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Paris

In Situ / Fabienne Leclerc

Exhibition Detail
Perruques voitures & Archéologie contemporaine
19 Rue Michel Le Comte
75003 Paris
France


March 8th, 2012 - April 28th, 2012
 
Fire Truck, Meschac GabaMeschac Gaba, Fire Truck,
2008, Braided artificial hair and mixed media, 78 x 50 x 30 cm
© Courtesy of the artist and In Situ / Fabienne Leclerc
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.insituparis.com/
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
GALERIE@INSITUPARIS.FR
PHONE:  
+33 (0)1.53.79.06.12
TAGS:  
installation
> DESCRIPTION

The archaeology of the future

For more than ten years now, one of Africa’s most pertinent contemporary artists, Meschac Gaba, has been rewriting the contemporary history of his motherland. In a recent solo exhibition (Kassel, Las Palmas) a collection of works spelled out his vision. Remixing clichés that run rampant in the art world, Gaba deconstructs conventional wisdom and transforms such accepted notions as the museum in order to adapt them to his personal view of the world. It is a vision made up of conceptual collages which imbue his universe with an immediacy that refers to neither place nor origin. Through humor and a perspective which he has acquired from years of artistic experimentation that has taken him across the globe, Gaba presents a world in the making. At its essence his work reminds me of the epigraph to “L’ecume de jours” by Boris Vian: “This story is true since I invented it from the beginning to the end.” Gaba draws a fine line between fiction and reality, redirection and invention. The story he tells is an ancient one going back to the beginning of time, like a paradoxical archaeology of the possible. His wig cars and his contemporary archaeology are emblematic of the way he decodes the signs around him. In both series he plays with the juxtaposition of opposites.

Can archaeology be contemporary? Can today’s mundane objects be the subject of research by future generations? When it comes to wigs, they illustrate the timeless conflict between the ancient and the modern, a tradition that opposes and is complicit in the aspirations of what has become a consumerist society. The questions Gaba raises in a pretend naïve manner are those of a globalization that wants to eradicate all differences. He says we are all the same, precisely because of that which makes us different and that which bolsters our humanity.

Simon Njami

Fake Realities

Citroën, Jeep, Studebaker, Smart, Picasso, Tractor, Oil Tanker… Is this an incomplete list from a car show? Meschac Gaba didn’t think it necessary to include a Mercedes or a Rolls to his collection. That might have been nouveau riche. But the tractor and the tanker stick out; they should be in different shows. And different realities too. Maybe the farm show or the petroleum fair. Africa isn’t forgotten. And social and political commentary are just around the corner. But beyond Africa, this collection of wigs invokes another show, the beauty parlor this time, and the artist reveals an aspect of Africa by suggesting a dual understanding of these bizarre objects. The first calls to mind the ordinary dreams that come true for ordinary citizens through the external display of their desires. I’m thinking about the novel who’s author I can’t remember, called “My Mercedes is Bigger than Yours.” Competition and machismo. The funny thing is that the message is delivered via feminine things. Fineries that, and here’s the deeper significance, that invoke transvestism and masks. For a few years now artificial hair weaves have been huge in Africa and today it’s rare to see women with their own hair. Beyond women though, the whole society is targeted, without judgment or condemnation. It’s up to us to figure out the level of alienation that is carried in artificial hair itself. Maybe one day they’ll end up in the contemporary archaeology of an artist who gathers artifacts which he believes are witness to our time on earth, among all the other bits and pieces and handiwork. Wigs as archaeology is nothing more than fake reality, a call to make our own museums and to redefine the hierarchy of things.

Simon Njami

L’archéologue du futur

Meschac Gaba, l’un des artistes contemporains d’Afrique les plus pertinents, travaille depuis plus d’une décennie à la réécriture d’une histoire contemporaine du continent dont il est issu. Dans sa dernière exposition personnelle (Kassel, Las Palmas), il a montré un ensemble qui donnait l’articulation de son propos. Jouant sur les clichés qui ont cours dans le monde de l’art, il a décidé de déconstruire les idées reçues et de détourner le sens conventionnel de notions comme celle de musée, pour les adapter à sa propre vision du monde. Une vision faite de collages conceptuels qui confère à son univers une immédiateté qui ne renvoie à aucune géographie ni à aucune origine. Avec un humour et une distance qu’il a acquis au fil des années à travers les différentes expériences artistiques qui lui ont fait parcourir le monde, il nous raconte un monde en devenir. Le travail de Gaba, dans son essence, me renvoie à ce que disait l’écrivain Boris Vian en exergue de son «L’écume des jours » : « cette histoire est vraie puisque je l’ai inventée d’un bout à l’autre ». Gaba joue une partition subtile entre fiction et réalité, détournements et inventions. L’histoire qu’il nous raconte est une histoire très ancienne qui remonte à l’origine des temps, comme une paradoxale archéologie du possible. Ses perruques voitures et son archéologie contemporaine sont emblématiques de sa manière de déchiffrer les signes qui l’entourent. Il joue, dans les deux séries, de la juxtaposition des contraires. L’archéologie peut-elle être contemporaine et les objets quotidiens des éléments d’étude pour les générations à venir ? Quant aux perruques, elles illustrent le conflit immémorial entre les anciens et les modernes. La tradition opposée et complice des aspirations d’une société devenue consumériste. Et les questions qu’il pose, avec cette posture faussement naïve, sont celles d’une globalisation qui voudrait annihiler toute dissemblance. Il nous dit que nous sommes tous les mêmes, précisément à cause de ce qui nous différencie et qui conforte notre humanité.

Simon Njami

Réalités fictives

Citroën, Jeep, Studebaker, Smart, Picasso, Tracteur, Oil Tanker… On pourrait, à l’énoncé de cette liste non exhaustive, se croire au salon de l’automobile. Meschac Gaba n’a pas jugé utile d’ajouter des Mercédès ou des Rolls à son catalogue. Cela aurait peut-être fait nouveau riche. Mais le tracteur comme le tanker font tâche. Ils appartiendraient à d’autres salons. À d’autres réalités également. Entre le salon de l’agriculture et les champs pétrolifères. L’Afrique n’est pas loin. Et le commentaire social et politique suit de très près. Mais au-delà de l’état de l’Afrique, cet ensemble de perruques qui nous renvoie à un autre salon, de coiffure, cette fois, c’est un regard sur l’Afrique que porte l’artiste, en nous proposant une double lecture de ces objets insolites. La première évoque les rêves ordinaires de citoyens ordinaires qui se réalisent à travers les signes extérieurs de leurs désirs. Je pense à ce roman dont le nom de l’auteur m’échappe qui s’intitulait : Ma Mercédès est plus grosse que la tienne.  Compétition et machisme. Le plus drôle, c’est que ce soit à travers des attributs féminins que s’illustre l’intention. Des atours qui, et voici le sens profond, qui évoque le travestissement et le masque. Les tresses artificielles font depuis, quelques années, fureur en Afrique et il est devenu rare aujourd’hui de voir des femmes porter leurs véritables cheveux. Mais au-delà des femmes, c’est une société toute entière qui est visée. Il n’y a pas de morale ni de condamnation. Libre à nous de déterminer le degré d’aliénation que portent en eux ces chevelures artificielles. Peut-être finiront-elles un jour ou l’autre dans le projet d’archéologie contemporaine où l’artiste rassemble les artefacts qui, selon, lui, témoigneront de notre passage sur terre, au milieu d’objets trouvés et de pièces d’artisanat. Les perruques comme l’archéologie ne sont autres que des réalités fictives. Une invitation à construire nous-mêmes nos propres musées et à redéfinir la hiérarchie des choses.

Simon Njami




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