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Paris

galerie hussenot

Exhibition Detail
Blabla et Chichi sur un bateau
5 bis, rue des Haudriettes
75003 Paris
France


January 14th, 2012 - February 23rd, 2012
Opening: 
January 14th, 2012 6:00 PM - 9:00 PM
 
,
© Courtesy of galerie hussenot
> ARTISTS
> QUICK FACTS
WEBSITE:  
http://www.galeriehussenot.com
NEIGHBORHOOD:  
3rd Arrondissement
EMAIL:  
info@galeriehussenot.com
PHONE:  
+33 (0)1.48.87.60.81
OPEN HOURS:  
Tue - Sat 11am-1pm, 2-7pm
TAGS:  
photography
> DESCRIPTION

Quoi qu'a dit ?
- A dit rin.

Quoi qu'a fait ?
- A fait rin.

A quoi qu'a pense ?
- A pense à rin.

Pourquoi qu'a dit rin ?

Pourquoi qu'a fait rin ?

Pourquoi qu'a pense à rin ?

- A' xiste pas.

On pénètre dans un environnement protégé–surprotégémême –par quelque esprit maniaque, qui a tapissésol et murs de space blankets dorées. Des couvertures spatiales développées par la NASA pour préserver les cosmonautes du froid, de la chaleur et de l'humidité. Ces feuilles de plastique métallisée servent aussi de couvertures de survie qui régulent la température corporelle des grands blessés ou des sportifs de l’extrême. Il suffit de lever les yeux pour prendre la mesure du danger dont elles sont le présage. La lumière de trois spots de cinéma d’une puissance respective de 4000 watts traverse le toit en verrière et inonde l'espace de la galerie. Trois sources lumineuses crues àla fois indispensables àla vision et terriblement éblouissantes.
 
Plutôt que d'atténuer le rayonnement, les couvertures le réfléchissent comme des prismes, occasionnant une perte de repères au visiteur.
 
Les artistes Christophe Hamaide-Pierson et Xavier Mazzarol et ont crééce dispositif pervers, oùle précieux, l'attirant, le protecteur et le vital se muent en piège pour les sens. Scénographie et œuvre àpart entière de l’exposition Blabla et Chichi sont sur un bateau dont ils sont les commissaires àla galerie Hussenot, cette installation subvertit de manière hyperbolique les codes de l’exposition d’art ; le cube blanc devient un écrin doré, l’éclairage des œuvres une superproduction.
 
Accueillant le spectateur dans cet environnement bigger than life, une colonne de pièces de vingt centimes d’Agathe Fleury barre le haut du corridor d’accès àla pièce principale. Sa station horizontale plutôt que verticale annonce le flottement qui suit : une série d’œuvres qui apparaissent en lévitation sur des socles de hauteurs diverses, des valeurs renversées ou de guingois. Ainsi, ce tirage photographique d’une silhouette lointaine, seule dans une immensitéinondée. Une image de l’artiste Alfredo Piola, dont l’apparente sérénitéest contredite par son titre Le Naufrage. La présentation de l’œuvre àplat sur un socle la dérobe au regard. Pour l’apercevoir, il faut accéder àla mezzanine de la galerie, sorte de belvédère d’oùl’exposition s’offre tel un panorama.
 
Comme le protagoniste de l’image de Piola, l’humanité, ou la civilisation étrangère célébrée par ces ors, semble s’être égarée dans une parenthèse spatio-temporelle. On n’en perçoit que les attributs et les appendices ornementaux ou utilitaires comme ce pistolet àpisse en céramique de Julien Bouillon.
 
L’exposition présente une série d’objets en mutation, mais arrêtés ou minéralisés par le geste artistique dans un état intermédiaire ou embryonnaire, àl’exemple de la maquette d’une commande pour l’espace public de Franz West plongée dans un parallélépipède en plexiglas rempli de résine.

D’autres objets semblent encore chauds et pulsants. Ainsi de la cornemuse au sac en peau de cochon de Philip Wiegard ou du rocher lumineux de Mike Kelley, réflexion ironique sur la kryptonite d’un super-héros clouésur son fauteuil roulant.

A travers ce dialogue de la forme et de l’informe, de l’humain et du mutant, du séducteur et de l’hostile, se dessine l’image d’une sociétéprométhéenne qui pousse la logique productiviste jusqu’àdoper des plantes d’ornement aux protéines (assume vivid astro focus) et le réflexe sécuritaire jusqu’àabriter des œufs dans un bunker (François Curlet).


Sylvain Menétrey


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