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Paris

Galerie Anne Barrault

Exhibition Detail
L'Allée
51 rue des Archives
F- 75003 Paris
France


September 7th, 2013 - October 12th, 2013
Opening: 
September 7th, 2013 4:00 PM - 8:00 PM
 
 Limonade , Sarah TritzSarah Tritz, Limonade ,
2013, mixed media, 223 x 106 x 85cm
© Courtesy of the artist and Galerie Anne Barrault
 Le Lys dans la vallée,(détail), Sarah TritzSarah Tritz, Le Lys dans la vallée,(détail),
2012, matériaux divers (objets trouvés, structure métallique, orange, tasse, impression jet d’encre...) , 220 x 40 x 30 cm
© Courtesy of the artist and Galerie Anne Barrault
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> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.galerieannebarrault.com
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
info@galerieannebarrault.com
PHONE:  
33(0)9 51 70 02 43
OPEN HOURS:  
Tuesday through Satruday : 11am to 7pm.
TAGS:  
installation, sculpture
> DESCRIPTION

When visiting Sarah Tritz’s exhibition, everyone is implicitly invited to choose his or her own way. Established categories are of no use to hierarchize and organize the shapes a priori. You must surveythe exhibition rather than try to read it. Then you recognize materials (metal, wood, canvas), gestures (bending, welding, cutting, binding), painted images, sculptured ones (or both at the same time), here a face, there an abstraction. These greatly heterogeneous objects and perceptions construct what is nevertheless revealed all at once: a landscape.

Here, Marcel Duchamp’s now canonical statement can be fully used: “ the viewer makes the art work”. Repeating it and playing with the conventions of art, this experiment much too often ends up being limited to an academic game in which the looker-on only identifies the rule which is proposed to him, and finds the sour note which will alert his mind at the right time. The work of Sarah Tritz demands not to leave it to a pre-established reading, it rests on a conceptual, perceptive, formal or structural base. All these dimensions are activated without a recognizable system organizing them straightaway. Each exhibition is the opportunity to reinvent the connections between the forms.

This second solo show in Gallery Anne Barrault is entitled L’allée (The path), a tree-lined lane: a place of circulation defined by its edges. Sarah Tritz often compares the notion of frame (all of them in oak here), quite evident in her work, in the literal as well as figurative sense, with that of the body. For her, the frame is not a limit shutting a space, but a place of exchanges. As a body, it is an area where extremely various connections are made between the diversity of the outer world, and the complexity of inner life. “How is one to decide what comes from the inwardness, and what comes from the outside, extra-sensorial perceptions or hallucinatory projections?” as Gilles Deleuze put it. Sarah Tritz’s assemblages operate like undecidable knots between the world and its perception: in them, the physical body is scattered into pieces (faces, hands…,) assembled and mingled with abstract and concrete, conceptual and figural shapes. Thoughts and perceptions knotted together.

While working out L’allée, Sarah Tritz looked attentively at the paintings Mark Rothko painted in the forties, before his famous abstract ones. In them you can see this strange encounter of space with biomorphism, this high continuity within textures, forms, levels of yet very heterogeneous representations, combined every time in a different way.  At that time, he and other American artists such as David Smith, then later, Robert Rauschenberg were looking for a kind of art able to testify to the American experience. Between the history of the American Indians, that of the colonists from Europe and of the deported Africans, it could not take root in one past and one and only experience. Their attempts to link so different experiences have given birth to this unpredictable art. Sixty years later, everywhere, each of us lives an acceleration of the intertwining of histories. In a large city such as Paris where Sarah Tritz is living, everyday you can live the same experience as these American predecessors, as long as you escape the levelling of mass culture and bygone identity reactions. From Saul Steinberg’s humour and plastic intelligence to Otto Dix’s passionate violence, including the large variety of African headdresses seen at Chateau Rouge, she covers her own geographical world. Her work shows the signs of this remarkable intertwining, the witness of an imperceptible whole.

SIMON BERGALA

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Chacun, en visitant une exposition de Sarah Tritz, est invité tacitement à y construire son chemin. Les catégories instituées ne permettent pas de hiérarchiser et d'ordonner à priori les formes. Il faut parcourir l'exposition plutôt que de chercher à la lire. On y reconnait alors des matériaux (métal, bois, toile), des gestes (courber, souder, découper, lier), de la peinture, de la sculpture (ou les deux à la fois), ici un visage, là une abstraction. C'est dans la plus grande hétérogénéité d'objets et de perceptions que s'agence ce qui se donne pourtant d'un seul souffle : un paysage.

Ici, la déclaration désormais canonique de Marcel Duchamp semble pleinement s'appliquer : "c'est le regardeur qui fait l'oeuvre". A force de le répéter et de jouer avec les conventions de l'art, cette expérience se limite bien trop souvent à un jeu académique où le spectateur ne fait plus qu'identifier la règle qui lui est proposée et trouver la fausse note qui éveillera son esprit au moment prévu. Le travail de Sarah Tritz exige de ne pas se reposer sur une lecture pré-établie, que celle-ci s'appuie sur un socle conceptuel, perceptif, formel ou structurel. Toutes ces dimensions sont activées sans qu'un système reconnaissable ne vienne d'emblée les ordonner. Chaque accrochage est ainsi l'occasion de réinventer les relations entre les formes.

Cette seconde exposition personnelle à la galerie Anne Barrault s'intitule l'Allée, un chemin bordé d'arbres : un lieu de circulation qui se définit par ses bords. Sarah Tritz rapproche volontiers la notion de cadre (ici tous en chêne), très présente dans son travail au sens propre comme au figuré, de celle de corps. Pour elle, le cadre n'est pas une limite qui clôt un espace mais un lieu d'échanges. Tel un corps, il est l'endroit où se nouent les relations infiniment variées entre la diversité du monde extérieur et la complexité de la vie intérieure. "Comment décider ce qui vient de l'intérieur, et ce qui vient de l'extérieur, perceptions extra-sensorielles ou projections hallucinatoire ?" disait Gilles Deleuze. Les assemblages de Sarah Tritz fonctionnent comme des noeuds indécidables entre le monde et sa perception : le corps physique y est dispersé en fragments (visages, mains, ...) assemblés et mêlés à des formes abstraites et concrètes, conceptuelles et figurales. Pensées et perceptions nouées.

Pendant l'élaboration de l'Allée, Sarah Tritz a regardé avec attention les peintures que Mark Rothko a réalisées pendant les années 40, avant ses célèbres peintures abstraites. On y voit cette rencontre étrange de l'espace et du biomorphique, cette grande continuité au sein de textures, de formes, de niveaux de représentations pourtant très hétérogènes, combinés chaque fois de manière différente. À cette époque, lui et d'autres artistes américains comme David Smith puis plus tard, Robert Rauschenberg cherchaient un art qui puisse témoigner de l'expérience américaine. Celle-ci, partagée entre l'histoire des indiens d'Amérique, des colons venus d'Europe et des africains déportés, ne pouvait s'enraciner dans un passé et une expérience unique. Leurs tentatives de mise en relation d'expériences si diverses ont donné lieu à cet art imprévisible. Soixante ans après, nous vivons tous et partout une accélération de l'entrelacement des histoires. Dans une grande agglomération comme Paris, où Sarah Tritz vit aujourd'hui, le quotidien permet de vivre une expérience similaire à ces prédécesseurs américains, à condition d'échapper au nivellement de la culture de masse et aux réflexes identitaires passés. Elle parcourt, de l'humour et l'intelligence plastique des dessins de Saul Steinberg à la violence passionnée d'Otto Dix, en passant par la grande variété des coiffes africaines aperçues à Chateau Rouge, une géographie toute personnelle. Son travail porte les traces de cet entrelacs singulier, témoin d'un tout insaisissable.


SIMON BERGALA

 


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