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Paris

Galerie Michel Rein

Exhibition Detail
iCi
Curated by: Marie Shek
42 rue de Turenne
75003 Paris
France


June 6th, 2012 - July 28th, 2012
 
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© Courtesy of the Artist and Galerie Michel Rein
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© Courtesy of Galerie Michel Rein
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> ARTISTS
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.michelrein.com
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
galerie@michelrein.com
PHONE:  
+33 (0) 42.72.68.13
OPEN HOURS:  
Tue - Sat 11am-7pm
TAGS:  
video-art
> DESCRIPTION

L’art aurait-il quelque chose à nous apprendre sur l’espace dans lequel nous vivons ?

L’exposition Ici organisée en parallèle de l’exposition Là-bas à la Maison européenne de la photographie nous propose de découvrir des espaces particuliers, des ailleurs, des lieux, hors de tous les lieux qui pourtant restent localisables. Ces sortes d’utopies effectivement réalisées ayant un lieu précis et réel ainsi qu’un temps déterminé, Michel Foucault leur a donné le nom d’hétérotopie. Les vidéos présentées à la galerie Michel Rein invitent le spectateur à s’interroger sur cette fonction hétérotopologique de l’art en lui donnant accès à ces lieux qui expriment une contestation à la fois mythique et réelle de tous les espaces et particulièrement de celui dans lequel nous vivons. Ces contre-espaces artistiques permettent pour un temps d’échapper aux « ici » qui nous oppressent, ils s’opposent aux autres lieux et sont destinés à les neutraliser, à les purifier voire à les effacer.

Pour nous aider à mieux appréhender le concept des utopies localisées, Michel Foucault rappelle que notre existence s'inscrit dans un rapport aux lieux, il fait également référence à nos souvenirs d’enfance et prend comme exemple « le grand lit des parents. C’est sur ce grand lit qu’on découvre l’océan, puisqu’on peut nager entre les couvertures et puis ce grand lit, c’est aussi le ciel, puisqu’on peut bondir sur les ressorts, c’est la forêt, puisqu’on s’y cache, c’est la nuit puisqu’on y devient fantôme entre les draps, c’est le plaisir, enfin, puisqu’à la rentrée des parents, on va être puni » . Le grand lit des parents, c’est bien sûr aussi la tente d’indien sous les draps où la tribu peut venir se retrouver autour du chef pour organiser la résistance contre les cow-boys.
Dresser des tentes le long du boulevard principal de Tel-Aviv, c’est justement ce qu’ont fait des milliers d’habitants pendant l’été 2011 pour manifester leurs indignations face à leurs dirigeants et leurs désirs de changer le système social du pays. Serait-ce la manifestation d’une hétérotopie ?

Au cours de son histoire, toute société peut constituer de nouvelles hétérotopies ou au contraire les résorber et les faire disparaître. Quel plus bel exemple d’invention d’une hétérotopie moderne que la découverte du point G par le gynécologue allemand Ernest Gräfenberg dans les années 1950 ? Le point G est absolument « l’autre lieu », une zone localisable dans le vagin des femmes qui, stimulée, est susceptible de produire des orgasmes. Dans la vidéo G-spotting, Nira Pereg joue sur la confusion des lieux et critique la vision masculine qui réduit le plaisir féminin à la topographie d’un lieu. Sur la façade d’un immeuble aux lignes strictes, la caméra se déplace aux ordres d’une voix autoritaire à la recherche de ce fameux point G.

Dans Bidun (sans titre), Raafat Hattab, un artiste arabe israélien se met en scène en train d’arroser un olivier, de cueillir ses fruits et de prendre soin du carré de terre au milieu duquel il est planté. Une bande-son accompagne cette activité paisible et reprend une chanson libanaise dont le refrain est : je quitte cette place. Lorsque la caméra s’éloigne, le spectateur réalise que l’arbre entretenu est au milieu de la place Yitzhak Rabin à Tel-Aviv, lieu hautement symbolique puisqu’il s’agit de l’ancienne place des rois où le premier ministre israélien fut assassiné en 1995 lors d’une manifestation pour la paix. Raafat Hattab veut continuer à entretenir l’arbre, symbole de son exil sous le regard indifférent des autres habitants.

Créé en 2006 par Omer Krieger et Dana Yahalomi, Public Movement est un organisme de recherche performative qui étudie et met en scène des actions politiques dans les espaces publics. Dans Promotional Video, ils copient le documentaire de propagande avec des danses folkloriques et des marches militaires exécutées par des adolescents devant des symboles nationaux comme la Knesset (le Parlement), la place Yitzhak Rabin ou le théâtre Habima en reconstruction. À partir d’un lieu et d’un moment historique précis dans la vie des individus, ce collectif veut toucher plus largement les communautés, les institutions sociales, les peuples, les Etats et finalement l'humanité dans sa globalité.

Le travail de Joseph Dadoune s’inscrit dans un projet global social et artistique. Depuis près de douze ans, cet artiste franco-israélien travaille auprès de la communauté de sa ville d’enfance pour valoriser et redynamiser les différentes activités tant culturelles qu’économiques de la ville. Ofakim, est une ville industrielle du Negev, construite sur le sable en 1955 qui n’a pas pu résister aux différentes crises économiques. Suite à la fermeture des usines et à l’explosion du chômage, l’avenir s’est progressivement assombri, notamment pour la jeune génération qui déserte progressivement. Dans son court-métrage, Ofakim, Joseph travaille sur le rêve de cette jeunesse abandonnée : dix adolescents dans une procession macabre transportent un missile de l’usine « Of-Ar » (lieu d’un projet architectural de réhabilitation d’une ancienne usine de textile en centre culturel) vers Gaza, d’où il sera lancé.

En 2009, deux artistes Tel-Aviviennes, Maayan Amiret et Ruti Sela ont construit une galerie flottante et un espace de conférence dans les eaux extraterritoriales au large d’Israël. Cet espace neutre - en dehors de tout territoire officiel - accueille des forums sur les questions de frontières et d'identité et compile des films réalisés par divers artistes du Moyen-Orient. Extras s'inscrit dans le cadre d'une série d'interventions qui renouvellent la compréhension des « extraterritorialités » au travers des implications de nouvelles technologies de pointe. Extras – le nom de la vidéo joue sur les deux sens possibles du mot en anglais, « extraterritoriaux » ou « figurants » - montre un groupe de figurants qui participe a une expérience de stimulation magnétique trans-crânienne. Cette nouvelle technologie - par une méthode non invasive - peut stimuler l'activité cérébrale et contrôler artificiellement de l’extérieur les mouvements du corps. Ce travail explore les questions de l’autonomie, des frontières entre les disciplines mais aussi du lieu et de la manière dont s’exerce le pouvoir sur les individus.

Echo, la vidéo de Nir Evron, commence de façon abstraite par des carrés de couleurs neutres, des pixels qui évoluent mécaniquement au son de quatre accords monotones de guitare. Dans un zoom arrière lent et continu, la caméra laisse apparaître progressivement les premiers éléments d’une scène concrète : un haut-parleur lors d'un rassemblement, des feux clignotants etc. La scène vers laquelle Echo ne cesse de nous ramener prend place en 1985, lors de manifestations en réaction à la fermeture de l'usine textile ATA à Haïfa, au nord d'Israël. Fondée dans les années 1930, l'usine produisait des uniformes et autres vêtements pour les travailleurs, les soldats, et des kibboutzim. La fermeture d’ATA est le symbole d’une crise sociale majeure pour le pays, qui a provoqué la mise au chômage de 3000 personnes. Nir Evron nous sensibilise ainsi sur la fin de l’Etat-providence et l’entrée de plain-pied dans la mondialisation.

Notre but dans cette exposition était de montrer des « ailleurs » construits par les artistes comme autant d’hétérotopies dans des « ici » qu’ils voudraient voir changer. Comme le bateau le fût pour Michel Foucault , l’art contemporain est pour nous la plus grande réserve d’imagination. Toutes les cultures constituent leurs propres hétérotopies mais chacune sous des formes variées. C’est le mérite des artistes que de nous révéler et de nous permettre d’accéder à ces lieux secrets. À partir de ce moment-là, libre à chacun de modifier son « ici ».

Marie Shek, mai 2012
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En parallèle de l’exposition : Là-bas, avec Yael Bartana, Nir Evron, Talya Keinan, Daniel Landau, Sigalit Landau, Nira Pereg, Tom Pnini, Tamir Tzadok, Rona Yefamn (cur. Marie Shek), Maison Européenne de la Photographie, Paris, 06.06 – 15.07.2012

Avec l’aimable soutien de la Fondation d'entreprise Ricard.

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ICI (cur. Marie Shek) / Maayan Amir & Ruti Sela, Joseph Dadoune, Nir Evron, Raafat Hattab, Nira Pereg, Public Movement
06.06 – 28.07.2012

Can art teach us something about the space in which we live ?

The exhibition Ici, organised in parallel with the exhibition Là-bas at the Maison européenne de la photographie, allows us to discover intriguing spaces, the far off, places which are far and beyond what we know but which somehow seem localisable. These types of utopias which have a precise and real location yet are from an indeterminable time, were named heterotopias by Michel Foucault. The videos presented at the Galerie Michel Rein invite the visitor to question art's heterotopic function, by showing places which put up a protest, both mythical and real, against all spaces, in particular the one in which we live. These artistic counter-spaces allow for the possibility to escape for a moment from the here and now, the oppressive ''ici''. They are against places and are destined to nutralise and purify them, almost to delete them.

To help us better understand the concept of localised utopias, Michel Foucault reminds us that our existence is inscribed in relation with places, making reference to our childhood memories, taking for example our parents bed. "On this large bed we discover the ocean as we can swim between the covers, it is the sky as we can bounce on the springs, its a forest as we hide in it, the night as we become ghosts between the sheets, it is pleasure, or at least until the parents come home and we are to be punished." Our parents's large bed is also certainly an American Indian's tent where the chief comes to organise the resistance against the cow-boys.

Putting up tents all along the main road in Tel-Aviv is exactly what thousands of the population did during the summer of 2011 to show their indignation at those in charge and their desire to change the social system of the country. Could we call that a protest of a heterotopia?

Throughout their history, all societies can constitute new hererotopias or reabsorb them and make them disappear. What better example of the invention of a modern hereotopia than the discovery of the G spot by german gynecologist Ernst Gräfenberg in the 1950s ? The G spot is the absolute ''other place'', a localisable zone in the vagina, which, when stimulated produces an orgasm. In the video G-spotting, Nira Pereg criticises the masculine vision which reduces female pleasure to the topography of a place and plays with this idea. On the facade of a building with strict lines, the camera moves, following the orders of an authoritative voice, searching for the famous G spot.

In Bidun (untitled), Raafat Hattab an arab-israli artist shows himself watering an olive tree, picking it's fruit and taking care of the square of earth in which the tree is planted. A soundtrack accompanies this peaceful activity, a Lebanese song with the chorus I leave this place. As the camera pulls out, the viewer realises that the tree is in the middle of Yitzhak Rabin square in Tel-Aviv, a highly symbolic place as it was previously the Kings of Israel Square where the Israeli Prime Minister was assassinated in 1995 during a peace protest. Raafat Hattab wants to continue to take care of the tree, a symbol of his exile, under the indifferent gaze of the other inhabitants.

Created in 2006 by Omer Krieger and Dana Yahalomi, Public Movement is a performing research organism which studies and demonstrates political actions in public spaces. In Promotional Video, they copy propaganda documentaries and have teenagers performing folk dances and military marches in front of national symbols such as the Knesset (parliament), Yitzhak Rabin Square or the Habima theatre under construction. By showing a place and a precise historical moment in the life of individuals, this collective attempts to spread their message to communities, social institutions, states and finally humanity in its entirety.

Joseph Dadoune's artwork forms part of a global, social and artistic project. For around twelve years, this franco-israeli artist has been working close to the community in his hometown to valorise and reignite the different cultural and economic activities in the city. Ofakim is an industrial town in the Negev region, built on sand in 1955, which has been unable to avoid the various economic crises. Following the closure of the factories and an the enormous increase in unemployment, the future has become more and more difficult, especially for the young generation who are slowly leaving. In his short film, Ofakim, Joseph looks at the dream of this abandoned youth: ten teenagers, in a macabre procession, cary a missile from the "Of-Ar'' factory (an old textile factory currently being turned into a cultural centre) towards Gaza, where it will be launched.

In 2009, two artists from Tel-Aviv, Maayan Amiret and Ruti Sela, built a floating gallery and conference hall in the extraterritorial waters off Israel. This neutral space - outside any official territory - welcomes forums to discuss the question of frontiers and identity and collects films directed by various Middle-Eastern artists. Extras forms part of the series which renews the understanding of extraterritorialities by the use of new information and communication technologies. Extras - the name playing with both meanings of the word - extraterritorial or an extra in a film - shows a group of extras taking part in a magnetic trans-cranial experiment. This new technology - which uses a non-invasive method- can stimulate cerebral activity and artificially control the outward movement of the body. This work explores the question of independence and the frontiers between disciplines but also the way in which a place can exercise it's power upon individuals.

Echo, the video by Nir Evron, begins in an abstract way with squares of neutral colours, pixels which evolve mechanically to the sound of four monotonous guitar chords. By zooming out slowly but steadily, the camera reveals the first elements of a scene: a loud speaker in a large gathering, two lights blinking, etc. The scene in which Echo takes us is a protest in 1985, reacting to the closure of the textile factory ATA in Haïfa in northern Israel. Founded in the 1930s, the factory produced uniforms and other cloths for workers, soldiers and the kibbutzim. The closure of ATA is the symbol of a major social crisis for the country, which created the unemployment of 3000 people. Nir Evron sensitizes us to the end of the welfare-state and the entry into the quick stream towards globalisation.

The goal of this exhibition was to show the ''elsewhere" created by artists, like so many heterotopias, in the "ici" (the here and now) that the would like to see changed. As the boat was for Michel Foucault, contemporary art is for us, the large reservoir of the imagination. All cultures form their heterotopias but each one in varying ways. It's the merit of the artists which shows us and allows us into secret place. From that moment, everyone is free to modify their here, their "ici".

Marie Shek, May 2012

In parallel with the exhibition : Là-bas, with Yael Bartana, Nir Evron, Talya Keinan, Daniel Landau, Sigalit Landau, Nira Pereg, Tom Pnini, Tamir Tzadok, Rona Yefam, (cur. Marie Shek), Maison Européenne de la Photographie, Paris, 06.06 – 15.07.2012

With the support of Fondation d'entreprise Ricard

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