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Paris

Galerie Eva Hober

Exhibition Detail
TALITHA KUM
35 - 37, rue Chapon
75003 Paris
France


September 6th, 2012 - October 6th, 2012
Opening: 
September 6th, 2012 6:00 PM - 9:00 PM
 
, Axel PahlaviAxel Pahlavi
© Courtesy of the artist and Galerie Eva Hober
, Axel PahlaviAxel Pahlavi
© Courtesy of the artist and Galerie Eva Hober
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> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.evahober.com
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
galerie@evahober.com
PHONE:  
+ 33 (0) 6 25 48 02 12
OPEN HOURS:  
Tue - Sat 11-7pm
TAGS:  
figurative
> DESCRIPTION

« Above the road near a laurel wood, I wrapped her up in gathered veils, and I felt a little her immense body. Dawn and the child fell down at the edge of the wood. » Arthur Rimbaud

You enter Axel Pahlavi ‘s art the same way you would “enter the Church”; by accepting that a force that is impossible to name will guide you into a narrative, and take you by the hand to tell you a story of painting. For the artist, all creation is a matter of transformation, but also a matter of relation to the other, to the one who is willing to watch. Let us watch then…

The exhibition is like a journey into a thought that is gradually embodied, and from painting to painting, you have to follow the restrained strength of the staged gestures: from the strangeness of a bandaged hand with a forming drop of blood, to the simplicity of a modest hand gently concealing genitals left in the shadow, a choreography of smoothness is implemented. The painter takes up the themes of the female clown, and echoes a former painting (Love Stronger than Death, 2010); but here the red nose has fallen off, and the face covered in white is raised, open, turned towards something other than itself, and standing on something that is beyond melancholy. Standing close by, the body of the woman is still there, naked, and in a position of eternal waiting. The vertical canvas soars up towards a peak that could be a sky. The painting’s only backdrop is a big creased drape, and its
bareness, that is also fullness, moves deeply.

« Talitha Koum », « young woman, get up and walk! », such are the healing words of Christ. This imperative title coming from both Aramaic and the dawn of time could then be a call for life’s perpetual movement. This young woman is the Virgin Mary, a woman who is still a child, and whom Pahlavi depicts in a large format Annunciation, and in keeping with the best western painting tradition. But unlike Fran Angelico or Botticelli’s paintings, Mary is alone in the picture, modestly depicted in the lower left part of the painting. Archangel Gabriel is embodied in a great light that takes up almost all the space and conjures up abstract painting, not unlike the perceptive depth of a painting by Rothko: emptiness becomes a presence. The artist seems to be willing to hug this small body that will, however, never break; this embodiment of the infinite beauty of the world, wrapped up in her delicate veil.

Then it is Christ’s turn to come on, a crying Christ supporting the body of a staggering person. It is the body of the artist himself, a figure of sin, a monster, a devastated clown in jeans and sneakers, whose dancer body finally gives in to the laws of gravitation, an entirely unconscious body, subjected to the other body, the one that still has the strength to support it, and to prevent it from crashing to the ground. What Pahlavi paints here in this strange self-portrait is the encounter between human freedom and divine freedom, within the communion of two bodies. At last, « I.N.R.I », Christ is on the cross, his hands nailed to it, in a landscape of deep shades of blue; the resurrection is still to come.

Thus, after the Crucifixion, Axel Pahlavi paints the sweetest revelation, that of the love of childhood that now walks through a happy constellation, just before the summer dawn humbly sets and lets the birds start their singing.


Léa Bismuth, art critic

 


 

« En haut de la route, près d’un bois de lauriers, je l’ai entourée avec ses voiles amassés, et j’ai senti un peu son immense corps. L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois. » Arthur Rimbaud

On entre dans l’œuvre d’Axel Pahlavi comme on « entre en religion », en acceptant qu’une force que nous ne pouvons pas nommer nous guide dans un récit, nous prenne par la main pour nous raconter une histoire de peinture. Pour l’artiste, toute création est affaire de transformation, mais aussi de relation à l’autre, à celui qui accepte de regarder. Alors, regardons...

L’exposition se présente comme un voyage dans une pensée qui s’incarne progressivement, et il faut suivre, de tableaux en tableaux, la force contenue des gestes mis en scène : de l’étrangeté d’une main pansée à la goutte de sang qui perle, à la simplicité d’une main pudique cachant légèrement un sexe laissé dans l’ombre, c’est une chorégraphie de la douceur qui se met en place. Faisant écho à un tableau précédent — L’Amour plus fort que la mort, 2010 — le peintre reprend la thématique de la femme clown ; mais, ici, le nez rouge est tombé et le visage barbouillé de blanc s’est relevé, ouvert, vers quelque chose d’autre que lui-même, sur un au-delà de la mélancolie. Tout près, le corps de la femme est encore là, nu, debout, en position d’attente éternelle. La toile, verticale, s’élance vers un sommet qui pourrait être un ciel. Avec pour seul décor un grand drapé froissé, elle bouleverse par son dépouillement, qui est à la fois plénitude.

« Talitha Koum », « Jeune fille, lève toi et marche ! », telle est la parole guérisseuse du Christ. Ce titre à l’impératif venu de l’araméen et du fond des temps, serait alors une exhortation au mouvement perpétuel de la vie. Cette jeune fille c’est justement la Vierge, femme encore enfant que Pahlavi représente dans une Annonciation de très grand format, dans la plus grande tradition de la peinture occidentale. Mais, à la différence de Fra Angelico ou de Botticelli, Marie, modestement représentée dans la partie inférieure gauche, est seule dans l’image. L’archange Gabriel s’incarne en une immense lumière qui envahit presque tout l’espace et évoque la peinture abstraite, pourquoi pas la profondeur perceptive d’un Rothko : le vide devient présence. L’artiste semble vouloir serrer dans ses bras ce petit corps qui ne peut pourtant pas se briser, cette incarnation de l’infinie beauté du monde, fragilement enveloppée dans son voile.

Puis, c’est au tour du Christ d’entrer en scène, le Christ en larmes supportant le corps d’un être chancelant, celui de l’artiste lui-même, figure du péché et du monstre, clown dévasté en jean et baskets, au corps de danseur laissant son poids se rendre enfin aux lois de la gravitation, entièrement évanoui et soumis à l’autre, celui qui a encore la force de le soutenir, de l’empêcher de s’écraser sur le sol. Ce que peint ici Pahlavi dans cet étrange autoportrait, c’est la rencontre de la liberté humaine et de la liberté divine, dans la communion de deux corps. Enfin, « I.N.R.I », le Christ est sur la Croix, les mains clouées, dans un paysage chargé de bleus profonds ; la résurrection est à venir.

Ainsi, après la Crucifixion, Axel Pahlavi peint la plus douce révélation, celle de l’amour de l’enfance qui marche désormais, au centre d’une constellation heureuse, juste avant que l’aube d’été ne se lève humblement et fasse entendre le chant des oiseaux.

Léa Bismuth, critique d’art


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