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Paris

Galerie Anne Barrault

Exhibition Detail
Solo Show
51 rue des Archives
F- 75003 Paris
France


April 25th, 2013 - June 15th, 2013
Opening: 
April 25th, 2013 4:00 PM - 8:00 PM
 
untitled, Dominique FigarellaDominique Figarella, untitled,
2012, pen, pencil and painting on alucore , 60 x 60 cm
© Courtesy of the artist and Galerie Anne Barrault
sans titre , Dominique FigarellaDominique Figarella, sans titre ,
2008 , digigraphie, acrylique et crayon sur aluminium, 150 x 150 x 1,5 cm
© Courtesy of the artist and Galerie Anne Barrault
sans titre , Dominique FigarellaDominique Figarella, sans titre ,
2009 , digigraphie et acrylique sur aluminium , 220 x 300 x 1,5 cm
© Courtesy of the artist and Galerie Anne Barrault
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> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.galerieannebarrault.com
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
info@galerieannebarrault.com
PHONE:  
33(0)9 51 70 02 43
OPEN HOURS:  
Tuesday through Satruday : 11am to 7pm.
TAGS:  
mixed-media
> DESCRIPTION

If an ultime proof of the inconsequence of artists’ « careers » was necessary, just remember that there has been no solo exhibition of Dominique Figarella’s paintings in Paris since 2000 (that was in Thaddaeus Ropac Gallery). This absurd retirement is neither arrogant nor eloquent; simply, it is beyond understanding. Besides a kind of trivial blindness, concerning, here, the apprehension of painting, this absence comes, in my opinion, of a series of misunderstandings, which this new exhibition may help to reduce, if not clear up.

For some years, Dominique Figarella has sometimes stuck on his paintings digigraphy prints of scenes, which seem to have been taken in the studio, inhabited by a human presence, never strictly appearing as the artist himself. These scenes always look Eden-like: sunlights, paintings carried like surfboards, crossed legs you guess with feet up… Dominique Figarella obviously gives the looker-on the image of a “practice” which has nothing to do with “work”, but also that of an “object” which still remains an “adventure”. The anarchists of the end of the nineteenth century, Mallarmé and Fénéon circle, Incoherent Arts, Dada, Fluxus, situationists, are the members of the genealogy he indisputably proclaims, dominated by Kurt Schwitters and George Brecht. Dominique Figarella means to take his revenge on bourgeois, even aristocratic painting, to substitute it for craftsman painting. To Dostoyevsky’s ambiguous motto, “beauty will save the world”, apparently, Albert Einstein echoed, “ craftsmanship might well save the world”. Between the two of them, Dominique Figarella has found room for a studio.

Stéphane Corréard

(…) the process and the act of making are determinant for Figarella. On aluminum plates, he first spreads a more or less homogenous layer of black or red acrylic paint with a roller; then into that monochromatic field, he randomly pours white paint that arranges itself in various shapes, from large, thick spots that crack as they dry to small droplets and fine speckles. Finally, after letting the canvas rest, so that it can dry but also so that it can be reviewed, the artist partially masks these splatters using geometrical flat colors (squares or rectangles) painted with a brush, with the same paint used for the background. A strong tension arises between the various strata of paint, as well as between flatness and relief. The areas of flat color in fact bring the background color to the fore, carving shapes into the thickness while seeming to level the surface. And what might at first appear to be a mask is revealed to function on the contrary as a developing bath: not only does the final layer emphasize and transform the cracks that then become outlines on top of the color, but these simple geometrical shapes, often touching one another, follow the curved movements of the material and form structures – even figures – there. No doubt the colors Figarella employs—black, white, and red—are what make one think of Malevich’s Suprematism; it could also be the eclipse that is suggested here, echoing the Russian painter’s black square, the objective world obscured behind the objectless.

But in a subtle reversal it’s the masking itself that makes the idea of a figure appear, conjuring the highly mechanized figures of an El Lissitzky; it’s the black bar of anonymity that brings a certain determination to the formless structure of spots, much more reminiscent of the universe of Miró. There is an exhilarating tension that animates these paintings: in the emergence of a geometric order from the apparent randomness, rectilinear forms that structure an always overflowing dynamism.

Guitemie Maldonado
Translated from French by Jeanine Herman
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S'il était besoin d'une ultime preuve de l'inconséquence des « carrières » artistiques, il suffirait de rappeler que la peinture de Dominique Figarella n'a pas bénéficié d'exposition personnelle à Paris depuis 2000 (c'était à la Galerie Thaddaeus Ropac). Cet aberrant retrait n'est ni orgueilleux ni éloquent ; bêtement, il dépasse l'entendement.

Au-delà d'une forme d'appréhension de la peinture, cette absence résulte à mon sens d’une série de malentendus que, peut-être, cette nouvelle exposition sera l'occasion d'amoindrir, sinon de lever.

Depuis quelques années, Dominique Figarella colle parfois dans ses peintures des tirages digigraphiques de scènes semblant avoir été capturées dans l'atelier, hantées par une présence humaine jamais strictement réductible à l'artiste-même. Ces scènes semblent toujours édéniques : sunlights, tableaux portés comme des planches de surfs, jambes croisées que l'on devine terminées par des doigts de pieds en éventail... Dominique Figarella renvoie ostensiblement au regardeur l'image d'une « pratique » qui n'ait rien d'un « travail », mais également d'un « objet » qui demeure toujours une « aventure ». La généalogie qu'il se reconnaît : anarchistes de la fin du XIXème, dans l'entourage de Mallarmé et Fénéon, Incohérents, Dada, Fluxus, situationnistes, dominée par Kurt Schwitters et George Brecht, ne laisse aucun doute. Dominique Figarella entend régler son compte à la peinture bourgeoise, ou même aristocratique, pour y substituer une peinture d'artisan. Au mot d'ordre ambigu de Dostoïevski « La beauté sauvera le monde », Albert Einstein a paraît-il répondu : « C'est peut-être bien l'artisanat qui sauvera le monde »; entre les deux, Dominique Figarella a trouvé la place d'un atelier.

Stéphane Corréard

(…)Le processus et le faire sont pour Dominique Figarella déterminants : sur des plaques d’aluminium, il passe d’abord au rouleau une couche plus ou moins homogène de peinture acrylique ; puis il déverse aléatoirement, dans ce champ monochrome (noir ou rouge), de la peinture blanche qui s’y dépose sous diverses formes, allant de grosses taches épaisses qui se craquèlent en séchant, à de petites gouttes et de fins mouchetis ; enfin, après avoir laissé reposer le tableau, le temps qu’il sèche mais aussi qu’il puisse être re-vu, l’artiste masque partiellement ces éclaboussures au moyen d’aplats géométriques (carrés ou rectangles) peints au pinceau avec cette même peinture qu’il a utilisée pour le fond.

Ce faisant, une forte tension se fait jour entre les différentes strates de peinture, mais aussi entre planéité et relief. Les aplats en effet ramènent la couleur du fond à l’avant, creusant les formes en surépaisseur tout en tendant à un arasement de la surface. Et ce qui peut au premier abord apparaître comme un cache s’avère au contraire fonctionner comme un révélateur : non seulement la dernière couche souligne et transforme les craquelures qui deviennent ainsi des tracés à même la couleur, mais ces formes géométriques simples, souvent au contact l’une de l’autre, tout en suivant les mouvements courbes de la matière, y dessinent des structures, voire des figures.

Sans doute sont-ce les couleurs employées (noir et blanc, rouge et blanc) qui font venir à l’esprit le suprématisme de Malévitch ; il peut s’agir aussi de l’éclipse ici opérée qui rejoue celle, dans le Quadrangle noir, du monde objectif escamoté derrière le carré noir du sans objet. Mais par un subtil renversement, c’est le masquage lui-même qui fait apparaître l’idée d’une figure qui n’est pas sans évoquer celles, très mécanisées, d’un El Lissitzky, c’est le bandeau de l’anonymat qui apporte une manière de détermination à la structure informe des taches qui, elle, rappelle bien davantage l’univers de Miró. Là est la tension jubilatoire qui anime ces tableaux : dans le surgissement d’un ordre géométrique dans l’apparent aléatoire des taches, dans ces formes rectilignes qui structurent un dynamisme qui toujours les déborde.

Guitemie Maldonado
extrait d’un article publié dans ARTFORUM, septembre 2012


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