STREET now open! Chicago | Los Angeles | Miami | New York | San Francisco | Santa Fe
Amsterdam | Berlin | Brussels | London | Paris | São Paulo | Toronto | China | India | Worldwide
 
Paris

Galerie Nathalie Obadia

Exhibition Detail
… But I prefer dogs with uncropped tails
3 rue du Cloître Saint-Merri
75004 Paris
France


September 13th, 2012 - October 20th, 2012
 
Studio view , Ramin HaerizadehRamin Haerizadeh, Studio view ,
2012 , Mixed media on canvas , variable
© Courtesy of the artist and Galerie Nathalie Obadia
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.galerie-obadia.com
NEIGHBORHOOD:  
4th Arrondissement
EMAIL:  
info@galerie-obadia.com
PHONE:  
+33 (0) 1 42 74 67 68
TAGS:  
collage
> DESCRIPTION

Galerie Nathalie Obadia is delighted to present … But I prefer dogs with uncropped tails, the first solo show in France by Ramin Haerizadeh, one of the major figures on the contemporary Iranian scene.

Known for the distinctive method and gusto with which he subverts images by the use of collage and representations of his own person as the ambiguous protagonist of a theatre of appearances, Ramin Haerizadeh will be presenting a new series of works inaugurating a significant phase in his production.

Allegorical representations of idealised nudes, peaceful Dutch landscapes, commissioned portraits of aristocrats, still lifes of fruits and musical instruments… Ramin Haerizadeh explores a new corpus of images cut out from oil paintings found in Dubai’s bazaar that clumsily ape the iconographic and stylistic clichés of European painting. Working with these sloppy pastiches churned out by artisans in China, Haerizadeh uses their easy visual allure and reassuring familiarity to entice the beholders into confronting a palimpsest-work which questions the processes of repetition, imitation and transformation at work in the writing of history.

This destabilisation of representation is epitomised in the work that greets visitors here, which applies an all-over, saturating use of fragments to images of May 1968 and of Iranian demonstrators during the Islamic Revolution of 1979. Made indistinguishable by a uniform black-and-white treatment, these archive images of the two events merge in an ironic conflation of historical events, with the French libertarian uprising collapsing into the Iranian return to state religion. A colourful portrait of a woman of letters, recalling the iconography of the Marquise de Pompadour, emerges from the magma of monochrome images, only to be “decapitated”; the noble expression of the original replaced by the monstrous combination of a doll’s head and the inquisitorial frown of the Ayatollah Khomeini – as if to tell us that dictators always proceed in disguise.

Inspired by the Louvre project in Abu Dhabi, another picture shows a reproduction of the Mona Lisa beneath the ceiling of the famous Apollo Gallery, fragmented and reworked by a play of symmetry reminiscent of traditional Persian ornamental patterns and the mirror effects used by the modern Iranian artist Mounir Farmanfarmaian. This “orientalisation” of space, already magnificently explored in Haerizadeh’s Wonders of Nature series, displays a refined aestheticism that contrasts with the violent treatment of Mona Lisa and the multifarious female figures in the image, all of them mishandled. In reference to the censorship that hangs over artists in the Muslim world, and to repressed desires that strikes at any manifestation of eroticism, the famous, enigmatic smile of Leonardo’s model - hinting at forbidden female pleasure - has been torn away, leaving the image of a child’s mouth forced wide by the dentist’s tongs, its forced smile possibly evoking the tribulations of women under the Islamic regime.

With great creative liberty, Haerizadeh superposes and tears open strata of images drawn from a medley of sources. Whereas his own persona appears more seldom in these works, featuring only in hide-and-seek games with the visitor, the angels of The Mourning of Christ painted by Giotto in the Scrovegni Chapel, Padua, serve as a leitmotiv in the show, as the heady excerpts from Pasolini’s Salò or the 120 Days of Sodom, which are juxtaposed here and there with newspaper cuttings and regressive graffiti by Keith Haring. From these abrupt combinations subliminally haunted by the faces of dictators – Khomeini, Hitler, Ahmadinejad – emerges a new and terrifying regime of the image within which an inoffensive Coke ad can turn into an incitation to rape.

To accompany the exhibition, a 60-page catalogue is being published in partnership with Éditions Dilecta, and writer and curator Vali Mahlouji.

___________________________________________________

La Galerie Nathalie Obadia est heureuse de présenter « … But I prefer dogs with uncropped tails », la première exposition personnelle en France de Ramin Haerizadeh, l’une des figures majeures de la scène iranienne contemporaine.

A l’occasion de cette exposition, Ramin Haerizadeh – connu pour sa démarche méthodique et jubilatoire de subversion des images via l’utilisation du collage et la mise en scène de soi comme protagoniste ambigu d’un théâtre d’apparences – dévoile une nouvelle série d’œuvres qui marque un tournant significatif dans sa production.
Représentations allégoriques de corps nus idéalisés, paisibles paysages hollandais, natures mortes donnant à voir fruits et instruments de musique, portraits de commandes aristocratiques… Ramin Haerizadeh a travaillé pour la première fois à partir d’une banque d’images découpées dans des tableaux achetés à Dubaï qui reprennent maladroitement les poncifs iconographiques et stylistiques de la peinture européenne. Produits en masse par des petites mains en Chine, ces pastiches de mauvaise facture sont détournés par l’artiste qui instrumentalise leur séduction visuelle et leur familiarité rassurante pour plonger le spectateur dans la contemplation d’une œuvre palimpseste qui s’interroge sur les principes de répétitions, d’imitations et de transformation à l’œuvre dans l’écriture de l’Histoire.
Emblématique de cette mise en crise des représentations, l’œuvre qui accueille le visiteur dans l’exposition mélange, dans une esthétique du fragment et de la saturation all over, des images de mai 68 avec celles de manifestants iraniens lors de la révolution islamique de 1979. Rendues indissociables les unes des autres par le traitement noir et blanc qui leur est uniformément appliqué, les archives de ces deux événements en viennent à se confondre dans un raccourci ironique de l’histoire des peuples puisque au mouvement de libération des mœurs français répond le retour iranien à une religion d’Etat. Un portrait de femme lettrée, rappelant l’iconographie de la Marquise de Pompadour, émerge de ce magma d’images monochromes pour se trouver comme décapitée par l’artiste qui colle, en lieu et place de sa noble figure, la combinaison monstrueuse d’un visage de poupée et du regard inquisiteur de l’ayatollah Khomeiny - signe de ce que les dictateurs avancent toujours masqués.  

Inspiré par le projet du Louvre D’Abu Dhabi, un autre tableau de l’exposition donne à voir une reproduction de la Joconde sous les plafonds de la célèbre Galerie d’Apollon dont l’image fragmentée et revisitée par des effets de symétrie convoque l’héritage ornemental de la tradition persane et les jeux de miroirs de l’artiste moderne iranienne Mounir Farmanfarmaian. Cette orientalisation de l’espace que l’artiste avait déjà pratiquée avec virtuosité dans sa série « Wonders of Nature » tranche par son esthétisme raffiné avec la violence du traitement infligé à la Joconde et aux diverses représentations féminines qui abondent, chacune se trouvant défigurée dans l’espace de l’œuvre. Référence à la censure qui menace les artistes du monde musulman, allusions aux désirs refoulés qui s’attaquent à toute manifestation d’érotisme… le célèbre et si énigmatique sourire de la Joconde - réminiscence d’un plaisir féminin interdit - a été arraché au visage de Mona Lisa, laissant place à l’image d’une bouche d’enfant soumise à l’écarteur chez le dentiste dans un sourire forcé qui pourrait renvoyer aux affres de la condition féminine en régime islamique.

Avec une grande liberté créatrice, Ramin Haerizadeh superpose et déchire des strates d’images puisées dans des répertoires visuels hétérogènes. Alors que la figure de l’artiste se fait plus rare et n’apparaît plus que dans un jeu de cache-cache avec le visiteur, les anges de la déploration du Christ peints par Giotto dans la Chapelle de Padoue reviennent comme un fil rouge dans l’exposition à l’instar des extraits entêtants de Salò ou les 120 journées de Sodome qui côtoient ici et là coupures de journaux et graffitis régressifs de Keith Haring. A la faveur de ces associations intempestives hantées de façon subliminale par le visage des dictateurs – Khomeiny, Hitler, Ahmadinejad –, émerge un nouveau et terrifiant régime de l’image au sein duquel une inoffensive réclame pour coca-cola peut se transformer en publicité pour le viol.


Publié en partenariat avec les éditions Dilecta et l’auteur et commissaire d’exposition Vali Mahlouji, un catalogue de 60 pages accompagne l’exposition.


Copyright © 2006-2013 by ArtSlant, Inc. All images and content remain the © of their rightful owners.