STREET now open! Chicago | Los Angeles | Miami | New York | San Francisco | Santa Fe
Amsterdam | Berlin | Brussels | London | Paris | São Paulo | Toronto | China | India | Worldwide
 
Paris

Galerie Martine et Thibault de La Châtre

Exhibition Detail
J’accuse !
4 rue de Saintonge
75003 Paris
France


May 26th, 2012 - June 23rd, 2012
 
, Moussa SarrMoussa Sarr
© Courtesy of the artist and galerie martinethibaultdelachâtre
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.lachatregalerie.com
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
contact@lachatregalerie.com
PHONE:  
+33 (0)1.42.71.89.50
OPEN HOURS:  
Tue - Sat 11am-7pm
> DESCRIPTION

C’est l’agitation vaine d’une mouche prise au piège d’un destin auquel elle ne saurait se résoudre, l’excitation triviale d’un singe qui n’en est pas moins homme, le doigt dans l’oreille du sourd ou le drapeau planté dans le cul comme l’étendard dressé de ceux que l’on prend pour des …

Les combats sont-ils fatalement perdus d’avance ? Ne reste-t-il qu’à en rire ? Mais où sont nos super-héros ?

Vidéo-performeur, acteur et sujet principal de ses œuvres, Moussa Sarr dresse là une iconographie à la fois grave et burlesque qui témoigne d’une mythologie personnelle et d’histoires universelles comme autant de tragi-comédies pointant le drame des mascarades humaines, et mettant le corps - à la fois intime, social et politique - à l’épreuve. Figures allégoriques, instincts animaux, postures irrévérencieuses, les œuvres de Moussa Sarr se présentent comme des fables sans morale dont lui même ne connaît pas la fin. La chute, ambiguë, reste libre d’arbitrage.

Qui est derrière ces représentations? Personne, un noir, un corse, un jeune artiste surtout faisant le pari au combien prétentieux de l’art comme moyen d’engagement, d’alerte des consciences et d’appel à l’insoumission. Du langage artistique qui, comme tout grand pouvoir, et pour reprendre les termes du vengeur masqué, « implique de grandes responsabilités »1.

Insolent ? Oui. Militant ? Sûrement, mais pas dupe. Si l’artiste use de signes et de codes chargés de symboles et non innocents, il s’en amuse et joue plus qu’il ne sermonne avec les systèmes ficelés du champ dans lequel il œuvre, « pour la cause ». L’offensive avance là en terrain miné et à l’intérieur même des sphères sclérosées - artistiques, culturelles ou politiques
- qu’il met en question. L’art, territoire de visibilité de ses actions, est le temple de l’égo qu’il s’agit alors de tuer pour creuser les brèches et ouvrir le dialogue. L’artiste se prend ainsi comme première cible d’attaque au moyen de l’objectif, pointé comme le doigt que le poids des plus forts force à baisser, comme une arme retournée contre soi. S’exposer, c’est se tirer une balle dans le pied, et espérer y survivre.

L’humour, « élégance du désespoir », traverse ainsi les œuvres de l’artiste comme une stratégie désarmante pour lever les défenses et entrer en réflexion.
En revers : un questionnement sur l’exercice du pouvoir et les batailles qu’il suppose, une critique assumée vis à vis des préjugés de race, de sexe ou de caste aux conséquences manifestes, maux symptomatiques d’une époque en proie à la crise des valeurs et des représentations individuelles, sociales ou communautaires, des victoires non acquises, et en mal de justiciers…

Moussa Sarr présente ici un travail ancré dans la dérision mais aux résonances grinçantes, qui plus est dans le contexte actuel de révolutions, de montée des extrêmes et d’état d’urgence aux changements.

Zoro des arts à minorité visibles, Spiderman des causes en marge dont nous demeurons seuls juges, pour sa première exposition personnelle l’artiste « accuse » et nous provoque en duel à travers des propositions plastiques qui interpellent là nos facultés au silence, à la riposte ou à la résistance, tout assumant le risque des échappées.

Leïla Quillacq, Décembre 2011.


Copyright © 2006-2013 by ArtSlant, Inc. All images and content remain the © of their rightful owners.