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Paris

Galerie Suzanne Tarasiève

Exhibition Detail
Entanglement
Loft 19 c/o Suzanne Tarasieve
Passage de l'Atlas / 5 Villa Marcel Lods
75019 Paris
France


November 16th, 2012 - December 22nd, 2012
Opening: 
November 16th, 2012 6:00 PM - 9:00 PM
 
, Terry TaylorTerry Taylor
© Courtesy of the artist and Galerie Suzanne Tarasiève
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.suzanne-tarasieve.com
NEIGHBORHOOD:  
19th Arrondissement
EMAIL:  
veovansy@suzanne-tarasieve.com
PHONE:  
+33 (0)1 45 86 02 02
OPEN HOURS:  
Tue - Sat 11am-7pm
> DESCRIPTION

La galerie Suzanne Tarasieve se réjouit d’inviter à exposer à Paris pour la première fois Terry Taylor, la plus célèbre peintre gothique australienne.

Terry Taylor a un modèle infatigable pour ses peintures à lʼhuile macabres : le crâne humain, autrement dit la tête de mort. Elle peint des crânes indéfiniment répétés, abondamment empilés ici dans une espèce dʼossuaire ou de fosse commune médiévale, isolés là dans une pose digne dʼun portrait royal, revêtus ailleurs de somptueux atours pour quelque mariage rituel, cérémonie sacrificielle ou spectacle biblique. Terry Taylor élabore des portraits solennels et des compositions à personnages qui revendiquent lʼhéritage sombrement sardonique de Jérôme Bosch et James Ensor.

Lʼartiste ressuscite lʼantique tradition des vanités hollandaises du XVIIe siècle et autres memento mori, mais, à la différence de ses prédécesseurs, elle met en scène des protagonistes écorchés jusquʼà lʼos telles de lugubres marionnettes dans un théâtre de charnier.

Les tableaux de Terry Taylor abordent souvent les thèmes catholiques de la confession, de la tentation, des apôtres et des évangélistes. Les têtes de mort sont confrontées à lʼacier dʼune épée, au chanvre rêche dʼune corde de gibet ou plantées sur des piquets en signe dʼavertissement. Lʼartiste se plaît à restituer minutieusement les dentelles effilochées, broderies, guirlandes, cheveux, articulations et cages thoraciques en isolant ses sujets grâce à des fonds noirs envahissants. Les crânes surgissent de cette pénombre comme sʼils étaient éclairés dans quelque atelier dʼantan. La lumière irréelle engendre des tons dʼocres bruns, de terres brûlées et dʼors luisants à la Rembrandt, ponctués par le blanc crayeux des os desséchés ou lʼéclat de lʼémail dentaire. Terry Taylor peint la décrépitude et la décomposition en filets de couleur lisses. Les sorcières ridées de Goya, ses évocations des atrocités de la guerre et sa vision malicieuse du sort des femmes ne sont jamais loin. Les titres cauchemardesques des tableaux évoquent des scènes sanglantes de sacrifices dʼenfants, de suicides ou dʼexécutions et lʼon nʼentrevoit guère de rédemption.

Terry Taylor nous rappelle notre destinée mortelle avec insistance, mais non sans jubilation. Elle débusque la variété, ou même lʼélégance, dans les cavités, les surfaces et les rictus du crâne humain.

Son savoir est empirique. Elle a des têtes de mort dans son atelier et il lui arrive aussi de palper du bout des doigts, à travers la peau, lʼossature du visage dʼun ami afin dʼen tirer un portrait de tête de mort. On a lʼimpression que les squelettes représentés par Terry Taylor nʼont rien dʼexceptionnel pour elle. Ce sont de simples visiteurs parmi dʼautres, venus des profondeurs de la tombe. La fixation sur les têtes de mort et sur notre fin prochaine entre en résonance avec le malaise de la société moderne sur cette question. Elle renvoie aux rites lents dʼune époque ancienne où lʼon côtoyait la mort au quotidien, y compris celle des enfants. Comme Terry Taylor aime à le dire, notre vie nʼest quʼune « visite en coup de vent ».

Terry Taylor vit et travaille à Melbourne. Elle a présenté de nombreuses expositions en Australie, reçu deux prix nationaux de dessin et remporté un concours récompensé par lʼachat dʼune oeuvre pour la National Gallery of Victoria. Ses oeuvres font entre autres partie des collections de Thomas Olbricht à la Khunsthalle de Vienne et de la maison rouge à Paris.

Kate McCrickard


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