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Paris

Galerie Yvon Lambert

Exhibition Detail
Dérive
108 rue Vielle du Temple
75003 Paris
France


May 12th, 2012 - June 16th, 2012
 
, Cerith Wyn EvansCerith Wyn Evans
© Courtesy of the arttist and Galerie Yvon Lambert
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.yvon-lambert.com
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
paris@yvon-lambert.com
PHONE:  
+33 (1) 42 710933
OPEN HOURS:  
Tuesday – Friday : 10am – 1pm / 2.30pm – 7pm Saturday : 10am / 7pm
TAGS:  
neon, works on paper installation
> DESCRIPTION

Yvon Lambert est heureux dʼannoncer Dérive la première exposition personnelle de lʼartiste gallois Cerith Wyn Evans à Paris. Lʼexposition à la galerie Yvon Lambert, débute le samedi 12 Mai et sera visible jusquʼau 16 juin, 2012.

Cerith Wyn Evans (né en 1958, vit et travaille à Londres) diplômé du Royal College of Art en 1984, dʼabord cinéaste et vidéaste dans les années 80. Fortement influencé par les enseignes lumineuses au début des années 90, il étend sa pratique à lʼinstallation et à la sculpture. Cerith Wyn Evans oriente ses travaux vers la transcription matérielle du langage. Aujourdʼhui artiste majeur de la scène anglaise, lʼartiste élabore une oeuvre aux multiples lectures, qui interroge les limites conceptuelles de la perception. À travers des médiums aussi divers que les néons, le feu d'artifice, le mobilier, le film, la photographie et la sculpture, il emprunte volontiers à la littérature, à l'histoire de l'art comme au cinéma, pour donner à voir et à vivre l'expérience d'une réalité décontextualisée à travers un dandysme poétique.

Cerith présente dans la première salle de la galerie : Shadow une vingtaine dʼoeuvres sur papier, en référence au poème de Stéphane Mallarmé « un coup de dés jamais nʼabolira le hasard » (publié en 1914), ainsi quʼà lʼoeuvre de Marcel Broodthaers (publié en 1969). Lʼoriginalité de Mallarmé est dʼavoir conçu ce poème comme un art de lʼespace, espace de transgression, en luttant contre les alliances arbitraires, laissant le sens surgir par défaut musicalement. Broodthaers, lui dans son oeuvre « Un coup de dés jamais nʼabolira le hasard » déplace tout le texte, ne gardant intacte que sa disposition topographique, réduisant le poème à sa seule structure de lignes noires, élevant ainsi la structure au rang de concept digne dʼun statut en soi.

Wyn Evans joue avec ces deux références en allant plus loin dans la manipulation du texte, il tente de sortir les mots de la logique du langage, en luttant contre les logiques arbitraires, nous laissant avec des espaces interstitiels. Ces vides/espaces laissent transparaitre toujours lʼidée dʼincertitude. Lʼirrégularité des mots et leur dissociation spatiale ainsi présentés par Cerith renvoient lʼélocution à son commencement: lʼespace intérieur, non linéaire, où se constitue lʼidée, car « Toute pensée émet un coup de dés ». Lʼartiste propose également dans le même espace lʼinstallation Untitled ( Black Fountain), oeuvre immatérielle, telle une fontaine de lʼeau, sʼécoule le long dʼun monolithe noir, juché sur un socle en miroir, autour au sol, des paillettes sʼéparpillent dans lʼespace. Objet de méditation, presque mystique, cette roche noire semble touche au domaine du spirituel.

Il choisit ensuite de montrer dans la blancheur des murs de la galerie Yvon Lambert : Beware Fresh Paint, un grand néon dont la lumière blanche suspendue dans lʼespace compose le point de départ du dispositif. Le titre de cette oeuvre se réfère à un souvenir de David Hockney concernant une conversation entre Richard Hamilton et Marcel Duchamp à lʼICA de Londres. Une personne dans lʼaudience aurait demandé à Duchamp quel conseil il aurait pu donner aux jeunes artistes.
Duchamp aurait alors répondu : « Beware Fresh Paint!! », Hockney aurait compris « Beware French Painting! ». Les mots ainsi suspendu dans lʼespace font échos à la peinture fraîche de la galerie, entamant ainsi un dialogue critique entre la construction du texte et son contexte de monstration.

Enfin, Cerith Wyn Evans, présente Audio Column (Incarnation Paris), 2012. Un haut parleur placé au sol diffuse une colonne de son. La bande sonore pour cette oeuvre est une série dʼenregistrements de sons provenant de lʼespace, rassemblés par le télescope Radio Lovell à Jodrell Bank. Libérés de toutes références de notre monde visible, ces sons abstraits soulignent lʼexistence de multiples univers, au delà de notre perception et de notre entendement. Cette oeuvre poétique et immatérielle rend audible dʼautres bruits qui se sont souvent produits à des années lumière dʼici.

Lʼexposition Dérive propose donc à travers ces oeuvres une nouvelle manière de voir et de percevoir. Lʼartiste inverse les sens, crée un nouveau rythme. On comprend mieux alors le titre de lʼexposition. Car Cerith Wyn Evans propose au visiteur de vivre une expérience sensorielle inédite, qui procure le sentiment dʼavoir réappris à voir et à entendre. Il montre également la cyclicité des choses, le réengendrement de la pensée et nous renvoie inlassablement à lʼidée dʼincertitude.


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