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Paris

Art : Concept

Exhibition Detail
DARKCLOUD
13 rue des Arquebusiers
75003 Paris
France


September 8th, 2012 - October 13th, 2012
Opening: 
September 8th, 2012 6:00 PM - 9:00 PM
 
Andrea, Geert GoirisGeert Goiris, Andrea,
2011, Impression lambda Lambda print , 30 x 40 cm 11 3/4 x 15 3/4 in
© Courtesy of the artist and Art:Concept
, Geert GoirisGeert Goiris
© Courtesy of the artist and Art:Concept
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> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.galerieartconcept.com/2012/
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
info@galerieartconcept.com
PHONE:  
+33 1 53 60 90 30
OPEN HOURS:  
Tue-Sat 11-7
TAGS:  
photography
> DESCRIPTION

Pour sa deuxième exposition personnelle à la galerie Art : Concept, Geert Goiris présente une nouvelle série de photographies mêlant paysages, portraits, lieux inconnus et mondes souterrains. Libérant le sujet de son interprétation littérale, les oeuvres de Geert Goiris vont en quelque sorte agir sur les sens et la perception de chacun. Le spectateur perd ses repères et est amené à voir et comprendre la forme selon son propre schéma.

A première vue, les photographies de Geert Goiris pourraient être qualifiées d’abstraites car elles semblent ne pas avoir de points de référence. D’où sont-elles prises? Que voyons nous? Elles ne sont pas reconnaissables immédiatement dans leur forme et leur contenu. L’espace, la temporalité, la ligne d’horizon, le haut, le bas tout semble remis en question. Certaines semblent avoir cédé leur identité et ne pas être en rapport avec cette réalité que nous connaissons normalement. L’abstraction existe non seulement parce que le spectateur a du mal à distinguer l’image, mais aussi parce l’artiste questionne et essaie d’inverser l’effet normalement produit lorsqu’on regarde une photographie. En effet, une photo, comme l’explique Roland Barthes dans la Chambre claire, notes sur la photographie(1) dans l’expression du “ça a été”, représente quelque chose qui a existé; à l’inverse, la peinture et le cinéma peuvent produire des images du passé mais ont aussi la possibilité dans leur processus créatif de devenir des médiums artistiques messagers de choses qui n’ont pas encore eu lieu. Faire de la photographie un médium presque prophétique, c’est ce que Geert Goiris essaie de faire notamment avec ses photos de nuages. Rappelant les écrits de John Ruskin(2), les nuages se retrouvent dotés d’aspects psychologiques et communiquent avec ceux qui les regardent.

DARKCLOUD n’est pas qu’une exposition de photographies au cadrage et point de vue particuliers. Elle met en exergue une volonté que possède Geert Goiris, qui, à la fois artiste et grand voyageur nous amène a déplacer nos rapports avec le désignant et le désigné, à repenser nos concepts et nos schémas mentaux. L’oeil, le cerveau, la foi, la mauvaise foi, le silence, le cosmos, le sujet, les objets, l’histoire sont alors confrontés à un rapport étrange qui s’installe entre la photographie et eux-mêmes.

Comme l’explique Henri Van Lier dans sa Philosophie de la Photographie (3), “l’image photographique, loin de nous renvoyer à une réalité déjà donnée, met en question la réalité et son spectacle. Ainsi, si la photo est un miroir pour le spectateur, ce miroir réfléchit une sorte de fiction du réel et interroge sur notre manière propre de porter notre regard et de nous intérroger sur les choses alentours”. Les images produites par Geert Goiris ont cette capacité de déplacer ces valeurs qui ordonnent la façon dont nous voyons le réel, ou peut être dont nous sommes contraints de le voir, élisant certaines choses comme dignes d’êtres vues et rejetant les autres.

Qu’il s’agisse de paysages architecturaux ou minéraux, d’endroits clos ou de portraits sensibles, les images de Geert Goiris insistent sur l’étrangeté d’un instant et sur la fragilité de nos pensées. Ainsi, l’observation d’une image devient de plus en plus intense quand on y aperçoit quelque chose d’extraordinaire, d’inattendu. Les photographies de Geert Goiris structurent ce qu’il appelle le “réalisme traumatique” qu’il développe dans son travail, créant un monde entre rêve et réalité, un environnement mystérieux voire mystique aux accents dramatiques qui nous incite à nous pencher de plus près sur une réalité inhabituelle, sur l’étrangeté potentielle de telle ou telle chose qui sortie de son contexte nous déstabilise.

Aurélia Bourquard

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For his second solo exhibition at Art: Concept, Geert Goiris presents a new series of photographs that mix landscapes, portraits, unknown places and subterranean worlds. Freeing the subject from its literal interpretation, Geert Goiris’s pieces manage to somehow act on the senses and perception of every individual. The spectator looses all cultural benchmarks and is brought to see and understand forms according to his own scheme of thought.

At first sight, Geert Goiris’s photographs could be qualified as abstract because they don’t seem to have any points of reference. Where have they been taken from? What do we see? Their shapes and contents aren’t always immediately recognizable. Space, temporality, line of horizon, top, bottom: everything seems to be thrown into question. Indeed, some of these images seem to have given up their identity and refuse to be in relation with the reality that we hold for normal. Abstraction here not only exists because the spectator has trouble reading the image, but also because the artist questions and tries to reverse the effect that is normally produced by the observation of a photograph. In fact, as Roland Barthes explains in La Chambre claire, notes sur la photographie(1) by describing the expression: “it has occurred”, photography usually represents something that has existed; whereas painting and cinema may sometimes represent images of the past, but their creative process also holds the possibility of turning these practices into artistic media capable of heralding things that have yet to come. To turn photography into an almost prophetic medium is what Geert Goiris is trying to accomplish, namely with his photographs of clouds. Recalling John Ruskin’s writings(2): clouds find themselves endowed with psychological aspects that allow them to communicate with those who observe them.

DARKCLOUD isn’t merely an exhibition of pictures taken from unusual angles of strangely framed scenarios. It highlights Geert Goiris’s will to displace our relation to signs and their designata and re-think our concepts and usual thought processes. Both photographer and a great traveler, Geert Goiris wishes to disorient us so that our eyes, brain, faith, bad faith, silence, cosmos, subject, object matters and history find themselves confronted to a bizarre relationship established between themselves and photography.

As Henri Van Lier explains in his book called Philosophie de la Photographie(3): “Far from relating to a given reality, photographic images question reality and the way it is put on show. Therefore, if photography can be considered as a spectator’s mirror, it is a mirror that reflects a sort of fiction of reality, interrogating us on the way in which we cast our own eyes and question ourselves on the things that surround us.”…Images produced by Geert Goiris have the ability to displace the values that rule our way of perceiving reality, which may be just the way in which we are forced to see it, electing certain things as worth seeing whilst rejecting others.

Be it an architectural landscape or a mineral one, the image of a closed up space or a sensitive portrait, a picture by Geert Goiris is always based on the strangeness of an instant and on the fragility of our thoughts. The observation of an image becomes more intense when it contains something extraordinary or unexpected. Such images constitute the structure of “traumatic realism”; a notion that the artist has been developing in his work. Geert Goiris achieves this by creating a world between dream and reality, a mysterious and almost mystical environment that contains the dramatic accents that incite us to lean down closer over an unusual reality and on the potential destabilizing strangeness of anything drawn out of its context.

Aurélia Bourquard
Traduction Frieda Schumann

(1) Roland Barthes, La Chambre claire, Ed. Gallimard, Paris, France, 1980
(2) John Ruskin, The Storm-Cloud of the nineteenth century. Lectures réalisées au London Institution, 4 et 11 février 1884. Voir éditions Pallas Athene, 2012, preface par Clive Wilmer et intro. Peter Brimblecombe
(3) see Henri Van Lier, Philosophie de la Photographie, In les Cahiers de la Photographie, 1983.


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