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Paris

Galerie Eva Hober

Exhibition Detail
TRANSHUMANCES
35 - 37, rue Chapon
75003 Paris
France


February 23rd, 2013 - March 23rd, 2013
Opening: 
February 23rd, 2013 6:00 PM - 9:00 PM
 
installation view -TRANSHUMANCES, Benoit HuotBenoit Huot, installation view -TRANSHUMANCES

© Courtesy of the artist and Galerie Eva Hober
, Benoit HuotBenoit Huot
© Courtesy of the artist and Galerie Eva Hober
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> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.evahober.com
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
galerie@evahober.com
PHONE:  
+ 33 (0) 6 25 48 02 12
OPEN HOURS:  
Tue - Sat 11-7pm
TAGS:  
installation
> DESCRIPTION

Benoit Huot est un artiste qui vit et travaille à Montivernage : petit village franc-comtois de quelques âmes, forestier et montagnard, enchâssé au cœur d'une nature présente, pleine de résonances mystérieuses.

Là, Benoit Huot est allé à la rencontre de notre condition imparable de mortel, au travers d'êtres à l'humilité sans failles : les animaux.

Dans la maison à faire revivre, il trouve les corps momifiés de petits rongeurs, d'un chat qui, à la faveur d'un éclair, fut plein de vie. Au lieu de s'en débarrasser comme nous l'aurions tous fait, il les conserve et prend la peine de les entendre. Un nouveau médium s'offre à lui : la sculpture d'Être, âme et corps perdus. Pour les révéler : des objets inanimés, récoltés par l'artiste et son épouse Marie, fidèle soutien dans ce compagnonnage créateur. Ruban, passementerie, tissus de toutes sortes, fourrures, bijoux de pacotille, flèches, iconographie religieuse, crâne de plastique ou d'os, parties de mannequins, fer, bois, miroirs, cordage, fleurs séchées ou plastiques, baigneur plastique, sabre, seront les partenaires de l'artiste. La liste est large mais dans le désir chaque objet est voulu. Puis, pour faire le lien et arriver à un tout, les outils communs du plasticien : colle, peinture, rasoir, ciseaux, etc.

Ainsi le travail peut commencer. Le matériel d'écriture est là, la révélation à l'œuvre, l'artiste à l'écoute, les mains et le regard en intuition. Parfois, des paroles s'échappent pour accompagner le processus plus ou moins rapide, lent, et alors, l'invisible veut bien apparaître.

Le support de Benoit Huot : des animaux – cerf, kangourou, blaireau, dindon, chouette, canard, âne, sanglier, chien… – en attente de l'artiste comme le bloc de marbre est en attente du sculpteur. Et comme le sculpteur sur pierre, Benoit Huot ne sait pas ce qui l'attend, ni ce qui va apparaître de ces corps perdus. Un corps à corps s'engage.

Les animaux, corps perdus, solitaires dans la mort, momifiés naturellement, naturalisés après une course à la peur perdue d'avance, vont se réconcilier avec leur âme et se donner à voir sous l'opération que l'on pourrait qualifier de chamanique de Benoit Huot, car nous sommes sur le terrain des frontières, de l'en deçà, du seuil, de l'imperceptible, de la lisière. L'enjeu est de taille : il s'agit de la profanation du territoire de la mort ; tel Orphée chantant, l'artiste va coudre, coller, assembler, accumuler, superposer, raser, peindre, à un moment, une perle, une fleur, un geste précis et le vivant se fait présent ; Orphée ne s'est pas retourné car nul doute chez les animaux, ils suivent et conduisent Benoit Huot dans leur désir de visible. Parfois, il faut plus de temps et des passages radicaux pour que se révèle une unité présente ; accepter le « ce n'est pas ça » aussi longtemps qu'il le faut.
Un monde autre se présente. Nous voilà nez à nez avec l'œuvre, frontale, identité unifiée. Les corps perdus exultent, le vide cruel est comblé, l'infamie réparée : ils ne sont plus ni trophées ni massacres, ils sont eux et plus aucune peur ne les habite. La beauté d'être soi rayonne, sereine, et nous spectateurs voyeurs, nous nous questionnons : qui serions nous revenant de l'autre côté ? Sans réponse.

Nous sommes sous leur regard autonome, ils n'ont pas besoin de nous, un présent sans faille vibre dans chaque individu et révèle sa splendeur d'être. Ils restent des animaux, rien d'anthropomorphique – ils ont autre chose à faire qu'à nous singer – ni de fonction sacrée. Ils préfèrent être le sacré. Ils sont chargés d'eux et ça leur suffit, ils sont libres en dehors de nos superstitions maladives. Ils assument pleinement leur représentation et d'ailleurs, aujourd'hui, certains se totémisent ou pratiquent la stèle, car ils ne manquent pas d'humour. Pourtant leur présence nous rassure, ils sont bienveillants même meurtris, et s'ils nous inquiètent, ils nous renvoient à une inquiétude ; ils sont à la lisière de deux mondes qui ont du mal à se fréquenter et nous demandent de ne pas les perdre du regard, parce que ce n'est pas tous les jours que l'on peut être à la lisière…

Pour la petite histoire :
J'ai tout d'abord entendu parlé de Benoit Huot avant de découvrir son œuvre. C'était comme une douce rumeur qui parcourait la ville : il fallait aller voir, c'était nouveau, ils étaient impressionnés, mais surtout, dans leur voix, une joie enfantine, et l'on devinait au bout du fil un large  sourire qui envahissait leur visage…

C'est qui ? C'est quoi ? Parce que ça ne suffit pas l'engouement, il y en a de suspects, il faut se confronter physiquement à l'œuvre, voir si pour soi aussi l'émotion se reproduira. Ce que j'ai fait.

Paul-Emmanuel Dubois, 2013


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