Chicago | Los Angeles | Miami | New York | San Francisco | Santa Fe
Amsterdam | Berlin | Brussels | London | Paris | São Paulo | Toronto | China | India | Worldwide
 
Paris

Galerie Bertrand Grimont

Exhibition Detail
Deduction
203 bis rue Saint Martin
75003 Paris
France


September 8th, 2012 - October 25th, 2012
 
, Jean-François LeroyJean-François Leroy
© Courtesy of the artist and Galerie Bertrand Grimont
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.bertrandgrimont.com
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
info@bertrandgrimont.com
PHONE:  
+0331 42 71 30 87
OPEN HOURS:  
Tuesday till Saturday /// 2:00pm - 7:00 pm
TAGS:  
collages, sculpture
> DESCRIPTION

« Rabattre une façade sur un plan. » (J.-F. Leroy, août 2012)
Plier, replier, scier, jointer, agencer, mettre à niveau, aplanir, sectionner, travailler l’aplat, découper, étendre, couvrir, recouvrir, espacer, disposer. Et plier derechef le nouveau plan – de travail.

Jean-François Leroy part du plan. Ce que l’on appelle en géométrie le « plan » est un espace à deux dimensions qui peut s’étendre à l’infini et qui n’a pas d’épaisseur théorique. Chez Jean-François Leroy, le bois est utilisé comme matériau usuel et pratique, et non pour ses éventuelles connotations : il signifie simplement le plan. Il peut ainsi avoir une cousine d’usage dans la moquette ou la bâche, et se trouver souligné dans sa planéité par de la fumée, ou par une flaque de peinture, dont la cendre volatile, les contours éclaboussés, signifient à leur tour la capacité qu’a la matière de s’étendre infiniment. Dans ce plan, Jean-François Leroy opère des découpes et des pliures. Il ne découpe pas du bois, il ne fait pas de la sculpture, il ne fabrique pas seulement un objet ; il plie l’espace, il imprime à l’espace une forme globale, selon les règles de la géométrie et de la perception visuelle. Ses couleurs, industrielles, non signifiantes – elles n’évoquent rien et se caractérisent par leur grande neutralité sémantique – soulignent plastiquement les modifications que les objets façonnés font subir à l’espace perceptif dans lequel le spectateur pénètre. Une exposition de Jean-François Leroy n’est donc pas un ensemble d’objets pris dans une causerie bavarde, c’est un ensemble fait pour être éprouvé dans son corps et perçu selon les pliures que l’artiste à imprimées à l’espace – dans une parenté manifeste avec l’art minimal.

On comprend alors la présence dans l’exposition de la galerie Bertrand Grimont de ces papiers carbones pliés : si, dans sa sculpture, Jean-François Leroy plie des plans imaginaires et passe de la 2D à la 3D, dans ses collages, le phénomène est inverse, à moins qu’il s’agisse d’un troisième temps de l’expérience : la feuille (2D) est pliée, on l’imagine parcourir l’air, s’élever, former une pyramide imaginaire (3D), pour être ensuite rabattue, superposant un plan à un autre (2D). Sur la feuille, les différents pliages laissent une trace charbonneuse, histoire de ces expériences spatio-temporelles. Cette présence de la temporalité trouve un écho au cœur du processus créatif de l’artiste pour qui chaque pièce dans l’atelier est susceptible de redevenir plan de travail.

Nous ne vivons pas, pourtant, dans un pur espace géométrique. Nous parcourons quotidiennement plan, angle droit, surface étendue : c’est l’espace architectural, la pièce calibrée, sols, murs - habitation, entreprise, institution (musée) - la table, le bureau, l’étagère (en kit suédois), le banc public, la cabine téléphonique. Nous sommes cernés par d’industrielles surfaces planes et minimales qui impliquent de notre corps différents comportements (usage, contournement) – ou pas, quand on ne peut plus s’étendre sur les bancs publics (mais c’est un autre débat). Les objets de Jean-François Leroy évoquent ces mobiliers burotico-urbains. Pourtant, il n’est qu’exceptionnellement question de s’y asseoir ou d’en faire véritablement usage ; ils sont faits pour être parcourus et contemplés dans leur entour. Le crépi signale ainsi par son incongruité, tout comme le plâtre « organique » teint dans la masse, que l’objet n’est pas soumis à un usage. Il ne s’agit pas d’un propos sur nos sociétés bureautiques. Jean-François Leroy substitue à notre expérience quotidienne, inconsciente et contrainte des formes standardisées, la possibilité d’un autre rapport à l’espace, libre et infiniment modulable, contemplatif. Il opère à son tour une nouvelle pliure dans la perception, et l’ouvre. C’est une expérience légèrement déstabilisante, et proprement esthétique.

Emilie Bouvard

rédactrice en chef de www.portraits-lagalerie.fr


Copyright © 2006-2013 by ArtSlant, Inc. All images and content remain the © of their rightful owners.