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Paris

Art : Concept

Exhibition Detail
My Secret Life of Crime
13 rue des Arquebusiers
75003 Paris
France


April 13th, 2013 - May 18th, 2013
Opening: 
April 13th, 2013 6:00 PM - 9:00 PM
 
Celui qui m’a oubliée , Martine AballéaMartine Aballéa, Celui qui m’a oubliée ,
2013, Photographie couleur & sérigraphie C-print & silkscreen , 90 x 60 cm
© Courtesy of the artist and Art:Concept
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.galerieartconcept.com/2012/
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
info@galerieartconcept.com
PHONE:  
+33 1 53 60 90 30
OPEN HOURS:  
Tue-Sat 11-7
TAGS:  
photography
> DESCRIPTION

“Mes résolutions pour la nouvelle année : À tous les démons, désirs, passions, cupidités, envies, amours, haines, désirs étranges, ennemis fantômatiques ou réels, armées de souvenirs, contre lesquels je lutte – faîtes en sorte de ne jamais me laisser en paix” (Patricia Highsmith, Nouvel An, 1947)

Pour sa troisième exposition personnelle à la galerie Art : Concept, Martine Aballéa présente deux nouvelles séries de photographies mêlant paysages, textes, nature et mondes fantomatiques. Elles racontent des histoires d’amour, des histoires de crimes qui se détachent sur fond de nature luxuriante ou d’images en négatif.

Au départ, rien d’exceptionnel ni d’irrationnel, les situations sont presque banales, des clairières, des sous-bois, la façade d’une maison puis une phrase, simple, unique qui identifie et stigmatise   e lieu, le faisant devenir lieu de transgression ou de protection. Très vite tout s’enchaîne, il suffit d’une phrase pour que l’on se laisse entraîner dans un récit qui nous incite à passer de l’autre côté du miroir, se retrouver là où la vie réelle ne le permet pas, être quelqu’un d’autre en sorte.

Etre une autre, Martine Aballéa en tire une jouissance secrète, trompant tour à tour sa joie, sa solitude ou sa tristesse. Car il s’agit bien de tromper le désamour, la dépression, tromper ou être trahie, vaincre ou être anéantie. Cette idée d’être quelqu’un d’autre, de pouvoir transgresser les règles sans en subir les conséquences, se retrouve souvent au coeur des oeuvres de Martine Aballéa. Dans les années 1980, elle commence ses récits fictionnels avec  notamment la série des Romans Partiels en 1982, puis en 1995 avec ses Epaves du désir, et en 1997 la série, Nouveaux Amours / Nouveaux Crimes. Elle y développe ce lien narratif et nous raconte ses histoires très mystérieuses. Ici c’est celle d’une femme, une femme pour toutes les autres. Aballéa cache dans ses oeuvres des personnages qui veulent se libérer  affectivement ou socialement de quelque chose ou de quelqu’un. Dans ces nouvelles séries de photos, elle représente ces femmes qui pour des motifs divers sont allées jusqu’au bout. La solution pour éviter de devenir réellement une psychopathe revient finalement à s’inventer un double malveillant incarné par cette meurtrière qui représente l’universalité de la rupture et de ce qu’elle peut entraîner. Les causes sont multiples, Martine Aballéa en dresse la liste, une liste non exhaustive, à chacune de rajouter la sienne. L’exposition devient en quelque sorte un dictionnaire illustré du sentiment amoureux avec ce qu’il peut contenir de réconfortant ou de dangereux.

Ces images rappellent les intrigues des polars comme ceux de Raymond Chandler ou de Patricia Highsmith, elles sont à la fois le miroir d’univers bucoliques saturés par la nature auxquels répondent des lieux baignés d’une lumière froide comme dans la série des amants fantômes. Toutes sont le théâtre d’épisodes douloureux. Martine Aballéa est double, comme ces séries de photographies, à la fois lumineuse et sombre. Secrète, fragile, méfiante, inquiète, quand on lui pose une question trop intime, elle se referme et se retire ailleurs loin de la conversation. Mais quand elle parle de littérature, d’amour, de son travail, elle se redresse, les yeux s’allument et le sourire revient. Elle transforme le Musée National d’Art Moderne en Hôtel Passager; elle invente sa Maison sans Fin en hommage à Sarah Winchester, y incluant ses propres fantômes. Dans ses photographies, elle met en scène l’ambivalence, le doute, la violence ou la protection en jouant subtilement avec l’ombre et la lumière.

Martine Aballéa est une forêt vierge en passe d’être entièrement noyée par la végétation. Elle est le blanc des négatifs et la couleur envahissante; un mélange de chats, d’hommes, de livres, de phrases, quelque chose de romantique et de mystique à la fois. Le sujet est tragique mais le traitement, lui reste poétique, il offre des sensations aiguës, une hypersensibilité émotionnelle mais aussi une ironie impitoyable et un cynisme contrôlé par le biais de la fiction. Dans les images présentées à la galerie, le meurtre a déjà eu lieu, il est un signe plutôt qu’un événement qui se déroule sous nos yeux, un homme et une femme se partagent les rôles principaux, l’homme n’est plus là, la végétation a déjà repris ses droits, elle a effacé les traces d’effroi pour laisser place à un fantôme ; quant à la femme, il paraît qu’elle est quelque part, ailleurs.

A.B

Martine Aballéa est née en 1950 à New York, elle vit et travaille à Paris. Son travail est visible notamment dans les collections: Solomon R. Guggenheim Museum, NY; Musée National d’Art Moderne de la ville de Paris; Centre Pompidou Beaubourg, Paris; FNAC, Paris; FRAC Basse Normandie; Bibliothèque National de Paris, Cabinet des Estampes. Expositions (sélection) : La Maison sans fin au CRAC Languedoc en 2012, Musée de l’Abbaye Ste Croix, Les Sables d’Olonne en 2010, Fun House au Centre National de la Photographie à Paris en 2002, Hôtel Passager, ARC, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris en 1999.

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“My New Year’s Eve Toast : to all the devils, lusts, passions, greeds, envies, loves, hates, strange desires, enemies ghostly and real, the army of memories, with which I do battle - may they never give me peace.”    (Patricia Highsmith, Nouvel An, 1947)

For her third personal exhibition at Art: Concept, Martine Aballéa presents two new series of photographs mixing landscapes with texts, nature and ghostly worlds. They tell love and crime stories that stand out from luxuriant natural backgrounds or from negative prints of images. At first, nothing exceptional or irrational seems to be going on.

A few almost banal places are depicted; forest clearings, undergrowths, the façade of a house… then a sentence, in its simplicity and uniqueness, comes to identify and stigmatize the location, transforming it into a place of transgression or of refuge. Quickly it all swings into action: One sentence has been enough to drag us into a fiction that encourages us to step through the looking glass and enter a place where real life never leads us, and somehow become someone else.

Being someone else is Martine Aballéa’s secret pleasure, a weapon that allows her to reshuffle the cards of joy, loneliness or sorrow. Such is the ultimate purpose of her game: To play tricks on the disenchantment and on the depression of life before it annihilates her, cheating on reality before it betrays her. The idea of being someone else, to be able to break the rules of the game without consequences, is often found in Martine Aballéa’s work. During the 1980s she began working on fiction texts, such as the “Romans Partiels”* series in 1982, “Epave du désir”** in 1995 and the “Nouveaux amours / Nouveaux crimes”*** series in 1997. In all these works she carefully develops the narrative link and tells us her very mysterious stories. The latest one is the story of a woman, a woman who represents many other women. Aballéa’s fiction often shelters characters that want to break free from something or someone on a social or on an affective level. In this new photographic series, she represents women who, for a reason or another, have gone all the way, as if the solution to avoid really turning into a psychopath was to invent a malevolent doppelganger for oneself and thus incarnate a woman-killer who represents the universality of relationship-breakdown and what it can entail. The causes are multiple, and Martine Aballéa draws up a non-exhaustive list, to which you can add your own causes. The exhibition almost becomes a sort of illustrated dictionary of love, representing all the comforting and dangerous facets inspired by the feeling.

These images remind us of the plots of certain crime novels, such as the ones written by Raymond Chandler or Patricia Highsmith, where bucolic and nature-saturated universes are interspersed with places bathed in cold light such as the settings of the “Ghost Lovers“ series. All these places have been the theatre of painful happenings. Like her series of photographs, Martine Aballéa is a dual person. She can be both luminous and dark. When asked questions that she finds too intimate she becomes a secretive, fragile, restless and suspicious person, curling up into a ball and withdrawing somewhere far from the conversation. But when she starts talking about literature, love or her work, she straightens up, her eyes brighten and her smile returns. She can turn the Museum of Modern Art into an ephemeral hotel, and invent an endless house as homage to Sarah Winchester, peopling it with some of her own ghosts. In her photographs she stage-manages notions of ambivalence, doubt, violence or protectiveness just by subtly playing with light and shadows.

Martine Aballéa is a primeval forest that is about to be completely drowned by vegetation. She is the white of negative prints or an invading colour; a mixture of cats, humans, books and sentences, something at once romantic and mystical. Even though her subject is tragedy its treatment remains poetic, offering the sharp sensations of an emotional hypersensitivity coupled with merciless irony and controlled cynicism in a very subtle fictional blend. In the images that are presented at the gallery, a murder has already occurred. The event is a symbol rather than something that has really happened. A man and a woman have played the main roles, the man isn’t there anymore, and the vegetation has quietly reclaimed its rights, erasing all traces of dread and leaving a ghost. As for the woman, she seems to have gone away, elsewhere.

A.B // Translation Frieda Schumann
* “Partial Novels”
** “Wreck of Desire”
*** “New Loves/ New Crimes”

Born in 1950 in New york, Martine Aballéa lives and works in Paris. Her work has been shown,
among others, by the following institutions: Solomon R. Guggenheim Museum, NY; Musée
National d’Art Moderne de la ville de Paris; Centre Pompidou Beaubourg, Paris; FNAC, Paris;
FRAC Basse Normandie; Bibliothèque National de Paris, Cabinet des Estampes. Expositions
(sélection) : La Maison sans fin au CRAC Languedoc en 2012, Musée de l’Abbaye Ste Croix, Les
Sables d’Olonne en 2010, Fun House at the Centre National de la Photographie à Paris in 2002,
Hôtel Passager, ARC, Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris in 1999.


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