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Paris

Art : Concept

Exhibition Detail
DOMINIQUE FIGARELLA, RAPHAEL HEFTI
13 rue des Arquebusiers
75003 Paris
France


June 29th, 2012 - July 28th, 2012
Opening: 
June 28th, 2012 6:00 PM - 8:00 PM
 
Sans Titre, Dominique FigarellaDominique Figarella, Sans Titre,
2011, acrylic on aluminium (acrylique sur aluminium), 86 5/8 x 118 x 0 5/8 in (220 x 300 x 1,5 cm)
© Courtesy of the artist and Art:Concept
Untitled (Lycopendium), Raphael HeftiRaphael Hefti, Untitled (Lycopendium),
2011, photogramme, 180 x 115 cm photogram, 70 7/8 x 45 1/4 in
© Courtesy of the artist and Art:Concept
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> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.galerieartconcept.com/2012/
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
info@galerieartconcept.com
PHONE:  
+33 1 53 60 90 30
OPEN HOURS:  
Tue-Sat 11-7
TAGS:  
sculpture, photography
> DESCRIPTION

«Dans l’exercice d’une pratique, l’on a ainsi affaire à des matériaux, c’est une fatalité. Je veux dire qu’à l’origine de la mise en branle d’une activité, il y a toujours un matériau, la relation à un matériau» (1)
Dominique Figarella

Pour sa nouvelle exposition, la galerie Art: Concept est heureuse de présenter le travail de deux artistes : Dominique Figarella et Raphael Hefti. Tous deux ont développé une forme d’abstraction en poussant les matériaux dans leur retranchement et en usant de l’aléatoire. Leurs oeuvres sont autant de toiles, sculptures à retardement, une débandade du matériau en quelque sorte... Figures du ratage, de l’expérimentation, de la maltraitance, les deux artistes se positionnent autour de la question de l’abstraction en contraignant le spectateur à regarder d’un peu plus près, à transgresser les interdits et les sacro-saints écrits artistiques ambiants définissant tel ou tel type de lecture, laissant le champ libre à l’appréhension de chacun quant aux modifications, aux mutations de la matière.

DOMINIQUE FIGARELLA
Dominique Figarella, artiste français né en 1966, aime à bousculer l’ordre esthétique régnant notamment les liens établis sur la base des savoirs et sur les discours produits à propos des matières, des matériaux et de la perception artistique des oeuvres. Car il s’agit bien de perception quand on regarde une oeuvre de Figarella. Cette compréhension des matériaux et du geste est liée aux stimuli visuels, mais la qualité de cette compréhension et des sensations qui en découlent n’est pas seulement relative à ces stimuli. La sensation varie selon le sujet et le contexte dans lequel il la reçoit. La connaissance de la matière, de la forme voire dans certains cas de la non-forme et de l’abstraction fait appel à la subjectivité de chacun. Ainsi, comme l’explique Dominique Figarella dans son essai, Conduire sans permis : « il devient possible de dérégler (ou encore d’esquiver) l’intimité que le matériau entretient avec les énoncés qui font habituellement autorité sur la façon dont on le conçoit et donc sur la façon dont on s’en sert ». (1)
A première vue, on serait tenté de comprendre et ressentir les toiles de Figarella comme des oeuvres purement abstraites, mais le principe même qu’utilise l’artiste est de donner à nos sensations pléthore de clivages. Dans un premier temps, il va recouvrir la toile d’une couche monochrome puis va la parsemer de tâches, celles-ci sont placées de manière aléatoire, interviennent nonchalamment au gré des envies de l’artiste ; le geste est libre, non contrôlé. L’artiste vient à la rencontre de son tableau puis repart. On aurait pu s’arrêter là, parler d’Action painting ou de Dripping. Mais celui que Catherine Perret compare à Diogène dans Peindre à même la réalité (2), semble marcher dans les pas du philosophe. Cynique et indépendant il va recouvrir tour à tour chacune de ces tâches d’aplats de couleur opaques. Masquées, bâillonnées, censurées, elles cessent d’exister pour disparaître derrière un écran. Un voile de pudeur, de cette même censure qui fait partie intégrante de toute histoire de l’art et existe au préalable dans toute société établie prodiguant ses propres codes. Bien qu’exposant cette censure, Figarella va aiguiser notre sensibilité et notre acuité visuelle. Ses aplats carrés, ronds, reprenant des formes géométriques simples vont peu à peu dessiner une forme et donner naissance à une figure formellement identifiable. En faisant s’interpénétrer ainsi les formes, les matières, il va nous inviter à s’interroger sur la constitution des oeuvres et la pensée qui les habite.

L’espace même du tableau devient, chez Figarella, une sorte de lieu où s’affrontent différents points de vues tant esthétiques que matériels ainsi que différents gestes artistiques mêlant l’abstraction ou la figuration, recréant ainsi un espace pictural multiple. Et « bien que le tableau appartienne sans conteste au monde des objets, son fonctionnement reste celui d’un dispositif qu’il pratique et non pas un médium, une discipline ou un métier qui s’appellerait peinture » (3). Dominique Figarella développe un art complexe fait de décisions propres et d’accidents, où des gestes et des tâches sont mis en scène, le tout dans une démarche abstraite travaillant à figurer l’acte même de peindre.

RAPHAEL HEFTI
Né en Suisse en 1978, Raphael Hefti, a suivi une formation en électronique avant d’étudier l’art, le design et la photographie. Au fait des techniques industrielles, il travaille sur les altérations et les possibles erreurs des procédés mécaniques, en les poussant à leur paroxysme afin que ces altérations initiales se transforment en esthétisme. Ce n’est pas la relation entre l’objet et son image qui l’intéresse mais les propriétés mêmes des matériaux.

Prenons l’exemple du verre, ce dernier est à l’origine censé être transparent afin de laisser pénétrer la lumière ou de protéger une vitrine, un lieu de son contenu. Cette volonté d’invisibilité fait de lui en quelque sorte un non-objet car sa destination finale n’est ni plastique, ni empirique dans le sens où son existence est réduite à minima. En ajoutant plusieurs couches d’anti-reflet sur d’immenses plaques de verres, Raphael Hefti inverse le procédé initial de transparence et rend la matière visible. La lumière ne traverse plus directement la surface, elle se défragmente laissant apparaître les différentes couleurs du spectre lumineux qui varient selon l’endroit et l’exposition de la pièce.

Avec les métaux, le procédé utilisé est tout aussi radical. Il interrompt de façon soudaine le processus de trempage de l’acier ; il en résulte que le métal imprime une sorte de mémoire sensitive et devient à son tour un objet fragile, revêtant une palette chromatique allant du rose au bleu en passant par le brun sombre. Sa série de photogrammes, Lycopodium, subit elle aussi cette sorte de maltraitance. Des spores présents sur la mousse de Lycopodium sont placés sur du papier photo, puis brûlés, secoués, exposés et enfin développés donnant ainsi naissance à des visions aux allures d’images satellites voire de paysages extraterrestres.

Mêlant technique, aléatoire et accident, alchimie et métaphysique, Raphael Hefti pousse jusqu’au bout sa volonté de voir jusqu’où la matière peut être modifiée et modifiable : « Les différents matériaux ont chacun leur propre définition, leur causalité – j’explore cela (...) le monde de l’art est plutôt tolérant face à ce genre d’expérimentation », commente t-il dans un récent entretien accordé à Alexis Vaillant. Il s’intéresse via l’expérimentation technique et scientifique à la mise à mort de l’objet en tant que tel. Au XIXème siècle on aurait pu considérer cela comme une pratique magique ou ésotérique mais en destinant cet objet à une fonction nouvelle, celle de l’ultime possibilité via l’absurdité de son imperfection ; Raphael Hefti crée une pure abstraction plastique, une forme précieuse, vaporeuse et infiniment poétique.

Aurélia Bourquard

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For its new exhibition, Art: Concept is happy to present the work of two artists: Dominique Figarella and Raphael Hefti. Both have developed new forms of abstraction by making use of randomness and pushing materiality into its very limits. Their works are canvases as much as time-bomb-sculptures, in a material mayhem featuring failure, experimentation and rough-handedness. Both practices take positions on the theme of abstraction by forcing the spectator to look closer and transgress prohibitions, as well as sacrosanct artistic texts that aim at the pre-definition of reading-levels. Here the understanding is left at your discretion as far as substance variations, changes and mutations are concerned.

DOMINIQUE FIGARELLA

French artist born in 1966, Dominique Figarella enjoys disrupting ruling aesthetic orders, especially links founded on basic knowledge and rhetorics of substance and materials in the artistic perception of works. Perception is the right notion that comes to mind when observing Dominique Figarella’s work: The comprehension of materials and gestures is certainly linked to visual stimuli, but not its quality. The sensation varies according to the subject and the context in which he is receiving it. Awareness of subject matter, knowledge of form, and sometimes also of non-form and abstraction are notions that appeal to the subjectivity of each individual. Hence, as the artist explains it in his essay “ Driving without a Licence”: “ It is thus possible for us to deregulate (or alternatively dodge) the intimacy that this material has with the statements which usually have authority over the way it is conceived, and thus on the way it is used.” (1)

At first sight, we could be tempted to understand and feel Dominique Figarella’s canvases as purely abstract works, but the artist’s guideline is in itself apt to feed our sensations with a multiplicity of dividing lines. First he covers the canvas with a monochrome layer that he splashes with stains. These stains are random and free, only slightly controlled by the artist’s whim in a lose gesture. The artist comes to meet his painting, but then leaves. He could have stopped there, and name it Action Painting or Dripping. But Dominique Figarella, who has been compared to Diogenes by Catherine Perret in the text called: “Painting Straight on Reality” (2), seems to really want to walk in the footprints of the Greek philosopher. Cynic and independent, he goes back to cover up each one of these stains with flat washes of opaque paint. Overshadowed, muffled, censored, they cease to exist and disappear behind a screen, a veil of decency cut into the same stuff that constitutes the censorship that surges to accompany the art-history of any society longing to promote its own codes. Even though exposing this censorship, Figarella seeks to sharpen our sensitivity and our visual acuity. His flat washes are round or square, and the simple geometric shapes that constitute them will lead to the appearance of formally identifiable shapes. By the interpenetration of shapes and materials, Figarella therefore invites us to question ourselves on the constitution of oeuvres and their abiding thought.

The surface of Dominique Figarella’s canvas becomes the battlefield of different points of view, both aesthetic and material, as well as the borderline between different artistic gestures, from abstraction to figurative, in a multiplicity of fields of expression. And: “Although a painting undoubtedly belongs to the world of objects, its functioning remains, to my eyes, that of a system, never of an object. It is this system I use, not a medium, a discipline or a craft called “painting”” (3). Dominique Figarella develops his complex art made of personal decisions and accidents, in which gestures and stains are staged in an abstract process aiming at the representation of the act of painting.

RAPHAEL HEFTI

Born in 1978 in Switzerland, Raphael Hefti underwent training in electronics before studying art, design and photography. Knowledgeable when it comes to industrial techniques, his work is based on alterations and possible errors of mechanical processes, pushed to their paroxysm in order to turn such initial alterations into aestheticism. His interest does not reside in the relation between an object and its image, but in the inherent properties of materials.

Let’s take the example of glass. Originally glass is meant to be see-through in order allow the passage of light while at the same time protecting an inside, a content. This will of invisibility somehow turns glass into a non-object, with its final destination lacking both plastic and empirical evidence and its existence reduced “ad minima”. By adding several layers of anti-reflex coating to the surface of huge glass panels, Raphael Hefti reverses the initial transparency process and makes matter visible. Light no longer crosses the surface in a direct way; it defragments, showing all the different colors.

When using metal, his proceedings are just as radical: He suddenly interrupts the coating process of steel; which causes the metal to imprint a sort of sensitive memory that turns the object into a fragile artifact, assuming a palette of colors ranging from pink to blue and including a shade of burnt brown. The photogram-series called Lycopodium equally undergoes the same ill treatment. Spores that were on the surface of the Lycopodium (broad moss) are placed on the surface of photographic paper and then burnt, shaken, exposed and finally developed to generate visions of imaginary satellite-landscapes and fancy extraterrestrial sceneries.

In a mixture of technique, randomness and accident, between alchemy and metaphysics, Raphael Hefti pushes his will to see how far substance can be modified and altered to its extreme: “Different materials have a different “thingness” to them – I’m exploring this (...) the art world is tolerant to that kind of experiment” he recently said during an interview with Alexis Vaillant.

By means of technical and scientific experiences, he connects to the idea of an extinction of the object as such. During the 19th century this could have been considered a magic or esoteric practice. By changing the destination and altering the object’s function: That of its last possibility through the absurdity of its imperfection, Raphael Hefti creates pure abstraction in a precious, vaporous and infinitely poetic form.

Aurélia Bourquard
Traduction Frieda Schumann


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