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Paris

Galerie Kreo

Exhibition Detail
« cellae »
31, rue Dauphine
75006 Paris
France


January 24th, 2013 - March 16th, 2013
 
« cellae » desk, François BauchetFrançois Bauchet, « cellae » desk,
- 74,5 cm x 177 cm x 79,5 cm - 74,5 cm x 241 cm x 79,5 cm; flexibles
© Courtesy of the artist and Galerie Kreo
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.galeriekreo.com
NEIGHBORHOOD:  
6th Arrondissement
EMAIL:  
info@galeriekreo.com
PHONE:  
+33 (0)1 53 10 23 00
OPEN HOURS:  
Open Tuesday to Saturday from 11AM to 7PM
TAGS:  
furniture
> DESCRIPTION

François Bauchet expose neuf pièces. La série est nommée cellae. Ce sont les développements envisagés de structures de rangement, tables de différentes hauteurs, tablettes et étagères. Un feutre technique de couleur claire, régulièrement perforé, imprégné de résine polymère teintée, constitue son matériau essentiel. A cette cohérence de matière répond l'unité du dessin et du rythme qu'il institue. Le lexique formel se répète de manière identique (sérielle), selon la même logique modulaire. Seules changent ses dimensions, en regard des pièces concernées, en réponse à leur échelle, attentives aux fonctions servies. cellae est une ligne fondée sur la répétition et marquée par la coupure. Une cadence et une discontinuité en gouverne les variations : cette concentration très nette du vocabulaire employé fait la force de l'émotion qu'elle suscite. C'est dans la retenue, dans cette contrainte volontaire déclinée à tous ses aspects - matériau, dessin, nombre, fonctions - qu'habite sa vigueur.

Les caractéristiques de l'économie et de la tension (peut-être ce que le design et l'architecture ont su développer de plus durablement fascinant) guident ses traits. Elles en animent la rigueur dynamique. Une mise en oeuvre technique très complexe, mais le sentiment de la facilité et de la légèreté in fine, une tranquille élégance de simplicité et de force. François Bauchet parlera des injonctions de l'évidence, mais c'est de celles qui ne relèvent jamais du sens commun. S'arrêter, par exemple, à la sévérité de cette teinte grise, supposée unique. Elle ne fait pas justice au spectre des nuances d'un gris enchanté : les pigments jouent avec le matériau sur lequel ils se sont fixés. Ils confèrent une profondeur à ce qui n'en a presque pas. Glacis minéral, nacre de synthèse - des forces d'abstraction viennent se loger dans la chimie presque élémentaire des couleurs. Elles viennent agiter le dessin modulaire : la profondeur ne répond plus à la mesure chiffrée, pas plus que la perception de la matière à ses composants. Ce choix chromatique et son traitement même renvoient aux dimensions minérales, animales ou organiques du travail. Ces origines ou influences possibles suscitées par les pièces, appartiennent aussi à la justesse et à la congruence du travail. Au degré initial du processus de création, François Bauchet évoque le sentiment du monolithe (ou monoxyle, ou encore une autre unité de matière) et d'un ouvrage qui s'est apparenté à la sculpture de volumes taillés dans la masse - c'est à dire une démarche de soustraction, non d'addition. Elle va de pair avec l'absence de ces assemblages qui permettent la construction des éléments de mobiliers habituels, ceux que le bois ou le métal exigeraient à peu près certainement. Elle vient à son tour souligner cette cohérence de masse formidable, où la sévérité est un autre jeu.

Bauchet met en place une discipline du biais. Il incline les cloisons des cellules. Il décline une tangente moderne. Un ordre, la règle physique, traduite dans le refus des orthogonalités. Le déséquilibre s'ensuit, inévitablement. Ce déhanchement est une dynamique irrésistible. Fatalement, l'une des beautés du travail est alors précisément son moment d'interruption, là où il s'arrête. cellae est de l'ombre découpée au moyen d'une lame aiguë. La pièce appelle une suite (prolongement, extension) et elle se coupe pourtant. Dans ce moment de la décision, celle qui dit de ne pas vouloir aller au delà, se constitue un manque. Ce rythme est présent dans chacune des neuf pièces. Il est à chaque fois celui généré par la rupture opérée dans la dynamique de leurs variations thématiques. Coupure et section : la vérité de cellae est dans ses tranches, dans le vif. Dans la scission habite une violence qui entame le mouvement. Un sabotage de l'élan qui amplifie, évidemment mieux que sa continuation, l'énergie déployée parce que tous les éléments du lexique nous ont été donnés, tout de suite, et nous continuons seuls sur notre lancée, nous sommes aspirés par ce vide, inspirés par la course engagée, par les différentes perspectives infirmées.

— Pierre DOZE

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François Bauchet is showing nine pieces. The series is called cellae, it is a composition of storage units, tables of different heights and shelves.

A clear-colored felt regularly punctured and soaked in a polymer-tinted resin, constitutes the unique material of this collection. The unity of the material echoes the unity of the design and its rhythm. The formal vocabulary repeats itself in an identical manner, following a single modular logic. Only dimensions change, in response to the scale of each piece, while remaining attentive to its function. cellae is a line anchored with repetition and marked by its fracture. A pace and discontinuity governed by variations: the clear concentration of vocabulary reinforces its strength, while provoking an emotional response. It is within these self-inflicted constraints – material, drawing, number, functions – that the force of this collection persists.

The characteristics of tension and release (possibly the most fascinating side of what design and architecture have developed) guide its lines. These characteristics drive the dynamic rigor of each piece. With a complex technical display, the work maintains a feeling of ease, lightness, simplistic elegance and strength. François Bauchet will speak of “obvious realizations” but they are in fact tainted with complexities. We could for instance reflect on the severity of a shade of grey, supposedly unique. It does not do justice to the variety of tones of this magical grey: its pigments interact with the felt as they are fixed on to the material, bringing a depth to the immaterial. Mineral ice, synthetic mother of pearl – these are abstract forces living in the elementary chemistry of colors. They disturb the modular drawing: depth no longer answering to the numbered measure. This chromatic choice and its treatment, bring us back to mineral, animal, or organic dimensions, which are inherent to the work.

These origins and possible influences, unconsciously awoken in us by the collection, are also a part of the coherence of the work. For Bauchet, the first steps of the creative process can be compared to monoliths—working from the mass of the material to the refinement of the piece, a process of subtracting not adding. This coherence is played out in the wonderful mass of the pieces, where austerity is just another challenge.

Throughout the collection Bauchet uses a modern approach, playing with angles and positioning the partitions of the modules in a slightly slanted manner. It's a refusal to comply with the general and physical order of orthogonality. Unbalance comes forth. cellae is like a shadow cut with a sharp blade. A rhythm can be found in each of the nine pieces. This rhythm is brought forward by a rupture in the dynamic of each piece's thematic variations. Cut and sever: the truth of the series lies in its steep slices, in which can be found violence and therefore movement. A peculiar energy comes from the collection, edging us closer to the void, inspired by multiple perspectives.

—Pierre DOZE


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