeating ad infinitum the
glorious deeds of yesterday’s heroes to please the eldest and make them believe
that their past is our future? I feel that our era, in its very essence, is not an era
of neo-conceptualism or neo-minimalism. Between committed people in hushed
salons and good pupils, there must be a third alternative.


Sic Transit Gloria Mundi is a drama in four acts. Four artists –four painters- are
the protagonists of this drama. Gregory Forstner, Axel Pahlavi, Stéphane Pencréac’h
and Ronald Ophuis are not deluded about the future of the world. They
observe its evolutions without making any moral judgment, without either optimism
or pessimism. They know for a fact that what happened before will happen
again, because humanity reacts to a certain number of recurring reflexes
and stimuli –let us call them “passions”- that have not changed much since
Homer, Aeschylus or the Bible. From that point of view, the four artists have divided
the “world” between them: all in all, Pencréac’h deals with sex, Pahlavi
with love, Ophius with violence and Forstner with death.

The permanence of these four essential human elements –just as there were four
types of humors or elements- is certainly the reason why we encounter mytho-
Por t r a i t s o f t h e 4 a r t i s t e s b y J é r ô m e Zon d e r
logical and religious aspects in the paintings of this exhibition: here, a composition
evokes a crucifixion, and there, we see an entombment… but they all use
a cryptic mode. Indeed, these reminiscences result less from an allusion to art
from the past than they do from a great visual culture that innerve the artists’
practice. This culture is a real pool of formal solutions in which they furtively
draw, so that these ancient images and topics, transformed and vested with a
new content, behave in a subliminal way.


The formal strategies implemented by these artists are diverse. However, they
share one common interest, and that is “shock images”, or, in other words, direct
and frontal images. They do so without giving in to the alluring attractions
of monosemic literature which turns out to be a great undertaker: when you are
told precisely what to look at and what to understand, is it still art? It would be
hard to state exactly what is going on in these works. In a way, each one of them
represents a mystery, in the medieval sense of the word. The image of a timeless
humanity, and the glory of the world which is only passing by, are thus exposed
in these paintings.



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