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Paris

Galerie Xippas

Exhibition Detail
The taste of wetness on the brambles is pure,then they rot
108, rue Vieille-du-Temple
75003 Paris
France


March 2nd, 2013 - April 6th, 2013
 
, Ricardo LanzariniRicardo Lanzarini
© Courtesy of the artist and Galerie Xippas
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.xippas.com/
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
paris@xippas.com
PHONE:  
+33 (0)1 40 27 05 55
OPEN HOURS:  
Tue-Sat 10-1; 2-7
TAGS:  
collages
> DESCRIPTION

cénettes dont les sources sont infinies.

« Quand je commence à dessiner, ces représentations ne sont pas préméditées, elles apparaissent tout simplement. Je les laisse flotter, elles sont là » Nietzsche, Kafka, Beckett, Carroll, Marx, faits divers, prisonniers, leadeurs religieux, reproductions d’œuvres d’art, hôpitaux ; Lanzarini mêle les références et tisse un ensemble qui reflète le fonctionnement de la pensée et de l’histoire humaine où les catégorisations et les classifications ne sont le résultat que d’une réflexion à postériori.

Aucune description d’espace ou de temps ; les lieux ne sont pas identifiables, les temps anachroniques. Avec minutie et précision, les personnages se multiplient pour trouver leur place et littéralement envahir les murs de la galerie dans une construction délirante.

 

Ricardo Lanzarini est un illusionniste qui maîtrise les jeux d’échelles pour mieux nous surprendre et nous déstabiliser. De loin les traits arborent une construction abstraite de lignes, un réseau brouillon fait de pleins et de creux. Ce n’est qu’en s’approchant et en s’attardant au plus près des dessins, aidé par la loupe mise à disposition, que l’on distingue les minuscules personnages qui fourmillent dans l’espace et qui en même temps le forme. Sorte de mirage, le tracé s’avère tout aussi bien abstraction que figuration en fonction du point de vue adopté par le spectateur. C’est un véritable travail d’assemblage qui s’opère, un défi à la vision frontale et classique, comme si visualiser serait plus important que voir. Le déploiement des dessins dans un espace plus ou moins restreint (simple feuille à rouler de cigarette ou espace mural) ne cesse de renvoyer en sous main au corps du spectateur, à son implication physique. L’abord du dessin, l’invitation au rapprochement, implique un parcours singulier de l’ensemble et, de fait, un regard fragmentaire. Le collage est omniprésent. Certains éléments sont découpés pour venir se détacher de la surface plane, d’autres sont ajoutés tels les copeaux de crayons de bois pour qu’ils deviennent des chapeaux, des parapluies, des nacelles…De même, l’architecture du lieu avec ses prises électriques, ses angles, ses accidents sur les murs devient un terrain de jeu pour créer un univers global. Le collage plastique construit des images qui ne sont autres que des collages narratifs. La force du travail de Lanzarini réside dans la diversité des points d’entrées et  la multiplicité des histoires à créer et à réinventer.

 

Chez Lanzarini, la narration ne mène nulle part, elle est motrice d’une présence. Elle habite l’espace tout simplement, et renvoie ainsi à l’absurdité de notre présence au monde. De loin l’ensemble abstrait submerge, de près, le regardeur devient un voyeur surplombant un monde fantasmagorique qui ressemble étrangement au sien, et dont les traits, souvent les moins flatteurs, sont grossis. Pas de héros, pas de saints ou de génies, mais des foules de personnages insignifiants qui semblent errer sans buts, sans illusions ni espoirs ; souvent grotesques, dans des positions absurdes ou abscondes. Les personnages nus aux coiffes étranges côtoient des êtres hybrides, difformes, mi-hommes, mi animales. Ils se cachent, se pendent, se disputent, s’enchaînent, se ridiculisent, sont représentés à la selle…évoquant les peintures de Jérôme Bosch ou le courant du réalisme magique spécifique à la  littérature latino-américaine. Avec un humour cynique et décalé, l’artiste pointe les vices et les travers des hommes, renvoyant aux frustrations de la condition humaine, à l’insécurité de nos sociétés. Les visages ont perdu tous traits caractéristiques ou expressions, les personnages sont entrainés dans une chute en avant, dans une spirale vertigineuse dont ils ne peuvent s’échapper. La masse de personnages excentriques et exhibitionnistes où les liens se tissent non sans une certaines violence, apparaît comme une micro société qui n’est autre que le reflet déformé de notre société contemporaine. Avec délicatesse, Lanzarini dépeint un monde où chacun succombe à la tyrannie de la foule. Les juxtapositions d’événements, les couches successives, les jeux de transparences, les échos entre les personnages, les références, entrainent le spectateur dans un univers propice à l’hallucination. * Alec Finlay, A Slower Shower, Island, 2007

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Ricardo Lanzarini is a storyteller of the common place, an observer of everyday details that construct and deconstruct stories from outlines and accumulations of short scenes pulled from unlimited sources. “When I start to draw, these representations are not premeditated, they appear to me. I simply let them float about; they are already there.” In his drawings, Nietzsche, Kafka, Beckett, Carroll, and Marx, flitter past, as do prisoners, religious leaders, reproductions of artworks, and hospitals. Lanzarini mixes these references and weaves them into an ensemble that reflects the inner workings of mankind’s history and philosophical thought where categories and classifications result only from posteriori reflection. There are no descriptions of time and space: places are unidentifiable and time is anachronistic. With meticulousness and precision, these characters multiply and take their places as they literally invade the walls of the gallery in an exuberant construction.

Ricardo Lanzarini is an illusionist who masterfully manipulates scale in order to better surprise and shock the spectator. From afar, details blend into abstract constructions of lines, a messy network full of holes. It is only when we approach and linger close to the drawings (assisted by a magnifying glass available in the gallery) that we see that the space is teeming with miniscule figures who give shape to the space itself: they act as a sort of mirage. The drawing proves to be as abstract as it is a figurative depending on what point of view the spectator takes. This is an impressive assemblage that challenges frontal and classical vision, and seems to privilege visualization over sight. The distribution of the drawings in a space more or less limited (simple cigarette paper or a wall space) does not cease to discretely draw attention to the spectator’s body and his physical implication in the space. Approaching the drawing, the invitation to move closer, implies a singular approach to the ensemble, and thus, a fragmented gaze. Here, the collage is omnipresent. Certain elements have been cutout in order to detach themselves from the flat surface whereas others have been added – like the copious wooden pencils that form hats, umbrellas, hot air balloons baskets, etc. The venue’s architecture – including its electrical sockets, angles, and wall blemishes – becomes a playground where the artist creates a complete universe. The strength of Lanzarini’s work resides in the many entry points and the plethora of stories he creates and reinvents. The plastic collage is built of images that are anything but narrative collages.

In Lanzarini’s work, narration doesn’t lead anywhere: it is a driving force for a presence. It simply inhabits a space and recalls the absurdity of our presence in the world. From far away the abstract ensemble overwhelms us, and close-up, we become voyeurs looking into a phantasmagoric world that strangely resembles our own and whose details, often the least flattering, are exaggerated. Empty of heroes, saints, and geniuses, only crowds of insignificant characters (often grotesque in their absurd and illogical positions) seem to endlessly wander about aimlessly without illusions or hopes. These naked figures with bizarre headdresses socialize with deformed, hybrid beings that are half-man and half-animal. They hide, hang down, tie themselves up, argue, make fools of themselves, and are shown having bowel movements. They evoke both Jerome Bosch’s paintings and magic realism, specifically the Latin American movement. Using cynical and dark humor, the artist highlights mankind’s vices and faults, calling to mind the frustrations of the human condition and the insecurities of our society. Their faces have lost all features and expressions. The figures are led into a forward fall on a dizzying spiral that they can’t escape. The mass of eccentric and exhibitionist characters – who are tied together often through violent interactions – form a micro-society that serves as a deformed reflection of our contemporary society. With delicacy, Lanzarini depicts a world where each person succumbs to the tyranny of the crowd. The juxtapositions of events, successive layers, his play on transparencies, the echoing similarities between characters, and his multiple references, pull the spectator into a universe of hallucinations.


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