Après 22 années d’activité au 70 de la rue Bonaparte, j’ai décidé de déménager ma galerie, de ‘’changer de murs’’. Pour clore cette longue et belle aventure à cette adresse, je propose une exposition atypique et festive, qui échappe commercialement et culturellement aux règles habituelles de la programmation d’une galerie d’art.
Co-imaginée avec Sylvain Sorgato, cette ultime exposition : pour que les murs se souviennent, rassemble 13 contributions qui partagent et assument leur statut d’oeuvres murales. Pas de toile, de cadre ou d’objet ; ni vis, ni clous ; l’oeuvre au plus près du public habite le lieu même et induit un dialogue frontal. L’oeuvre est là, à vif, décisive comme la conséquence directe des gestes des artistes qui exigent une économie de rigueur, sans repentir.
Les murs s’en souviendront : tatoués, marqués comme des décalcomanies et recouverts à l’issue de l’exposition. Car on n’efface pas une intervention murale, on la recouvre. Elle restera soit dans nos mémoires soit sous les repeints successifs d’un lieu voué à un autre destin. L’oeuvre verra peut-être aussi une renaissance dans un autre ailleurs, une appropriation de cette mémoire autrement, dans une autre configuration. Jamais pourtant, le mur investi ne sera tout à fait identique.
Je fais le mur… et vous donne rendez-vous bientôt.
Aline Vidal