Chicago | Los Angeles | Miami | New York | San Francisco | Santa Fe
Amsterdam | Berlin | Brussels | London | Paris | São Paulo | Toronto | China | India | Worldwide
 
Paris

Galerie Loevenbruck

Exhibition Detail
LES ANNÉES COLLECTIVES (1973-1983) (THE COLLECTIVES YEARS (1973-1983)
Curated by: Christian Xatrec
6. rue Jacques Callot
75006 Paris
France


March 22nd, 2013 - June 15th, 2013
 
Three Evenings on a Revolving Stage, Jean DupuyJean Dupuy, Three Evenings on a Revolving Stage,
1976
© Courtesy of the artist and Galerie Loevenbruck
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.loevenbruck.com/
NEIGHBORHOOD:  
6th Arrondissement
EMAIL:  
contact@loevenbruck.com
PHONE:  
+33 (0)1.53.10.85.68
TAGS:  
video-art, photography, original documents
> DESCRIPTION

Jean Dupuy abandonne Paris pour New York en 1967, après avoir jeté la plus grande partie de sa production picturale (issue de l’Abstraction lyrique) dans la Seine : une action qu’il commentera plus tard en deux mots : « Plouf ! Ouf ! »

Un an à peine après qu’il fut arrivé à New York, sa sculpture Cone Pyramid (Heart Beats Dust) s’impose comme l’oeuvre emblématique d’EAT1. Cette sculpture de poussière, activée par les pulsations cardiaques des spectateurs, est la première rencontre de Jean Dupuy avec l’idée même du collectif mais aussi avec ce qu’il nomme le Lazy Art : l’art paresseux, un art qui consisterait, nous dit-il, à « faire travailler les autres, en grande partie, à sa place2 ».

Le succès immédiat que rencontre Cone Pyramid (Heart Beats Dust) lui permet de poursuivre pendant plus de quatre années ses recherches « techno-sensorielles », conjointement avec les institutions artistiques et un marché de l’art de plus en plus prédominant.

En 1972, il déserte la Sonnabend Gallery pour se consacrer à un art vivant, un art qui ne réponde pas aux diktats du marché, et il organise, en mai 1973, son premier événement collectif, une exposition, « About 405 East 13th Street (#1) », pour laquelle il invite trente artistes à intervenir dans et à propos de son lieu (un loft, espace à la fois de travail et de vie) : des interventions minimales, imperceptibles, pour la plupart, où les oeuvres présentées ne sont pas à vendre.

C’est dans ce même endroit, au cours de la deuxième édition d’« About 405 », en 1974, qu’il réalise sa première performance, The Shaving of My Moustache : sur une scène tournante (Lazy Susan) activée mécaniquement par un assistant, il se rase la moustache derrière un écran translucide, en ombre chinoise.

L’exposition « Jean Dupuy : les années collectives (1973-1983) » retrace, pour la première fois, la période « collective » de l’oeuvre de Jean Dupuy – à compter d’« About 405 » et jusqu’à la dernière exposition de ce type, à la Grommet Gallery, peu de temps avant son retour en France et son retrait quasi monacal à Pierrefeu (village haut perché de l’arrière-pays niçois), là où il se consacrera à son travail anagrammatique.

Mieux que quiconque, Jean Dupuy a su définir le genre collectif (expositions, performances et vidéos) comme un « état des lieux de la création contemporaine (au début des années 70), placé sous le signe du mélange des genres et des familles artistiques (une salade d’artistes !)3 ». Pas un mouvement donc, comme Fluxus (George Maciunas), ni une « franchise » comme le New York Avant-Garde Festival (Charlotte Moorman) – deux précédents difficiles à ne pas mentionner : juste une « salade d’artistes » répondant ponctuellement à ses invitations (lancées sous la forme d’un thème, d’une idée, d’un titre) à exposer ou à performer, dans la limite prescrite d’un espace et/ou d’un laps de temps.

L’exposition de la galerie Loevenbruck présente de nombreuses sources d’archives, vidéos, photographies et documents originaux (affiches, invitations, publications), pour la plupart inédits, qui retracent l’impressionnant parcours des expositions, des performances, des vidéos et des concerts collectifs organisés par Jean Dupuy entre New York et Paris au cours de la période 1973-1983.

Pour ne citer que les plus emblématiques : « Soup and Tart » (The Kitchen, novembre 1974) ; «One Afternoon On a Revolving Stage» (Whitney Museum, mars 1976) ; la série des « Grommets » (Grommet Studio, 537 Broadway, 1976-1977) ; « A Tower at PS1 » (PS1, février 1978) ; le désormais mythique « Art Performances / Minute » (musée du Louvre, grande salle des États, octobre 1978) ; les quatre soirées « C.U.L. » (New York et Paris, 1980-1981) ; ainsi que les vidéos collectives : Artists Propaganda (1977), Artists Shorts (1979) et La Pub (1980).

Ces documents témoignent du rôle primordial que joua Jean Dupuy en tant qu’instigateur du genre collectif au début des années 1970 et montrent toute l’ampleur de ce phénomène. Plus de trois cents artistes – plasticiens, danseurs, sculpteurs, musiciens, poètes –, principalement des amis, qu’il sut rassembler autour de lui, tels que : Laurie Anderson, Olga Adorno, Christian Boltanski, Robert Breer, André Cadere, Charles Dreyfus, François Dufrêne, Robert Filliou, Simone Forti, John Giorno, Raymond Hains, Bernard Heidsieck, Dick Higgins, Alison Knowles, Arnaud Labelle-Rojoux, George Maciunas, Gordon Matta-Clark, Anthony McCall, Annette Messager, Jacques Monory, Charlotte Moorman, Claes Oldenburg, Patty Oldenburg, Nam June Paik, Charlemagne Palestine, Richard Serra, Ben Vautier, Hannah Wilke. Preuves, si nécessaire, que l’idée de conscience collective développée, prétendument avec paresse, par Jean Dupuy durant plus de dix ans entre New York et Paris passe difficilement inaperçue !

Notes
1. Experiments in Art and Technology fut officiellement lancé à New York en 1967 par les ingénieurs Billy Klüver et Fred Waldhauer, associés aux artistes Robert Rauschenberg et Robert Whitman, après la série de concerts intitulée « 9 Evenings » (69th Regiment Armory, New York, 1966).
2. « Performance et Conscience collective – Interview de Jean Dupuy par Éric Mangion », art press 2, no 18, août-octobre 2010, p. 53.
3. Interview de Jean Dupuy par Éric Mangion, Nice, 2010 (archives Jean Dupuy).

Christian Xatrec vit et travaille à New York
Sa pratique artistique, essentiellement théorique, s’est affranchie de toute préoccupation commerciale.

Directeur de l’Emily Harvey Foundation (New York / Venise) depuis six ans, Christian Xatrec développe un programme artistique expérimental et collectif, en retrait des réseaux officiels
et institutionnels du monde de l’art.

Avec Julia Robinson, il sera le co-commissaire de l’exposition « An Anthology of Chance Operations, Etc. », présentée au musée Reina Sofia, de Madrid, du 11 juin au 28 octobre 2013.
Horaires

______________________________________________

Jean Dupuy left Paris for New York in 1967, having thrown most of his Ab-Ex-style paintings in the Seine in an action he later summed up with an onomatopoeia expressive of watery relief “Plouf! Ouf!” (Splosh! Gosh!).

Only a year after his arrival in New York, his sculpture Cone Pyramid (Heart Beats Dust) became an emblem of EAT.1 Made of dust and activated by visitors’ heartbeats, this sculpture was Dupuy’s first encounter with the idea of the collective but also with what he called Lazy Art, which he later defined as “letting other people do most of the work, instead of me.”2

The immediate success of Cone Pyramid (Heart Beats Dust) was the platform for over forty years spent exploring “techno-sensorial” techniques, with the help of artistic institutions and in the face of an increasingly dominant art market.

In 1972 he left the Sonnabend Gallery to devote himself to a living form of art, an art not shaped by the dictates of the market. In May 1973 he organised his first collective event, an exhibition titled About 405 East 13th Street (#1), for which he invited 30 artists to intervene in and in relation to the venue, a loft (a combined living
and working space). Most of the resulting contributions were minimal, almost imperceptible. None were for sale.
A second About 405 was held in the same space the following year. There he put on his first performance, The Shaving of My Moustache. On a mechanical revolving stage (Lazy Susan) operated by an assistant, he shaved his moustache, visible as a shadow behind a translucent screen.

Jean Dupuy: the collective years (1973-1983) is the first retrospective of the artist’s “collective” period, from About 405 all the way to the last exhibition of this kind, at the Grommet Gallery, shortly before his return to France and his almost monastic retreat to the mountain village of Pierrefeu, north of Nice, where he has devoted himself to his anagrammatic work.

Dupuy very fittingly defined the collective genre (exhibitions, performance and video) as a “sampling of contemporary creation (in the early 1970s), placed under the sign of mixed genres and artistic families (a salad of artists!).”3 It was not, then, a movement, the way Fluxus (George Maciunas) was, nor was it a “franchise” like the New York Avant-Garde Festival (Charlotte Moorman) – two precedents which it would be difficult to ignore. It was simply a “salad of artists” mixed in response to an occasional invitation (issued in the form of a theme, an idea or a title) to exhibit or perform, within the prescribed limits of a given space and/or time interval.

The exhibition at Loevenbruck features numerous archives, videos, photographs and original documents (posters, invitations, publications), many of them being shown for the first time. They evoke the impressive sequence of collective exhibitions,
performances, videos and concerts organised by Jean Dupuy between New York and Paris during the years 1973-1983.

To mention only the most emblematic: “Soup and Tart” (The Kitchen, November 1974); “One Afternoon On a Revolving Stage” (Whitney Museum, March 1976); the “Grommets” series (Grommet Studio, 537 Broadway, 1976-1977); “A Tower at PS1” (PS1, February 1978); the now mythical “Art Performances / Minute” (Louvre, Grande Salle des États, October 1978); the four “C.U.L.” evenings (New York and Paris, 1980-1981); and the collective videos Artists Propaganda (1977), Artists Shorts (1979) and La Pub (1980).

These documents bear witness to the key role played by Dupuy as an instigator of collective art in the early 1970s, as well as the magnitude of the phenomenon itself. His events brought together one hundred and thirty painters, artists, dancers, sculptors, musicians, and poets, most of them from among his many friends, and including: Laurie Anderson, Olga Adorno, Christian Boltanski, Robert Breer, André Cadere, Charles Dreyfus, François Dufrêne, Robert Filliou, Simone Forti, John Giorno, Raymond Hains, Bernard Heidsieck, Dick Higgins, Alison Knowles, Arnaud Labelle-Rojoux, George Maciunas, Gordon Matta-Clark, Anthony McCall, Annette Messager, Jacques Monory, Charlotte Moorman, Claes Oldenburg, Patty Oldenburg, Nam June Paik, Charlemagne Palestine, Richard Serra, Ben Vautier, Hannah Wilke.

Here is ample evidence, if ever it were required, that the idea of collective consciousness developed in that so-called “lazy” fashion by Jean Dupuy over a period of ten years, between New York and Paris, is difficult to ignore.

Notes
1. Experiments in Art and Technology was officially launched in New York in 1967 by the engineers Billy Klüver and Fred Waldhauer, in association with the artists Robert Rauschenberg and Robert Whitman,
after a series of concerts titled “9 Evenings” at the 69th Regiment Armory, New York, in 1966.
2. “Performance and Collective Consciousness,” Jean Dupuy interviewed by Éric Mangion,” art press 2, no. 18, August-October 2010, p. 53.
3. Interview with Jean Dupuy by Éric Mangion, Nice, 2010 (Jean Dupuy archives).

Christian Xatrec lives and works in New York

His artistic practice is essentially theoretical and free of all commercial concerns.
Over the last six years, Christian Xatrec has, as one of the director of the Emily Harvey Foundation
(New York/Venice), developed an experimental, collective artistic programme at a distance from official and institutional art world networks.

With Julia Robinson, he is co-curating An Anthology of Chance Operations, Etc. for the Reina Sofia Museum, Madrid, from 11 June to 28 October 2013.


Copyright © 2006-2013 by ArtSlant, Inc. All images and content remain the © of their rightful owners.