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Paris

Galerie Pascaline Mulliez - Paris

Exhibition Detail
Sculptures Cor-Ten
4 cité Griset
75011 Paris
France


November 23rd, 2013 - January 18th
Opening: 
November 23rd, 2013 4:00 PM - 9:00 PM
 
Untitled (Naissance), Nic JoosenNic Joosen, Untitled (Naissance),
2001, Cor-Ten steel, Inox, 3 x 1,9 x 2 m
© Courtesy of the artist and Galerie Pascaline Mulliez - Paris
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.pascalinemulliez.com
NEIGHBORHOOD:  
11th Arrondissement
EMAIL:  
info@pascalinemulliez.com
PHONE:  
+33 (0)1 43 38 64 08
OPEN HOURS:  
Monday to Saturday: 11am -> 7pm
TAGS:  
sculpture
> DESCRIPTION

Nic Joosen est née en 1933.
On dit d’elle qu’il y aurait eu un avant le minimalisme et un après. On dit qu’après avoir élevé cinq enfants, - néanmoins après des études d’art - et une pratique réputée dilettante de la peinture, le minimalisme lui aurait permis de sortir de l’ornière École de Paris et qu’initiée aux problématiques de ce mouvement d’avant-garde américain, elle aurait peu à peu délaissé la toile pour le volume. Qu’enfin elle aurait trouvé son matériau de prédilection en l’acier Cor-Ten à l’instar de ses contemporains dont entre autres Bernar Venet ou Richard Serra.

On ne peut éviter de parler du minimalisme : les œuvres de Nic Joosen disent tout ce qu’elles doivent à ce mouvement par leur dépouillement même, leur géométrie assumée et la subtile modification qu’elles introduisent dans leur environnement immédiat.

Parmi les formes déclinées au sein de séries et qui ponctue tout le parcours du sculpteur, se retrouve le carré ou plus exactement le cube, incontournable référence au mouvement minimaliste pour ne pas dire « icône » depuis le Die de Tony Smith en 1958.

Le châssis, la toile, outils quotidiennement travaillés par le peintre se voient désormais traités comme un volume et deviennent alors l’objet de toutes les manipulations possibles dans cette nouvelle quête. Toile découpée en formes géométriques faisant alterner vides et pleins sur le châssis seront les premières ébauches du sculpteur. Ébauches qui donneront naissance à une série de pièces murales Fenêtres où le rectangle de la toile, se désolidarisant désormais du châssis prend son autonomie et tourne sur lui-même comme une ombre sur un cadran solaire. Les formes se superposent, entre vide et plein, accrochées au mur comme l’étaient d’ailleurs, les toiles de l’artiste auparavant.

Ne serait-ce pas au fond la figure du cube ici mis à plat et torturé ?

La sculpteur en joue de ce cube, elle les fait pourrait-on dire « copuler » et -petite entorse aux principes minimalistes ?- en fait des autels portatifs que l’œil traverse de part en part. Ainsi d’un rectangle l’on peut déboucher sur une croix ou d’une meurtrière déboucher sur une fente horizontale etc.

Une série : le Pli ne serait-il pas tout simplement la figure déployée du cube ? Du cube déplié ? La série Couple ne serait-elle pas les deux parties d’un cube découpé se cherchant, tel le désir amoureux d’Aristophane ? Le Pas un cube qui serait cette fois dédoublé et qu’un infime décrochement au bas du volume transforme en figure du mouvement ?

Du cube forme close et définie, Nic Joosen s’engage aussi dans la forme aléatoire et ouverte du polyèdre. « Non emotional » strictement consignées à n’évoquer que leur propre forme, il reste aux œuvres leur matériau pour donner à voir ce chatoiement velouté si particulier à l’acier Cor-Ten.

Que dire du cercle décliné en cylindre quand découpé en tranches, le cylindre se fait pièce monumentale de mécano ? Cercle se faisant spirale, spirale déclinée en ziggurat terminée ici par ce qui pourrait être le lingam, symbole de Shiva.

Mais aussi spirale se faisant copeaux dans la série Vagues,  tels d’immenses épluchures d’acier, merveilleuse collusion poétique que l’artiste nous laisse avant de nous quitter.

Enfin la pièce maîtresse de l’exposition : Clochers est exemplaire du principe de ce concept minimaliste du « non emotional ». Nic Joosen y laisse à chacun le soin de l’installation.

Posées sur des miroirs, les formes d’acier Cor-Ten ou d’inox ont été travaillées jusqu’à l’épure. Toutes sont extraites du corpus de clochers que l’ont glane au gré de l’histoire de l’architecture religieuse en Belgique, en France ou au Maroc. Clochers et minarets cohabitent et dessinent un nouveau territoire, construisent une ville imaginaire dédoublée par le jeu des reflets.

Nic Joosen est décédée en 2007.
Elle laisse derrière elle le corpus d’œuvres d’un grand sculpteur.

Pascaline Mulliez
Novembre 2013


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