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Paris

Galerie Felli

Exhibition Detail
Solo Show
127 Rue Vieille du Temple
75003 Paris
France


February 21st, 2013 - March 31st, 2013
Opening: 
February 21st, 2013 7:00 PM - 9:00 PM
 
Belles et sexy , Agnès BaillonAgnès Baillon, Belles et sexy ,
2011/2012 , Résine
© Courtesy of the artist and GALERIE FELLI
Les valises, Agnès BaillonAgnès Baillon, Les valises, 2012, h. 40 cm
© Courtesy of the artist and GALERIE FELLI
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> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.galeriefelli.com
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
contact@galeriefelli.com
PHONE:  
+33 (0)1 427 88 127
OPEN HOURS:  
Mon to Sat 11am to 1pm & 2pm to 7pm
TAGS:  
sculpture
> DESCRIPTION

Tout au fond de la galerie, une jeune fille contre un mur. Elle est posée là, sur son cube, adossée à ce mur blanc, trop blanc. Une émotion particulière nous vient de
cette jeune fille blanche, trop blanche, suspendue au loin. Cette place lui va. Elle est à peine visible. Une sculpture se voit sur toutes ses faces, mais cette
convention est ici inutile. Cette sculpture cherche à disparaitre, à s’effacer… Et notre regard la retient… Ainsi se présentent tous les personnages de Baillon, ils
s’excusent, s’excusent d’être là, d’être, tout simplement… Leurs présences discrètes et incertaines parviennent pourtant à nous arrêter… Que réveillent-t-ils en
nous ?... Ils dansent, ils chantent quelquefois, mais cela semble inutile, leur insignifiance persiste. Cette fois ci, immobile, contre le mur blanc, les bras baissés, les
mains inutiles, une jeune fille semble vouloir se dissoudre, ou alors se dissocier du monde.

En m’approchant, un détail m’arrête, me touche; Ses orteils sont repliés, en dedans, comme un ultime effort pour s’accrocher au monde, à moins que ce soit une
manière de rentrer en soi et d’initier sa disparition. D’autres détails nous retiennent sur le visage de cette jeune fille.

D’abord, les joues à peine rosies qui semblent signifier un trouble soudain. Est-ce celui d’être vue alors qu’elle croyait ne pas le valoir ?... Ne rien dire, ne rien faire,
ne pas oser, ne pas savoir, juste essayer d’être, alors que rien ne semble fait pour vous…

Il n’y a pas de peur dans son visage, pas d’effroi dans le regard, (de quoi d’ailleurs cette jeune fille, aurait-elle peur? Son innocence lui fait ignorer la brutalité, la rudesse du monde). Dans ce regard il y a juste un doute sur sa propre existence. Les yeux troubles, finement peints trahissent ce doute… Comment décrire, plus encore, ce regard ? La sculpture ne nous habitue pas à de tels regards… Ils sont fait par un peintre, non pas par le seul fait qu’ils soient peints mais par cette part fuyante, indicible qu’ils renferment…

Agnès Baillon est peintre. Elle ne le dit jamais, ou si peu. Sans le savoir elle l'exprime, à travers son admiration constante, débordante, pour Léonardo Crémonini, son Maitre dont l’esprit et les paroles l’inspirent encore.

Elle est peintre à travers une idée de la peinture qui a peu de chose à voir avec une technique mais plutôt à voir avec une dimension autre, poétique, ouverte…

Sembler être sculpteur, tout en demeurant peintre, ou même en étant que cela me parait possible. Sans doute, Agnès Baillon, y parvient-elle grâce à sa subtilité sensible et à une richesse formelle que la sculpture d’ordinaire ne porte pas.

Dans le modelé de sa matière il y a comme une touche singulière et subtile. La somme des détails, leur finesse offre un style particulier, un style à sa sculpture qui devient peinture.

Tous ces détails forment un tout, un tout qui nous emporte, comme cette petite jeune fille transparente, sage, qui nous emporte par son pouvoir inattendu...Cette poupée blanche n’en est pas une, et qui ne peut être l’objet d’un jeu, puisque c’est elle qui nous saisit et nous transforme insensiblement…

Je m’attarde sur un autre détail, ou plutôt deux, qui n’en font qu’un. La base du nez de ce visage puis son sexe à peine visible.

Il est amusant de voir combien le nez et le sexe des pré- adultes se développent de manière simultanée. La vague hormonale transforme le visage par le nez, cet appendice apparent, partie trop visible d’une anatomie qui se modifie plus secrètement ailleurs.

Les personnages de Baillon, tout comme cette jeune fille suspendue, sont en arrêt, figés, dans ce hors- temps qui pourrait les avoir boqué dans leur développement. La base de leur nez et leur sexe, semblent en attente. Ces jeunes filles ne sont pas des Lolitas impatientes et les jeunes garçons ne paraissent pas vouloir sortir de cette quiétude étrange. Ils sont comme des bourgeons mais sans la tension qui devraient laisser affleurer leurs rêves ou leurs désirs.

Agnès Baillon est née en 1963 dans l’Aisne, elle vit et travaille actuellement à Paris. Son enfance se déroule sur le causse du Larzac où elle est mise en contact avec le militantisme des années 1970. Elle associe souvent un sens inné de la rebellion à l’humour subtil qu’elle traduit parfois dans ses œuvres (Marianne tirant une langue « bleu, blanc, rouge »). Elle s’installe à Paris en 1982. Inscrite aux Beaux-Arts, elle obtient son diplôme en 1989 dans l’atelier de peinture de Leonardo Cremonini. C’est dans le cadre de ses études qu’elle commence la sculpture presque « par hasard » et pour se libérer du poids de la peinture : « À l’approche du diplôme, j’ai commencé à faire des « petits bonhommes » broches.  Skira [assistant de L.C.], a vu ce travail et a trouvé ça très drôle. Il voyait aussi que je m’amusais et que je prenais beaucoup de plaisir à les fabriquer « en douce », que j’étais libre dans ce registre. » Ses premières expositions associaient peintures et sculptures. Les corps étaient peints (très souvent des baigneurs), tandis que les têtes étaient sculptées et présentées sur des socles. À partir de 1990, elle se consacre exclusivement à la sculpture (sculpture réalisée en résine, bronze et papier mâché). Agnès Baillon a ainsi façonné un monde à son image, intime, sensible et silencieux, Ses oeuvres ont été présentées à Paris depuis la fin des années 1990 par la Galerie Marie Vitoux, puis Lefor-Openo, enfin la galerie Felli et en province (Lyon,Poitiers, Limoges) mais également à l’étranger (USA, Allemagne, Grèce.) Son travail est représenté dans des collections privées comme la collection Treguer, la Fondation Frissiras d’Athènes (Grèce) et le Wurth Museum (Allemagne).


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