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Paris

FONDATION RICARD

Exhibition Detail
« évocateur »
Curated by: Elena Filipovic
12, rue Boissy d'Anglas
75008 Paris
France


October 12th, 2012 - November 17th, 2012
 
«Continental Drift, year 69 (Guinea, Africa and Socialism by Ahmed Sekou Touré)» , Mathieu K.AbonnencMathieu K.Abonnenc,
«Continental Drift, year 69 (Guinea, Africa and Socialism by Ahmed Sekou Touré)» ,
2011, sérigraphie sur verre et papier, 28 x 20,5 cm
© Courtesy of the artist and FONDATION RICARD
> ARTISTS
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://fondation-entreprise-ricard.com
NEIGHBORHOOD:  
8th Arrondissement
PHONE:  
33 (0)1 53 30 88 00
OPEN HOURS:  
Open Tuesday to Saturday from 11 am to 7 pm except holidays
TAGS:  
objects, films, works on paper, installation, performance
> DESCRIPTION

Bien trop souvent, on attend de l'œuvre d'art qu'elle porte pleinement et de façon autonome son propre sens, qu'elle agisse -notamment sur nous- de l'intérieur de ses frontières distinctes, que celles-ci soient spatiales, conceptuelles, temporelles... Ceci a fréquemment pour résultat une attention minime à toutes les histoires qui font l'arrière-plan de la réflexion de l'artiste sur l'objet : film, performance, sculpture, installation ou photographie. Les récits, histoires, indices ou même les mensonges qui précèdent et parfois même excèdent l'œuvre d'art sont ignorés ou, au mieux, considérés comme secondaires. Comment, dès lors, classer les œuvres d'art qui évoquent davantage qu'elles n'affirment, hantent plus qu'elles ne décrètent, déstabilisent plus qu'elles ne rassurent, ceci à partir de positions qui se situent à l'intérieur comme à l'extérieur des contours nets de l'œuvre d'art elle-même ?

Cette quatorzième édition du Prix Fondation d'Entreprise Ricard, comme l'indique l'énoncé de sa mission, rassemble des artistes sur la base de critères préétablis tels que « français ou travaillant en France », « de moins de 40 ans », ou encore « émergents » en vue d'apporter une reconnaissance à quelques-uns et un prix à un heureux lauréat. Il est toujours facile d'expliquer pourquoi certains artistes en sont exclus, les critères et les lignes directrices étant ce qu'elles sont, mais il est plus rare de pouvoir justifier de manière adéquate pourquoi certains ont été sélectionnés et pas d'autres. Les critères tendent à donner une apparence d'objectivité aux processus de sélection, mais tout l'intérêt de la conception d'une exposition, et généralement des activités artistiques, est d'accepter et de bouleverser à la fois les règles qui y président pour en atteindre, en révéler ou en subvertir la logique d'organisation. « Évocateur » propose donc un rassemblement de jeunes artistes satisfaisant aux critères de l'exposition, mais aussi à un autre, plus nébuleux : chacun d'entre eux a montré qu'il ou elle pouvait nous enchanter par un résultat tangible, « l'œuvre d'art ». Par contre, ce qui a mené à ce résultat est tout aussi pertinent du point de vue de leur langage artistique : la recherche, aussi excentrique et idiosyncratique que sophistiquée, le processus de réflexion et le ricochet des idées, qui sont en partie un moyen pour ces artistes d'aboutir à la construction de l'œuvre d'art, sont dans chaque cas aussi féconds que cette œuvre elle-même. Le latent et l'arrière-plan, tout autant voire plus que le concret et le visible, sont les courants sous-jacents qui portent leur travail.

De la recherche minutieuse dans les archives et les explorations de la rhétorique coloniale qui façonnent de nombreux projets de Mathieu Kleyebe Abonnenc à l'observation et la construction des relations humaines, parfois sur le long terme, qui sont à la base des récits filmiques de Bertille Bak, du matériau allusif et des interactions spatiales au fondement des objets de Katinka Bock, aux références à la pop-culture apparemment infinies et divergentes qui sous-tendent les installations multiformes de David Douard, de la recherche quasi archéologique et des histoires particulières sur lesquelles s'appuient les films, les performances et les objets de Louise Hervé et de Chloé Maillet, aux personnages et aux rituels -habituellement fictifs- qui hantent les objets et les performances d'Emilie Pitoiset.

Chacun d'entre eux crée des œuvres d'art qui excèdent leur forme tangible et définitive. Aussi différents que soient les pratiques des artistes réunis dans l'exposition et aussi éloignés que soient ces derniers les uns des autres en termes de sujets, de supports ou de préoccupations formelles, leur présence en un même lieu constitue une expérimentation sur ce que cela peut signifier pour une exposition d'avoir -notamment- pour caractéristique déterminante d'éviter de donner à voir dans les objets exposés un tout, ou sa propre fin.

Elena Filipovic, juin 2012

Dans le cadre de l'exposition, Mathieu K. Abonnenc présente Une trilogie Congolaise, trois films des réalisateurs Est-Allemand : Walter Heynowski et Gerhard Scheumann, projetés chez SALANS (infos pratiques ci-dessous). Ces films reviennent sur les conflits de l'année 1964 au Congo, et tentent de dénouer les implications et les intérêts des pays occidentaux, notamment de l'Allemagne, dans ces évènements.

Kommando 52, 1965, noir et Blanc, 33 minutes. Film en Allemand sous-titré en français.

Der Lachende Mann, 1966, noir et blanc, 61mn 45. Film en Allemand sous-titré en français.

Der Fall Bernd K., 1967, noir et blanc, 31mn44s. Film en allemand sous-titré en français.

durée totale: 02h07mn.

 

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All too often, the artwork is expected to be carrier of its own, fully autonomous meaning; it is expect to act, and to act upon us, from within its discrete borders, be they spatial, conceptual, temporal .... As a result and frequently, little attention is paid to the "back stories" that animate the artist's thinking about the object-whether a film, performance, sculpture, installation, or photography. The narratives, histories, clues, or, even, lies that precede and sometimes even exceed the artwork get ignored or are considered secondary, at best. How, then, to classify artworks that evoke more than they assert, haunt more than they decree, unsettle more than they reassure, and that do all this from places both within and without the neat contours of the artwork itself?

This 14th edition of the exhibition for the Prix Fondation d'entreprise Ricard, according to its mandate, brings together artists on the basis of pre-established criteria, such as: "French-born or living and working in France," "under forty years old," "emerging," etcetera so as to bestow recognition on a chosen few, and a prize, on the lucky winner. It is easy to explain why some artists are excluded-criteria and guidelines being what they are-but it is rare that one can adequately explain why those that are in actually made the cut. Criteria have a way of making the selection process seem objective, but the whole point of exhibition-making, or artistic endeavors in general, is at once to accept and subvert any governing criteria, to reach, and reveal or subvert, its organizing logic. Évocateur proposes a gathering of young artists who fulfill the given criteria for the exhibition, but also fulfill another, more nebulous one: each of the artists have shown that they can enrapture us with a tangible result, "the artwork"; where this result comes from, however, is just as pertinent to their artistic language: the research, as elaborate as it is eccentric and idiosyncratic, the thought process, and the ricocheting of ideas that is part of their way of getting to the construction of the artwork are, in each case, as pregnant as the artwork itself. These are artists for whom the latent, just as much as if not more than the concrete, and the back story, just as much as the visible and tangible, are the undertows that pull their work.

From the elaborate archival research and enquiries into modernity's colonial rhetoric that shape many of Mathieu Kleyebe Abonnenc's projects to the sometimes long-term observation and construction of human relationships that form the basis of Bertille Bak's filmic narratives, from the allusive material and spatial interactions that are the basis of Katinka Bock's objects to the seemingly endless and divergent pop cultural reference points that underpin David Douard's pluriform installations, and from the quasi-archeological research and peculiar stories that are the very foundations of Louise Hervé & Chloé Maillet's films, performances, and objects to the - usually fictional - characters or rituals that haunt Emilie Pitoiset's objects and performances, each creates artworks that exceed their visible, tangible, and ultimate forms. However different the practices of the artists in the exhibition and however far away each of them might be from each other in terms of subject matter, chosen medium, or formal concerns, they are gathered here as an experiment about what it could mean for an exhibition to have as one of its defining characteristics the attempt to avoid having what is on view as the whole or end of the exhibition itself.

Elena Filipovic, june 2012A Congolese trilogy

On the occasion ofthe exhibition, Mathieu K. Abonnenc presents Une trilogie congolaise, three films by East German directors : Walter Heynowski and Gerhard Scheumann, projected by SALANS society. These films return to conflict of 1964 in the Congo, and attempt to unravel the implications and interests of Western countries, including Germany, in these events.

Kommando 52, 1965, black and white, 33 minutes. German film subtitled in French.

Der Lachende Mann, 1966, black and white, 61mn 45. German film subtitled in French.

Der Fall Bernd K., 1967, black and white, 31mn44s. German film subtitled in French.

total time: 02h07mn.

 


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