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Paris

Galerie Nathalie Obadia

Exhibition Detail
Le séjour dans l’eau ne transforme pas le tronc d’un arbre en peau de crocodile (Seydou Badian)
3 rue du Cloître Saint-Merri
75004 Paris
France


September 5th, 2009 - October 10th, 2009
Opening: 
September 5th, 2009 6:00 PM - 8:00 PM
 
(Lost)Paradise J, Carole BenzakenCarole Benzaken, (Lost)Paradise J,
2009, Acrylic on canvas, 200 x 300 cm
© Carole Benzaken
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.galerie-obadia.com
NEIGHBORHOOD:  
4th Arrondissement
EMAIL:  
info@galerie-obadia.com
PHONE:  
+33 (0) 1 42 74 67 68
> DESCRIPTION

Le travail de Carole Benzaken s'appuie à la fois sur une banque d'images prélevées dans la presse et les médias et sur une base de films et de photographies personnels. Oeuvrant tout à la fois dans la profondeur du tableau peint, à la surface du médium numérique, l'artiste parvient à mettre en scène un théâtre multiple, qui travaille simultanément le dedans et le dehors, l'intime et la surface, le code collectif et la mémoire individuelle.


Abandonnant les repères anthropomorphiques d’une vision trop statique, elle propose une logique visuelle inédite, multiaxiale, sans hiérarchie, ouverte sur l’infini tout en prenant sa source au plus intime de l’imaginaire. Un regard de l’envol, capable de mixer zooms et plans panoramiques, réalisme et rêve.

Là où le modèle cinématographique demeurait conforme à la structure rationnelle de la culture occidentale qui se construit selon une logique narrative de causes à effets, d’un début vers une fin, la matrice rhizomatique du flux numérique expose le navigant à des logiques intellectuelles inattendues. Mais Carole Benzaken ne demande pas au spectateur de choisir. Au contraire, elle a plutôt l’air de prendre acte d’une période de mutation passionnante, qui autorise toutes les hybridations. Si le travail veille à toujours surprendre en n’étant jamais tout à fait là où on l’attend, il se construit à la frontière d’un dispositif cinématographique inscrit dans le déroulement et la durée, et d’un dispositif en écran, qui stratifie le visible, jouant davantage de l’épaisseur optique que de la profondeur narrative. Si bien que, de toutes parts, on retrouve une oscillation entre l’image-mouvement, qui file de la gauche vers la droite et brouille la figure, et l’image-écran qui se trame, se tresse et s’opacifie à force d’additionner les calques dans l’épaisseur de l’image.

Il en va ainsi de la proposition synthétique de La manne. Trois écrans disposés en triptyque diffusent la séquence infinie d’une marche. Un homme progresse à l’horizon d’un paysage qui hésite entre paradis et  “ no man’s land ”, zone frontière entre sable et océan. Alors que la progression du personnage renoue avec la linéarité du Rouleau à Peinture, le morcellement en trois écrans de cette errance se souvient de la mise en grille moderniste des Tulipes ou de la série By Night, cherchant à contenir la fluidité du présent numérique. Mais ici, Carole Benzaken superpose à la surface de son déroulé infini une seconde grille, picturale et aléatoire celle-là, qui troue et couvre simultanément l’ensemble du flux cinématographique. C’est toute une esthétique de l’épaisseur de l’image numérique qui se dévoile alors, pour mettre à nu les illusions narratives et rationnelles d’une image construite sur un mensonge mimétique.

Ce va et vient entre image-mouvement et image-écran devient particulièrement opératoire dans la confrontation entre les (Lost) Paradise et les Zem. Dans un cas, le spectateur plonge de plus en plus loin derrière les trames de peintures qui irriguent en grilles aléatoires la surface d’imageries codifiées, évoquant tout à la fois des vacances paradisiaques et la mémoire coloniale des plages de l’esclavage. La peinture se fait surface et texture du souvenir, offrant une matière à la membrane translucide du refoulé historique. Dans l’autre cas, le spectateur est aux prises avec une fugacité insaisissable, qui impose un vertige du regard et attaque la stabilité du visible. Quelque chose traverse la peinture, qui n’est plus qu’un “ moyen de transport ”. La narration se noie à ce point dans la vivacité du présent, qu’il n’est plus permis de comprendre d’où vient l’instant, ni où il part. Ne reste dans l’œil qu’une rémanence rétinienne, toute entière ancrée dans la référence à une logique cinématographique, qui avoue son inaptitude à rendre compte du présent. Seule une trace de peinture demeure, comme une tache jaune inoubliable.

 

Carole Benzaken’s work draws both on a set of images from the press and the media and from personal films and photographs. Working from within the depths of painting as well as on the surface of the digital medium, the artist succeeds in staging a multitude of scenes which work simultaneously from within and without, digging into depths and scratching the surface, scanning our collective consciousness and individual memories.
Abandoning the excessively static landmarks of an anthropomorphic vision, she adopts an unprecedented visual logic, one of side streets with no main roads. Her work is open to the infinite while drawing from the most intimate source of the imagination. It is a bird’s eye view, capable of mixing zooms and panoramas, realism and the dreamworld.

The cinematic model of western culture follows a logical narrative based on a rationale of cause and effect - stories with a beginning, a middle and an end. On the other hand the rhizome theory of digital data flow exposes the traveler to an unexpected intellectual approach. But Carole Benzaken does not ask the onlooker to choose. On the contrary, she seems rather to be representing an exciting period of mutation permitting hybrid forms of all types. The aim of her work is to surprise by never landing quite where one expects, somewhere along the frontier between a cinematic device rooted in events and duration and one composed of images on a screen which stratify the visible world, where optic depth takes precedence over the narrative. The overall result is an oscillation between the moving image running from left to right until it dissolves and the on-screen picture which is carefully woven together and thickens as successive layers are added.
This is the idea behind the composition of La Manne. Three screens arranged as a triptych broadcast an endless sequence of walking. A man is crossing the horizon of a landscape somewhere between paradise and no man’s land, on the edge of sand and sea. The character’s progress recalls the linear form in Rouleau à Peinture, but by splitting it into three screens the walk echoes the modernist grid of Tulipes or the By Night series, seeking to contain the fluidity of the digital present. But here Carole Benzaken superimposes a second grid on the surface of the endless walk, an arbitrary image which pierces and simultaneously overlays the entire cinematographic flow. The digital esthetics of the thickness of image are unveiled, stripping bare the narrative and rational illusions of an image constructed on a mimetic lie.

Alternation between the picture on the screen and the moving image is used to the full in the comparison between (Lost) Paradise and Zem. In the first case the spectator penetrates further and further into the picture frames, which randomly criss-cross the surface of coded imagery, evoking both a holiday paradise and the colonial memory of slave ships on the shore. The painting is the surface and texture of memory, giving body to the flimsy membrane of repressed past events. In the second, the spectator is caught up in a fleeting whirl, a dizzying attack on the stability of the observed world. There is something crossing the picture, which has become nothing more than a “means of transport”. At this point the storyline is stifled by the life-force of Now – knowledge of where the moment has come from and whence it is going has been lost forever. The eye only records a blur on the retina, an image also drawn from cinema, and we are left with a sense that the present moment cannot be caught on screen. Only a trace of paint remains, like an unforgettable yellow stain.




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