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Paris

School Gallery

Exhibition Detail
Source d’ondes
322 rue Saint Martin
75003 Paris
France


May 15th, 2013 - July 20th, 2013
Opening: 
May 16th, 2013 6:00 PM - 8:00 PM
 
Série 1/2 Lumière blanche, Emilie BenoistEmilie Benoist, Série 1/2 Lumière blanche,
2012-2013, graphite et encres sur papier, 50 x 65 cm chaque
© Courtesy of the artist and School Gallery
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.schoolgallery.fr
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
olivier@schoolgallery.fr
PHONE:  
01 42 71 78 20
OPEN HOURS:  
Tuesday to Saturday - 2pm - 7pm and by appointment
TAGS:  
installation
> DESCRIPTION

Cette deuxième exposition de la plasticienne Emilie Benoist à la School Gallery fait suite à la parution de la première monographie de lʼartiste Ensembles / En, en septembre 2012, aux éditions Manuella.

Depuis plus d’une dizaine d’années, Emilie Benoist élabore, à travers dessins et sculptures, des fictions spéculatives sur l’évolution du monde, passée, présente, à venir. Des fictions documentées, merveilleuses, hallucinées, nous parlant de mémoire, de collection et de recollection, de la connaissance forcément allusive des choses ainsi que des images familières qui accompagnent l’enracinement des croyances – y compris celle en la science. Les oeuvres d’Emilie Benoist se donnent comme des bribes de ces fictions.

Dans cette exposition intitulée Source d’ondes, l’artiste poursuit et développe ses réflexions tout en accentuant encore davantage l’abstraction vers laquelle elle tend depuis ses premiers travaux. Elle y présente deux oeuvres inédites : la sculpture Macro-monde /Mm (2013), qui renvoie à Micro-mousse /Mm (2010) présentée récemment au Collège des Bernardins, ainsi que la série Lumière blanche /Lb (2012-2013) accrochée en deux grilles de 12 dessins.

Inspirée par les expériences d’Isaac Newton sur la décomposition du spectre lumineux, Lumière blanche /Lb décline des visions – dans tous les sens du terme – ponctuées de diagrammes et autres formes circulaires revenant en leitmotiv dans le travail de l’artiste. On y reconnaît ici, des armes de l’époque mérovingienne, une rétine, un disque vinyle, trois pierres maoris, l’atelier de Mark Rothko,
… des photogrammes tirés du film Désert rouge (1964) de Michelangelo Antonioni. On peut balayer la série du regard, emprunter son propre chemin visuel, les images n’en surgissant pas moins comme pures sensations, représentations mentales, réminiscences d’oeuvres antérieures. Il est toujours question de transformation de la matière chez Emilie Benoist. Sans pour autant prendre à rebours le processus alchimique qui semble métaphoriquement à lʼoeuvre dans lʼévolution des dessins, Source
dʼondes replonge le spectateur dans lʼombre, dès la seconde salle de lʼexposition, ou, plus  exactement, le fait basculer du rayonnement vers lʼirradiation. On y découvre Macro-monde /Mm, échantillon de paysage posé au sol et dont lʼinclinaison suggère lʼimminence de lʼeffondrement. Le danger est dʼautant plus prégnant que le volume paraît lourd, sombre, pareil à un rocher
prêt à dévaler la pente. Il est principalement constitué de milliers de microbilles de polymères dont lʼartiste fait un usage récurrent et qui sont comme autant de pixels, de particules ou de molécules. Macro-monde opère une coupe géologique dans un environnement post-apocalyptique. On y distingue des strates de verre noir et de morceaux de pneu, des incrustations de verre transparent et de
végétaux rougeoyants comme des soufrières, quelques mousses ici et là. On pense pêle-mêle au monolithe noir, au ruisselant Vollmond de Pina Baush, à lʼimagerie cyberpunk dʼun Manabu Ikeda, aux ruines du futur – celles dʼAndrei Tarkovski comme celles de Chris Cornish. Mais ces références sont vite balayées par la saturation plastique qui condense menaces écologiques, énergétiques, démographiques, tout en rendant au spectateur le plaisir enfantin dʼune observation attentive
de ce monde en réduction.

Car il a quelque chose de lunaire dans le travail dʼEmilie Benoist, où lʼimplacable minéralité se trouve toujours déjouée par une facticité délibérée ou une douce psychédélie qui le prémunissent de toute interprétation simpliste.

Marie Cantos, février 2013


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