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Paris

Galerie Bernard Jordan - Paris

Exhibition Detail
PHILIPPE COMPAGNON Dessins 1984 - 2012
77 rue Charlot
75003 Paris
France


April 7th, 2012 - May 26th, 2012
 
,
© Courtesy of Galerie Bernard Jordan
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.galeriebernardjordan.com
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
galerie@bernard-jordan.com
PHONE:  
33 (0)1 42 77 19 61
OPEN HOURS:  
Tue - Sat 2-7pm
> DESCRIPTION

Cette rétrospective consacrée aux dessins de Philippe Compagnon commence en 1984, date de son arrivée à Paris et du début son travail abstrait géométrique dans lequel il réserve une place très importante au dessin.

C’est au fusain et au crayon noir qu’il réalise ses premiers dessins, mais rapidement il mélange les techniques pour obtenir des matières et des profondeurs de noir différentes, il mêle la peinture ou la gouache noire avec le fusain et la mine de plomb – et même la peinture avec la peinture pour obtenir des effets saisissants sur le fond blanc. Car ce qui différencie dans le travail de Compagnon le dessinateur du peintre, c’est le blanc du papier, et même si les toiles de cette époque reprennent fréquemment un vocabulaire géométrique proche de celui des dessins, la monumentalité du format modifie profondément l’impact des signes abstraits qu’il emploie. Le dessin utilise le papier pour montrer son existence, alors que la peinture fait oublier la toile sur laquelle elle est peinte. Les dessins de Compagnon jouent de l’espace blanc des marges qui entourent la composition pour montrer que nous nous situons dans un autre espace que celui du tableau, un espace beaucoup plus intime où la trace du matériau, le contraste qu’il entretient avec le blanc immaculé du papier permettent de s’appuyer sur la fragilité du support pour trouver des solutions plus nuancées que celles mises en œuvre dans le tableau.

Dès 1985 Compagnon commence à utiliser les crayons de couleur dans son travail, mais ces compositions n’essaient pas de rivaliser avec la peinture, puisque les crayons de couleur ont pour qualité de laisser transparaître la blancheur du papier, cette lumière intérieure qui fait vibrer les étendues colorées, à la différence des aplats des tableaux qui n’ont aucun compte à rendre au blanc de la toile, mais seulement aux autres couleurs présentes, puisqu’il n’y a aucune distance entre le tableau et lui-même, tandis que le dessin se tient en retrait des marges du papier sur lequel il est réalisé.

Pendant toute cette période de découverte intense, Philippe Compagnon réalise également des papiers croisés, qui sont la réunion de 4 dessins différents au fusain glissés les uns sur les autres, et les parties apparentes de ces dessins en recomposent un autre né de cette superposition, mais l’essentiel de ce travail, c’est le papier, et non le dessin qui naît du recouvrement, car cette composition qui pourrait apparaître de la même nature que celle du collage est en réalité un pliage du blanc du papier que le noir du dessin met en valeur par sa disposition.

Les dessins des années 90 accompagnent les avancées de la peinture de Compagnon, mais toujours avec une attention très poussée portée à la matière du dessin, avec un velouté dans les ombres qui assouplit la rigidité de la structure toujours présente, même dans la série des dessins aux crayons de couleur réalisés en 1999, où les éléments de la composition sont empruntés à des motifs de décoration d’intérieur et réemployés avec une jubilation et un humour évidents qui contrastent avec la gravité de nombreux dessins en noir et blanc réalisés à la même époque. Désormais le blanc n’entame plus la composition intérieure des dessins, il reste dans les marges comme élément de présentation de l’œuvre, mais ne fait plus irruption avec des découpes ou des passages à l’intérieur de la composition. Le carré central dans lequel les formes s’inscrivent concentre maintenant toute l’attention.

Dans les derniers dessins réalisés aux crayons de couleur en 2012, Philippe Compagnon définit un nouvel espace graphique coloré qui utilise le vocabulaire plastique de son travail actuel, mais avec une inflexion nouvelle, une réorganisation différente, puisque pour Compagnon, le dessin reste une exploration permanente, un lieu de découverte où toutes les possibilités graphiques du papier sont mises à l’épreuve avant de pouvoir aborder les problèmes posés par la monumentalité de ses toiles.


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