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Paris

Galerie Anne Barrault

Exhibition Detail
RESTONS COURTOIS (LET US BE POLITE)
51 rue des Archives
F- 75003 Paris
France


September 8th, 2012 - October 20th, 2012
 
Série Dérivat, Katherine BosseKatherine Bosse, Série Dérivat,
2010, photographie , 30 x 40 cm
© Courtesy of the artist and Galerie Anne Barrault
> ARTISTS
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.galerieannebarrault.com
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
info@galerieannebarrault.com
PHONE:  
33(0)9 51 70 02 43
OPEN HOURS:  
Tuesday through Satruday : 11am to 7pm.
TAGS:  
video-art, installation
> DESCRIPTION

Cette réunion d’artistes souhaite provoquer la même sensation que le bruit de la craie sur le tableau. Mais, différence notable avec cet exemple, c’est que la gêne, le rejet ou le mal à l’aise s’installeront imperceptiblement. Sournoisement, comme les colibacilles ou la Shigella qui se sont introduites dans le délicieux sandwich grec que vous êtes en train d’ingérer – lequel finira par ressortir plus vite qu’il n’est jamais entré. Le titre de cette expositon a été emprunté à un taux ridicule dans l’opus goncourtisé de Michel Houellebecq intitulé La carte et le territoire (page 63, éd. Flammarion, Paris, 2010). Houellebecq y écrit :

« […] Elle se tourna vers lui, le regarda pensivement pendant quelques secondes avant de demander :
“— Vous êtes l’artiste ? — Oui.” Elle le regarda de nouveau, plus attentivement, pendant au moins cinq secondes, avant de dire : “— Je trouve ça très beau.” […] Pour l’exposition, [Jed] avait choisi une partie de la carte Michelin de la Creuse, dans laquelle figurait le village de sa grand-mère. Il avait utilisé un axe de prises de vues très incliné […] afin d’obtenir une très grande profondeur de champ. C’est ensuite qu’il avait introduit le flou de distance et l’effet bleuté à l’horizon, en utilisant des calques Photoshop. […] “— Vous avez fait beaucoup de photos dans ce genre ? — Un peu plus de huit cents.” »

Bernhard Rüdiger accrochera à hauteur de tête d’homme normalement constitué ce qu’il appelle des Casques avec paratonnerre. Sorte de coiffes contemporanéo-chamaniques, à mi-chemin entre les parures amazoniennes et le casque à ultra-ions permettant une connexion illimitée avec le Cosmos (weeks-end compris). C’est assez singulier car tous les éléments ethniques sont présent – couleurs, matériaux (bois pour ce qui seraient les plumes et terracotta pour la toque) – et le résultat ressemble à un obscur objet du design le plus contemporain qui soit (genre Patrick Jouin). Quoiqu’il en soit, le visiteur ne risque pas d’être frappé par la foudre, le bois et la terre cuite n’étant pas conducteurs.
Juré.

Faycal Baghriche sera présent à travers son film vidéo intitulé Philippe. Selon le bon vieux principe de l’inversion, un pharaon est installé à côté de la station de métro Louvre. Tel qu’on le voit habituellement devant Beaubourg, tout de doré vêtu, raide comme un piquet, il ne bouge que lorsque le passant a placé quelques centimes d’euros dans la coupelle à ses pieds. Le décalage tient au fait que c’est un mannequin qui est glissé sous la toge d’or dès le début du film. Le touriste, habitué à ce que ce soit toujours un être vivant déguisé en pharaon-fantôche, verse son obole et se fait photographier devant. Mais rien ne se passe. Pas le moindre mouvement, et pour cause. Une dizaine de personnes donne généreusement tout au long de ce dimanche 4 mai 2008 (c’est mentionné précisément). Je ne dévoile pas la fin sinon personne ne regardera jusqu’au bout le film – et la rémunération de cette chronique ne sera jamais versée sur mon compte en Suisse.

Heidi Wood pour sa part, installera ses détournements : des Assiettes souvenir sur lesquelles sont imprimés des hauts lieux du tourisme tels que les sinistres ports industriels de Hambourg ou de Brême. C’est impeccablement réalisé, au point que ces assiettes pourraient fort bien être dispersées dans un magasin de souvenirs au pied de la citadelle de Belfort pour être acquises par des touristes qui ne remarqueraient même pas que le motif est en total décalage avec l’endroit visité… Idéal entre la gondole vénitienne lumineuse et le taureau camarguais banderillé en véritable plastique de Chine, sur le poste de télévision.

Guillaume Pinard exposera plusieurs pièces. D’une part, un dessin (Le pêcheur, 65 x 50 cm) plutôt repoussant, et je reste courtois, qui, comme tout ce qui provoque ce genre de réaction, est terriblement attractif. Sans aller plus loin dans la description, je laisse aux curieux le soin de découvrir l’horreur (vieille stratégie publicitaire pour faire venir le public). Ceux qui connaissent l’oeuvre de Guillaume Pinard savent que c’est un spécialiste des freaks. D’autre part, un film d’animation en noir et blanc titré mystérieusement Le Prince Papillon sera projeté. Étant à cette heure en cours de montage, je ne peux ni informer de sa durée ni de son contenu, ne l’ayant pas visionné. C’est pas très sérieux, je sais, mais c’est mieux que de raconter n’importe quoi.

Pour rester dans le domaine de la panne de secteur, Sarah Tritz est en train de réaliser une pièce spécialement pour cette exposition donc, une fois de plus, je ne vais pas pouvoir beaucoup vous éclairer à son sujet… Je ne vais pas non plus vous décrire un film animalier pour occuper l’antenne. Donc, voici ce qu’a confié l’artiste à Madame Anne Barrault —responsable de la galerie qui porte curieusement le même nom :

« “Restons courtois”, on imagine voir des pièces qui en disent long sur un état des choses. Cela sous-entend : Restons courtois mais rétorquons par les formes ! Restons courtois néanmoins, il y aurait de quoi provoquer un duel ! Je n’ai pas envie que les formes soient seulement courtoises, bien que j’aime beaucoup l’idée de la courtoisie. Oui pour ce titre, si les formes montrées sont d’apparence courtoise mais seulement d’apparence ! »

Mimosa Echard présentera des couteaux en céramique qu’elle a modelés. Les lames sont ébréchées, leur fil n’est plus tellement rectiligne. Placés sur un support à hauteur de regard, les uns derrière les autres de manière désordonnée dans un ordre bien précis, ces couteaux créent un paysage désolé, sans végétation, lunaire. Ou bien de haute montagne. Plutôt de haute montagne d’ailleurs. Enfin, il y a bien des montagnes dans la lune, non ? Cette oeuvre est très poétique
mais, si je vous dis que je ne l’ai pas vue, vous allez me croire.

Katharina Bosse accrochera ses peintures de fleurs sur fond de fleurs. Cette tautologie végétale est troublante car, on sent bien qu’il y a quelque chose de bizarre mais il faut un certain temps pour s’apercevoir du dispositif. Bon, c’est pas très courtois de vous dévoiler la fin de l’histoire, mais vous n’avez qu’à faire comme tout le monde : ne pas lire les prospectus qui vous sont fournis. D’ailleurs si vous en êtes à ce passage, c’est bien que vous avez fait preuve d’une application toute à votre crédit.
Ne nous fâchons pas (comme disait Georges Lautner en 1966).

The Duke XXVII/VI/MMXII

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This combination of artists is meant to arouse the same sensation as the noise of chalk on a blackboard. But, contrary to this example, the embarrassment, the reject or the discomfort will come imperceptibly. Slyly, like the coli bacteria or the Shigella that have got into the delicious Greek sandwich you are eating – which will end up getting out more quickly than it got in.

The title of this exhibition has been borrowed at a ridiculous rate from Michel Houellebecq goncourted opus entitled “the Map and the Territory” (page 63, Flammarion publishing, Paris, 2010). Houellebecq writes:

“… She turned towards him, looked at him pensively for a few seconds before asking:

“-Are you the artist? –Yes.” She looked at him again, more attentively, for at least five seconds, before saying:
“-“I think it is very beautiful. … For the exhibition, (Jed) had chosen one piece of the Creuse Michelin map, on which his grandmother’s village appeared. He had shot with an important incline (…) to get a very large depth of field. Only then had he added the distance fuzziness and the skyline bluish effect by using Photoshop layers. (…) “Do you have many photographs of this kind? – A little more than eight hundred.

Bernhard Rüdiger will hang what he calls helmets with lightning conductors at a standard man’s head level. Kinds of shamanic contemporary headgears, halfway between Amazonian ones and the ultra-ion helmet allowing an unlimited connection time with the Cosmos (weekends included). It is quite peculiar since every ethnical element is there – colors, material (wood for feathers, and terracotta for the hat).

However the visitor will not be struck by lightning, as wood and terracotta are not conductors. Cross my heart.

Faycal Baghriche will have his video film Philippe. According to the well-known principle of inversion, a pharaoh stands near Louvre tube station. The same that can be seen usually in front of Beaubourg, dressed in gold, stiff as a poker, only moving when a passer-by puts a few cents in the cup at his feet.  The difference is that a dummy is slipped under the golden toga at the very beginning of the film. The tourist, used to its being always a living body dressed up as a puppet pharaoh, gives his offering, and has his photo taken in front of it. But nothing happens. Not the slightest movement, and for a very good reason. About ten people give generously all along this Sunday, May 4th 2008 (as is mentioned precisely). I will not reveal the end, otherwise no one will watch the whole film – and the payment for this chronicle will never be deposited in my Swiss bank account.

As for Heidi Wood, she will display her diverted works: souvenir plates on which the Meccas of tourists, such as the grim industrial harbors of Hamburg or Bremen, are printed. They are so impeccably made that they could easily be scattered in a souvenir shop, at the foot of Belfort citadel, to be bought by tourists who would not even notice that the design has nothing to do with the visited place… Ideal between the luminous Venetian gondola and the Camargue bull with banderillas, made in China in genuine plastic, on the television set.

Guillaume Pinard will exhibit several pieces. On the one hand, a drawing (the fisherman, 65x50 cm), rather repelling, and I am being polite, which, like everything that provokes this kind of reaction, is very attractive. Without describing it any further, I leave those interested to discover how hideous it is (a well-known publicity stratagem to attract onlookers). Those who are familiar with Guillaume Pinard’s work know he is a specialist of freaks. On the other hand, a black and white animation film, mysteriously entitled Prince Butterfly will be shown. As I have not viewed it, its being edited at the moment, I am unable to give any information about its length or its subject. It is not very serious, I know, but it is better than to talk rubbish.

To keep on with the field of mains failure, Sarah Tritz is making a work especially for this exhibition, so, once more, I am not able to enlighten you much about it…neither am I going to describe an animal film to stay on the air. However, here is what the artist told Mrs. Anne Barrault –the manager of the gallery, which is strangely called after the same name:

“Let us be polite”, you imagine you are going to see meaningful pieces about the state of affairs. It implies: let us be polite, but let us retort through forms! Let us be polite, however, there would be matter to provoke a duel! I do not want forms to be only polite, though I like the idea of politeness very much. All right for this title, if the forms which are exhibited look polite but only on the surface!”

Mimosa Echard will show ceramic knives she has modeled. The blades are nicked, their edges are no longer very straight. They are displayed on a stand at eye level, the ones behind the others, untidily, in precise order. They create a desolate, barren, lunar landscape. Or one of high mountains. Rather of high mountain actually. Are there not mountains on the moon? This work is very poetical, but if I tell you I have not seen it, you are going to believe me.

Katharina Bosse will hang her paintings of flowers on a background of flowers. This vegetable tautology is disturbing, because you do feel there is something odd, but it takes some time before you notice the device. OK, it is not very polite to reveal the end of the story, but do as everybody else: do not read the prospectuses you are given. Actually, if you have reached this passage, it means you have been assiduous: good for you.

Let’s not get angry (as Georges Lautner would say in 1966).

The Duke XXVII/VI/MMXII


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