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Paris

FONDATION RICARD

Exhibition Detail
« L'apparition des images »
Curated by: Audrey Illouz
12, rue Boissy d'Anglas
75008 Paris
France


January 29th, 2013 - March 9th, 2013
Opening: 
January 28th, 2013 6:30 PM - 8:00 PM
 
"Danza Macabra", (détail), Meris AngiolettiMeris Angioletti,
"Danza Macabra", (détail), 2012
© Courtesy of the artist and de Galerie Schleicher + Lange
> ARTISTS
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://fondation-entreprise-ricard.com
NEIGHBORHOOD:  
8th Arrondissement
PHONE:  
33 (0)1 53 30 88 00
OPEN HOURS:  
Open Tuesday to Saturday from 11 am to 7 pm except holidays
TAGS:  
sculpture, installation, photography, works on paper
> DESCRIPTION

Dans son essai Sur les Traces de Nadar 1, Rosalind Krauss analyse une image réalisée par Nadar et son frère montrant le mime Charles Debureau avec un appareil photographique « mimant l'enregistrement de sa propre image » (Charles Debureau, 1854). Elle attire l'attention sur la nature réflexive de cette image à travers l'usage de la surface blanche créée par le costume du mime et une série de traces que constituent les ombres de la main et de l'appareil qui se détachent sur ce fond blanc. Comme elle l'écrit « ce à quoi cette photographie aspire, c'est à dépasser son statut de simple véhicule passif du jeu du mime. Elle est censée représenter la photographie elle-même en tant que miroir complexe. L'image photographique (...) met en scène dans le même temps son propre processus de constitution en trace lumineuse... ». La nature réflexive de la photographie apparaît donc à rebours constitutive de son histoire.

Cette exposition s'intéresse aux liens qui se tissent entre la nature protocolaire de la photographie argentique et la nature processuelle de pratiques post-conceptuelles. La photographie argentique relève d'un protocole méticuleux dont le développement et le tirage (révélateur, bain d'arrêt et fixateur) en laboratoire constituent des étapes nécessaires à l'apparition des images. Alors que la photographie argentique devient obsolète, sa nature protocolaire resurgit paradoxalement et génère des œuvres où la chaîne de production d'une photographie est démantelée. Les procédés physico-chimiques ne sont plus exclusivement le moyen d'apparition de l'image, mais l'objet même d'une œuvre qui peut dériver vers d'autres media (peinture, sculpture, installation...). Dans l'exposition, les œuvres de Blanca Casas Brullet, Dominique Blais ou Juliana Borinski sont emblématiques de ce détournement. Les sculptures Esborralls de Blanca Casas Brullet sont des papiers pliés rigidifiés par une couche d'argent dont la matière sert littéralement à former l'image. Dans l'installation Ring de Dominique Blais le résidu de bougie coulé dans le bronze rappelle la flamme qui se consumait devant la boîte sténopé. Au cours de la projection LCD (Liquid Crystal Display) de Juliana Borinski, une diapositive enregistre le phénomène de cristallisation en même temps qu'elle le diffuse.

Dans le destin chaotique de la photographie teinté paradoxalement dès ses débuts de positivisme et de croyance, décortiquer les constantes d'un phénomène quasi-magique, en conserver les rites, relèverait presque d'une gageure romantique. Inscrire le processus de fabrication des images dans l'image même comme une tentative de conservation (Lisa Oppenheim, Heliograms, 2011) ou au contraire comme une mise à mal d'un art éminemment reproductible (Sébastien Rémy, Monique Simonet, Spiricom, 2010) sont autant de pistes qui parcourent cette exposition où les sels d'argent n'ont pas fini d'interférer avec la matière, non plus dans le but avoué de capter le réel mais au contraire de composer avec ces particules élémentaires une alternative à sa représentation.

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In her essay Tracing Nadar, Rosalind Krauss analyses an image made by the photographer and his brother in 1854: it shows mime Charles Debureau with a camera, “miming the recording of his own image.” Krauss points to the reflexive nature of the image, which involves the white surface created by the mime’s costume and a series of traces constituted by the shadows of the hand and the camera standing out against the white backdrop. She writes that “the aspirations working in this photograph are to surpass the condition of being the merely passive vehicle of the mime’s performance. They are to depict the photograph itself as a complex sort of mirror. […] [T]he photograph stages […] its own constitutive process as a luminous trace […].” Against received ideas, the reflexive nature of photography thus appears as constitutive of its history.

This exhibition focuses on the ties between the protocol-based nature of silver-based photography and the process-based nature of post-conceptual practices. Silver-based photography involves a painstaking protocol whose development and printing in the laboratory (developer, stop bath, fixer) are necessary steps for images to appear. Paradoxically, just as silver-based photography is becoming obsolete, its protocol-based nature is resurfacing, generating works in which the “production line” of a photography has been taken apart. Physical-chemical processes are no longer the sole means for the image to appear, but the objects of works that may tend toward other media (painting, sculpture, installation…). In the exhibition, works by Blanca Casas Brullet, Dominique Blais or Juliana Borinski epitomize this diversion. Blanca Casas Brullet’s sculptures Esborralls are folded papers made rigid with a silver coating whose material literally helps shape the image. In Dominique Blais’s installation Ring, the residue of a melted candle cast in bronze is a reminder of the flame that once burned in front of the pinhole camera. During the screening of Juliana Borinski’s LCD (Liquid Crystal Display), a slide records the phenomenon of crystallization at the same time as it displays it.

In the chaotic fate of photography, tinged from the beginning with both positivism and belief, analyzing the constant aspects of an almost magical phenomenon, preserving its rites, may amount to a Romantic wager. Inscribing the process of image-making in the image itself as an attempt to preserve (Lisa Oppenheim, Heliograms, 2011) or, on the contrary, as a challenge to an eminently reproducible art (Sébastien Rémy, Monique Simonet, Spiricom, 2010) opens as many entry points into the exhibition. Silver salts still interfere with matter, with the explicit ambition, not to capture the real but, rather, to compose an alternative to its representation through these elementary particles.


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