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Paris

Galerie Chez Valentin

Exhibition Detail
penser rêver
9 Rue saint Gilles
75003 Paris
France


November 21st, 2009 - December 23rd, 2009
Opening: 
November 21st, 2009 6:00 PM - 9:00 PM
 
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> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.galeriechezvalentin.com
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
galeriechezvalentin@noos.fr
OPEN HOURS:  
Tue-Sat 11-7 (closed between 1-2)
TAGS:  
mixed-media
> DESCRIPTION

Dominique Ghesquière lives and works in Paris. After graduating from the Lyon Beaux-Arts School, she spent two years in residency at the Rijksakademie in Amsterdam (2002-2003). The Burgundy FRAC has bought six of her works and a monography is due in 2010.

Trompe-l’œil has a special slow effect function, more subtle than merely creating an immediate if staggering illusion, produced by planned perspective and true to life imitation: a sunset painted in a dead end street, the veins in a marmor mantelpiece. Her illusion does not mean hiding an hideous reality. Whereas trompe-l’œil aims at deceiving our perception, Dominique Ghesquière’s objects slowly deliver their true nature without malice, without artifice and above all without pretence. They do not cheat, we are mistaken: a genuine perception of reality cannot be reached by a swift and superficial scan. On the other end too much contemplation can dissolve its tangibility.

Instead of setting up spectacular props using trivial materials, Dominique Ghesquière reverses the trompe-l’œil process. She remakes or has commonplace objects remade (white crockery, basic furniture, tools, scaffolding, etc.) out of inadequate or artificially worn material – without emphasizing the technical achievement. Assiettes (plates) just out of the oven already show knife dents, escabeau (stepladder) are baked in white fragile crockery instead of light aluminium. Each object contradicts our usual and immediate perception of our environment. But the automatic perception of glass as glass, brick as brick is being questioned with the use of unexpected materials.

As the title of the exhibition « penser rêver » (« thinking dreaming ») suggests, we should think twice about our observations and judgments, ponder and doubt more. In pluie permanenteMur de sable (sandwall) is made of sand bricks ready to ooze out. Tapis (carpet) is a carpet of wool threads which have not been woven. Partition pour tous (score for everyone) lines up musical notes on a single stave, along a twelve meters strip, substituting a continuously rolling magnetic tape for traditional score sheets. Punctuated with tempo indications – doux, calme, nerveux or sans prendre de respiration – partition pour tous weaves tonalities together on paper as well as in one’s imagination. These four works showing structures which could be blown away by a mere gust of wind or a kick. « Vague scélérate » (« treacherous wave ») a recent exhibition of the artist at the BF15 (Lyon) showed a wooden floor whose boards seemed to have been blown out by a powerful storm. Escabeau, rideau de fer et journaux brodés (stepladder, railings and newspapers) showcase themselves as solid replicas, unless one starts using them. (permanent rain), the raindrops on the pane are not water but glass: time has stopped flowing.

Newspapers are a recurrent theme of hers, transparent, crumpled, or else embroidered: a few pages selected for their poetic titles or pleasant images are converted into coton industrial embroidery, reminding us of children’s untearable fabric books. But the news, embroidered in small print and washed of any significant current issue seems unreadable just like another way of stopping time in a dreamy contemplation. Dominique Ghesquière’s objects warp familiarity into something else. Being identical shapes made of unusual materials, they question and puzzle our pretence to see and understand simultaneously.

Hélène Meisel

***

Dominique Ghesquière vit et travaille à Paris. À l’issue de ses études à l’École des Beaux-Arts de Lyon, elle a passé deux années en résidence à la Rijksakademie d’Amsterdam (2002-2003). Le Frac Bourgogne a acquis dans sa collection six de ses œuvres et prépare pour 2010 la publication d’un catalogue monographique.

Le trompe-l’œil tient dans la pratique sculpturale de Dominique Ghesquière un rôle temporisateur beaucoup plus subtil que le spectacle de la peinture illusionniste, immédiat et époustouflant, à force de perspective convaincante et d’imitation minutieuse : un coucher de soleil peint en bout d’impasse, les veines d’un marbre dessinées sur la cheminée. L’illusion chez Dominique Ghesquière n’a rien du cache-misère. Là où le trompe-l’œil ment, maquille et abuse notre perception, ses objets délivrent avec une lente sincérité leur vraie nature, sans crânerie technique, sans malice, et surtout, sans prétendre être autres. Ils ne trompent pas, nous faisons erreur : à force de balayer trop vite le réel, c’est la réalité des choses qui nous échappe. À moins qu’à contempler longuement le monde, on en fasse se dérober la tangibilité.

Au lieu de forger un décor spectaculaire au moyen d’expédients pauvres, Dominique Ghesquière inverse la farce du trompe-l’œil. Elle refabrique ou fait refabriquer en usine ou en atelier – l’émerveillement technique doit rester secondaire – des objets ordinaires (vaisselle blanche, mobilier basique, outils de bricolage, échafaudage, etc.) dans des matières inadéquates ou portant les traces d’une usure artificieuse. Tandis que les assiettes arborent dès leur cuisson des entailles de couteaux, escabeau supplante l’aluminium léger de l’objet industriel par du biscuit de faïence, intouchable, blanc et cassant. L’objet contrarie ainsi notre habitude à substituer à la compréhension progressive du monde sa reconnaissance instantanée. Mais, l’opération, autrefois automatique, par laquelle on déduisait d’un verre qu’il était en verre, ou d’une brique qu’elle était de terre, est à présent révisée par la diversification de matériaux, ersatz caméléons.

Comme le titre d’exposition « penser rêver » le suggère, il faudrait donc freiner nos observations et nos jugements au bénéfice de la contemplation et du doute. Les gouttes qui perlent aux carreaux de pluie permanente ne sont pas d’eau mais de verre : l’écoulement du temps n’a plus lieu. Mur de sable réunit des pains de sable dont les grains seraient sinon éparpillés. Tapispartition pour tous aligne des notes de musique le long d’un bandeau de douze mètres, substituant aux feuillets des traditionnelles partitions l’enroulement continu de la bande magnétique. Ponctuée par des « indications de jeu » - doux, calme, nerveux ou sans prendre de respiration - partition pour tous assure une liaison des tonalités, autant sur le papier que dans l’imagination. Quatre œuvres qui marquent la fixation d’un rassemblement, qu’un coup de vent ou un coup de pied pourraient disperser. « Vague scélérate », exposition récente de l’artiste à La BF15 (Lyon), montrait d’ailleurs un parquet dont les lattes semblaient avoir été soufflées par une bourrasque violente. Escabeau, rideau de fer et journaux brodés s’affirment en revanche comme des répliques solides, à condition, encore une fois, d’en bannir l’usage. juxtapose momentanément des brins de laine, sans liaison aucune. Sur une portée unique,

Le journal, objet traité à plusieurs reprises par l’artiste, d’abord translucide puis chiffonné, acquiert une nouvelle matérialité : quelques pages choisies pour leurs titres étrangement poétiques et leurs images plaisantes sont converties en broderie industrielle sur coton. Report textile rappelant les livres en tissu pour enfants, indéchirables et non coupants. Mais l’actualité, brodée en petits caractères et purifiée de toute dépêche périssable, paraît illisible. Encore une manière de figer le temps dans une contemplation distraite et rêveuse. Les objets de Dominique Ghesquière contraignent le familier à se dérober insensiblement : formellement identiques, matériellement autres, ils piègent notre prétention à vouloir voir et comprendre simultanément.

Hélène Meisel


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