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Paris

Galerie Dukan

Exhibition Detail
"Forlorn Martyrs Pull A Mirror From The Abyss"
24, rue Pastourelle
75003 Paris
France


December 8th, 2012 - February 16th, 2013
 
Staircase (Armory), Josef BolfJosef Bolf, Staircase (Armory),
2012, Huile, acrylique et encre sur toile, 200 x 150 cm
© Courtesy of the artist and galerie dukan hourdequin
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.galeriedukan.com
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
info@dukanhourdequin.com
PHONE:  
+33 6 61 93 49 29
OPEN HOURS:  
Tuesday - Saturday : 11 am - 7 pm
> DESCRIPTION

La galerie dukan hourdequin est heureuse de présenter Forlorn Martyrs Pull A Mirror From The Abyss (8 décembre 2012 - 16 février 2013), la première exposition personnelle en France de l’artiste tchèque Josef Bolf (1971).

Le peintre Josef Bolf s’est fait connaître du grand public pendant ses études à l’Académie des Beaux-Arts de Prague à la fin des années 90. Il fut alors un des membres fondateurs de l’influent groupe artistique «Le Chevalier sans tête» (Bezhlavý Jezdec, 1998-2002). Ce groupe rassemblait un ensemble d’artistes certes disparates mais qui influencèrent de manière décisive la face des beaux-arts tchèques au début des années 2000. Bien que familiers du contexte international, ils ne copièrent jamais les modèles à succès étrangers mais créèrent des oeuvres ancrées dans leur propre expérience. Cela fut également la première génération d’artistes à ne pas être directement confrontés dans leur travail aux interventions politiques et à la censure des décennies précédentes. Plutôt qu’à la tradition locale, ils se sentaient naturellement liés à la scène artistique étrangère. Leur expérience personnelle était cependant différente et autonome, grandement influencée et marquée par l’inerte grisaille et le profond ridicule de la période des années 70 et 80, que l’on nomme « Normalisation », c’est-à-dire le retour à la «norme communiste» entre le Printemps de Prague et la Révolution de velours.

De fait, les interprètes de l’oeuvre de Bolf ont souvent fait appel, jusqu’à en abuser, à la situation particulière de l’adolescence de Bolf. Ainsi les citations à l’enfance et à l’adolescence dans les coulisses de cités HLM inhospitalières, les intérieurs impersonnels d’écoles et d’hôpitaux facilitèrent les interprétations des tableaux et dessins de Bolf. Cependant, si Bolf fit par la suite ses comptes avec la réalité de son enfance et de son adolescence, il s’y prit d’une manière hautement créative, propre à un observateur scrupuleux et attentif : « Selon moi, les choses agissent à condition de découler d’une vision personnelle. Notre propre expérience historique ou locale n’est pas primordiale pour que le tableau parle. Cela dit : dans mes tableaux, c’est bien mon enfance que je décris, non celle d’un autre. Peut-être est-ce grâce à cela que les choses peuvent communiquer. » Par ailleurs, l’enfance est un thème qui dépasse largement la réalité vue subjectivement, elle constitue un symbole de pureté intérieure, de sentiments naturels sans duplicité, de vulnérabilité, de même que d’insécurité, de recherche et de découvertes.

Les nouveaux tableaux de Bolf perdent de l’impériosité personnelle d’avant, ils gagnent cependant en dépassements plus généraux reflétant une expérience existentielle plus large. Ce qui reste présent dans son oeuvre, et qui y est même renforcé, c’est une sensation d’ambiguïté et  d’inconnu. A côté de motifs de fenêtres et de portes est apparu ces dernières années une série d’oeuvres avec divers entrées et passages. Il s’agit là de sortes de miroirs noirs qui vous engouffrent, de portes de l’enfer qui auraient une apparence réelle et seraient souvent des reflets de lieux concrets. Jamais Bolf ne s’est sans doute autant approché de la peinture médiévale. Sur une vaste toile de 2012 significativement intitulée «Entrée (Vchod)» est représentée l’entrée réelle d’une station de métro praguoise. Le tableau est organisé de manière simple, presque géométrique, le centre de la partie supérieure est occupée par une surface sombre sous laquelle s’éclaire l’entrée menant sous terre. Tout se trouve comme renversé : avec sa lumière, la route vers l’inconnu, vers le centre de la terre apporte un espoir inconnu, tandis que le monde réel en surface se voile petit à petit de ténèbres englobant tout. Le jeune homme qui monte les escaliers apporte la lumière dans les ténèbres, sa tête, qu’il détourne comme pris d’horreur face à ce qu’il voit, est illuminée par une auréole stylisée, rappelant Odilon Redon ou Gustave Moreau. Cette vision constitue une sorte de tableau d’autel d’un monde post-apocalyptique, un monde où tout serait à l’envers.

Nous trouvons sur les tableaux de 2012 une posture neuve pour Bolf dérivée non pas d’impulsions purement Nous trouvons sur les tableaux de 2012 une posture neuve pour Bolf dérivée non pas d’impulsions purement personnelles mais d’une tradition mythologique plus générale. Dans plusieurs oeuvres, il va jusqu’à faire ses comptes artistiques avec un des grands thèmes du romantisme européen – la féérie onirique qu’est «Le Songe d’une nuit d’été» de William Shakespeare. Il se tourne là non seulement vers William Blake, mais principalement aussi vers son contemporain tout aussi mystérieux Henry Fuseli, dont il cite plusieurs motifs. Nous trouvons là aussi des citations à la version cinématographique pour marionnettes qu’en tourna Jiří Trnka. Comparés aux tableaux précédents, les toiles de ce cycle ont également des couleurs différentes, la palette est plus riche, et nous découvrons là à nouveau différents verts que Bolf avait pratiquement abandonné au cours des années précédentes. Le tableau «Chevaux», lui aussi de 2012, bien que différent thématiquement, s’y apparente par sa couleur. Il s’agit d’une oeuvre fort inhabituelle dans le contexte des travaux de Bolf, présentant une scène étonnamment idyllique, presque harmonieuse, d’un paradis imaginaire. Comme si l’artiste faisait ici en quelque sorte ses comptes avec les tableaux tardifs de Paul Gauguin. Manquant de recul, il est trop tôt pour spéculer quant  à savoir    s’il s’agit là d’un  pas   dans une direction  autre, nouvelle,  ou  d’une       exception. Cependant, avec son actualisation et son décalage du motif du loup, déjà utilisé dans le passé, ce tableau rentre lui aussi, d’un point de vue sémantique, dans l’ensemble des nouveaux travaux de Bolf. On y décèle un clair glissement vers un synthétisme formel et thématique visant de nouvelles significations.

Peu à peu, discrètement, des détails surprenants, presque oniriques, s’immiscent dans des scènes réelles. Sur le tableau «Les Escaliers (Schodiště)», une armure de chevalier tachée de sang apparaît sur la mezzanine d’un escalier scolaire. Une silhouette se détache de l’ombre au-dessus de l’escalier, rappelant vaguement la fameuse statue du Penseur d’Auguste Rodin. En multipliant les références et les significations, Bolf pose ici la question de la temporalité, ou de temporalités plurielles, de leur interpénétration, de retours dans le temps, ainsi que de visions extatiques. Il se rapproche ainsi de plus en plus des thèmes les plus fondamentaux de l’histoire de l’art. La plus grande richesse de couleurs de ses nouveaux tableaux fait résonner aussi un spectre plus large de tons et d’harmonies, les sonates intimes se sont changées en  symphonies lugubres ou en opéras dramatiques. On sent dans ces tableaux une certaine mise en scène, la vision théâtrale devient typique pour Bolf avec l’enchevêtrement d’espaces divers. Les différents tableaux se font suite indirectement, forment des récits étranges qui se déroulent dans un labyrinthe imaginaire de souvenirs et de rêves. Le spectateur est de plus en plus fortement happé dans une action en apparence incompréhensible dont il devient partie intégrante. Tout comme les personnages représentés, il devient lui aussi participant involontaire de ces situations fortuites, leur sens restant à être dévoilé et compris. Le peintre est là plutôt dans le rôle d’un metteur en scène ou d’un chef d’orchestre rassemblant diverses formes en un même ensemble compact, il crée son propre «gesamtkunstwerk». Les héros de ces nouveaux tableaux ne sont plus que les adolescents en errance de notre temps mais aussi des personnages mythologiques – chevaliers ou martyres – qui sont comme égarés dans le temps et l’espace, venus des épopées médiévales ou des opéras de Richard Wagner, du cycle Cremaster de Matthew Barney et des portraits de Francis Bacon. Les oeuvres récentes montrent également l’importance de l’expérience que Bolf eut avec l’animation de courts métrages. Le film de marionnettes relie de manière étrange la vision cinématographique et théâtrale et constitue chez Bolf une inspiration évidente pour la construction de l’espace de ses tableaux. En pensée et en esquisses, c’est l’idée d’un nouveau film qui se fait jour ici, peut-être un long métrage cette fois, avec de vrais acteurs.

Cependant, cette nouvelle gamme de couleurs pénètre en partie aussi les toiles créées au cours des derniers mois, bien qu’elles continuent de développer les thèmes typiques pour Bolf de visages voilés de tristesse, d’intérieurs d’hôpitaux abandonnés ou détruits, d’accidents ou de cités HLM inhospitalières. Bolf ne reste pas immobile en un même lieu, il ne se satisfait pas de ce qu’il crée : une sorte de surtension intérieure le pousse sans cesse à découvrir des possibilités toujours neuves pour la peinture. Il serait difficile de prédire la voie que prendra la forme de ses nouveaux tableaux, mais gageons qu’il n’abandonnera jamais son monde de jeunes hommes et jeunes filles esseulés et envahis de tristesse.

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galerie dukan hourdequin is very pleased to present the first solo exhibition in France by Czech artist Josef Bolf (1973) and entitled "Forlorn Martyrs Pull A Mirror From The Abyss".

Josef Bolf is one of the most important Czech artist of his generation with other artists such as Jan Šerých, Ján Mančuška and Tomáš Vanek with whom he formed the group BJ (Bezhlavý Jezdec / Headless Knight) from 1998 to 2002. He was voted the best Czech artist of the year in 2010. He has recently been part of the Prague Biennale (2009), and exhibitions such as "Undercurrent" (2009) and "Decadence Now! Visions of excess" (2010) at Rudolfinum Gallery (Prague), "After the fall" (2010) at Hudson Valley Center for Contemporary Art (New York). In Czech Republic, he has regurlaly exhibited at huntkastner gallery as well as in the Czech National Gallery and Prague City Gallery.

His generation, which emerged in the early 2000s, was also the first to not be subject to censorship of the communist regime and to bind to other foreign artistic scenes and especially western artists. His painting discusses his childhood, the memory of it in the gloom of the period of "normalization" (1968-1989) characterized by a return to the "standard communist" between the Prague Spring and the Velvet Revolution.

On the occasion of this first solo exhibition in France and with the support of the Czech Cultural Center and the Czech Embassy in France, the gallery has published a monographic catalogue with texts by Czech curator Otto M. Urban.

Otto M. Urban, juillet-août 2012


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