Pour répondre à l'invitation du Palais de Tokyo, Lek et Sowat se sont intéressés aux entrailles du Palais : les espaces secondaires qui n'ont pas vocation à accueillir des expositions et sont habituellement fermés au public. Leur architecture périphérique est minimaliste, marquée par le temps (les recoins sont poussiéreux et couverts de toiles d'araignées, la peinture jaunie, les murs sont abimés). Ces lieux n'existent que pour assurer le bon fonctionnement du centre d’art et répondre aux normes de sécurité exigées.
C'est dans un escalier en plongée que Lek et Sowat vont inviter une dizaine de graffeurs reconnus. Un escalier que l'on découvre après une porte fermée. Un espace qui rappelle les lieux précaires et marginaux empruntés par les graffeurs : les friches désaffectées, les dépôts de trains. Une sortie de secours, comme une ligne de fuite : la ligne de fuite architecturale, la fuite d'un graffeur.
Reproduisant le processus déployé lors de leur projet Mausolée (résidence artistique clandestine qui a réuni une quarantaine de graffeurs pendant plus d'un an dans 40.000 m2 de ruines), Lek et Sowat réunissent des artistes de générations et de pratiques différentes : ceux qui développent leurs graffitis dans les terrains vierges, aux plus radicaux, qui n'interviennent que sur les trains et les métros. Chaque artiste apporte son savoirfaire, son tracé, sa gestuelle, son histoire, dans un travail collectif où les ego et les styles se recouvrent, s'entrechoquent et cohabitent dans une composition vaporeuse et furtive, à la bombe, au pinceau, au crayon, à la craie, et autres matériaux de récupérations qui passent entre leurs mains.
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Le Palais sera fermé le 25 décembre et le 1er janvier. Il fermera exceptionnellement à 18h les 24 et 31 décembre.